SOFEC

Société Scientifique dédiée à la Chiropraxie,
aux thérapies manuelles et aux traitements conservateurs de la colonne vertébrale et des articulations periphériques.

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Soins et risques d'accidents vasculaires vertébro-basialires.

Soins et risques d'accidents vasculaires vertébro-basialires.06/10/15

 

Kosloff et al 2015.

Care and the risk of vertebrobasilar stroke: results of a case–control study in U.S. commercial and Medicare Advantage populations.

Chiropractic & Manual Therapies. 23:19 DOI 10.1186/s12998-015-0063-xChiropractic

 

 

 

Contexte :

 

Il existe une controverse concernant les manipulations vertébrales, auxquelles ont souvent recours les chiropracteurs, quant à leur association aux accidents vasculaires vertebro-basilaires (AVV). L’objectif de cette étude a été de comparer l’association entre soins chiropractiques et AVV d’une part, et soins médicaux et AVV d’autre part.

 

Méthodologie :

 

Il s’agit d’une étude cas/témoins réalisée sur des patients assurés soit par une assurance privée soit par le système MEDICARE américain, sur une période allant du 1er janvier 2011 au 31 décembre 2013. Les données administratives issues des dossiers de ces assurances furent utilisées pour connaitre l’exposition aux facteurs de risque “consultations par un chiropracteur ” (CC) et “consultations par un  médecin” (CM). Différentes analyses avec régression logistique furent réalisées sur les 2 populations de patients. L’analyse sur les patients ayant une assurance privée fut réalisée sur 2 strates d’âge (< 45 ans et > 45 ans ). Les rapports de côtes ont été calculés pour évaluer les différentes associations. Une analyse descriptive secondaire a été conduite afin de déterminer si les CC  sont une référence fiable pour mesurer l’exposition aux manipulations vertébrales.

 

 

Résultats : 

 

Un total de 1829 cas d’AVV a été totalisé ( 1159 pour les assurances privées; 670 dans le système MEDICARE). L’analyse ne retrouve pas d’association significative entre les CC et la survenue d’un AVV, et ce quelque soit la population étudiée ou la strate d’âge.  Que ce soit chez la population de patients assurés par une assurance privée ou par le système MEDICARE, il existe une association significative entre les CM et l incidence d’un AVV. Les résultats sont similaires lors de l’analyse par strate d’âge.  Les données de l’analyse descriptive secondaire démontrent que lors des visites chez le chiropracteur, les manipulations vertébrales ne sont pas mentionnées dans près d’un tiers des cas pour la population assurée en privée, et dans la moitié des cas sur la cohorte MEDICARE.   

 

 

Conclusion :

 

Aucune association significative n’a été retrouvée entre l’exposition aux soins chiropractiques et le risque d’AVV. Les auteurs concluent qu’il est peu probable que la manipulation soit une cause d’AVV. Ils concluent d’autre part, que l’association positive existant entre les visites chez un médecin et l’incidence d’un AVV est très probablement en rapport avec la symptomatologie d’une dissection artérielle poussant le patient a consulter pour un soulagement ( mal de tête et mal de cou). Les auteurs precisent qu’utiliser la seule donnée “consultation chez un chiropracteur” comme mesure d’exposition à la manipulation vertébrale, peut résulter en une estimation non fiable du pouvoir d’association entre manipulations cervicales et AVV. 

 

 

Limites de cette étude : 

 

Une des limites de cette étude, est en rapport avec le recueil des données administratives, qui peuvent être incomplètes ou approximatives. À priori cette limite est aussi bien distribuée dans les différents groupes d’étude, néanmoins si ce recueil avait été exhaustif, il aurait permis d’autres analyses stratifiées ( ex: présence de cofacteurs de risque, présentation symptomatique, etc.). Pour les consultations avec manipulation cervicale, il n’a pas été possible de savoir quel type de traitement manipulatif avait été réalisé, sachant que certaines techniques de manipulation seraient moins exposantes au risque d’AVC que d’autres ( cf recommandations SOFEC). Enfin il n’a pas été possible dans cette étude, de connaitre les réponses au traitement (lorsque prodigué), incluant les effets non attendus qui pourraient suggérer les symptômes d’un accident vasculaire en voie de constitution.

 

 

Cyril Fischhoff DC MsC.