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Olivier Lanlo, DC, MSc, élu nouveau président de l’ECCE

Olivier Lanlo,  élu nouveau président de l’ECCE13/04/14

Olivier Lanlo,  élu nouveau président de l’ECCE

(European Chiropractic Council of Education)

 

 

Interview réalisée par Thomas Guerry, D.C. 

 

 

Une petite intro sur le fonctionnement de l’ECCE et son histoire ?

L’European Council on Chiropractic Education (ECCE) est composé d’un Executive Council et d’un General Council équivalant respectivement à un Conseil d’Administration et à l’Assemblée Générale d’une association en France. Cette organisation autonome est une association de droit allemand à but non lucratif. Historiquement,  elle fût créée par la profession chiropratique européenne sous l’impulsion notamment d’un chiropracteur Français, Pierre Gruny. L’ECCE est membre-fondateur du Council on Chiropractic Education International (CEEI) qui a été mis en place par les différentes organisations en charge de l’accréditation des formations chiropratiques à travers le monde (CCE-US, CCE-Canada, CEE-Austrasie). 

 

Quand a eu lieu cette nomination ? Qui t’a élu à cette nouvelle fonction ? Qui remplaces-tu ? Quel est la durée d’un mandat ?

J’ai tout d’abord été élu  Vice-Président il y a 2 ans ensuite, j’ai été élu en décembre 2013 Président par le General Council qui, fait du hasard, se réunissait à Paris, j’étais donc le « local » de l’étape.  L’élection s’effectue sur proposition de l’Executive Council qui m’avait choisi comme candidat il y a déjà plusieurs mois. Sauf accident, mon mandat durera 4 ans, il est renouvelable une fois, mais je ne compte pas briguer un second mandat.

J’ai la lourde tâche de succéder à deux Présidents emblématiques. En premier lieu le Professeur Bolton qui fût Présidente pendant 8 ans, elle a beaucoup œuvré pour l’amélioration des standards et procédures de l’ECCE. Ensuite, lors de ces 4 dernières années Tim Raven a été un excellent Président qui a su relever des challenges difficiles et a contribué de façon significative au rayonnement de l’ECCE, tant en Europe que dans le monde entier.

 

Olivier,  peux-tu nous expliquer comment fonctionne l’ECCE son rôle et ses objectifs actuel ?

L’ECCE est administré par l’Executive Council qui est composé d’élus : Un Président (moi) d’un Vice-Président (Cynthia Peterson), un Trésorier (Alex Ruhe), du responsable de la commission d’accréditation (Arvid Torkelson), du responsable de la commission assurance  qualité (Christopher Seme). L’exécutif est aidé dans sa tâche par l’Executive Secretary Mandy Stagg alors que la commission d’accréditation est-elle assistée par l’Evaluation secretary.

L’ECCE a pour vocation d’assurer le contrôle de la qualité de la formation chiropratique délivrée en Europe. Avec l’aide de la profession européenne, notre institution définit des standards éducatifs qui ont pour objectifs d’identifier les compétences minimum  et donc la formation que doit recevoir un chiropracteur en Europe. Ce qui est très important, c’est le contrôle des processus mis en place dans les collèges pour s’assurer de la qualité et de l’amélioration constante de la formation délivrée.

L’objectif principal qui est clairement affiché de l’ECCE : Aider les différentes formations européennes en chiropraxie à s’améliorer.

 

 

Quels vont être les grands objectifs de ton mandat ? Quel va être la politique de l’ECCE dans les années à venir?

Trois axes principaux de développement vont rythmer mon mandat que j’estimerai réussi si tous les trois sont achevés. Ils sont en fait la continuité de la politique décidée et mise en œuvre par mes prédécesseurs 

 

En premier lieu : Consolider notre appartenance au réseau européen d’agence d’assurance qualité en enseignement supérieur. Nous sommes membres de l’ENQA et nous allons à nouveau être accrédités en 2015. C’est un défi de taille pour une agence comme la nôtre. Je sais que cela n’évoque sans doute pas grand-chose pour le lecteur, mais l’ENQA regroupe quasiment toute les agences gouvernementales qui auditent ou accréditent les universités en Europe. Par exemple en France l’ENQA compte deux membres : L’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) qui contrôle les laboratoires de recherche nationaux (INSERM, CNRS, INRA …) et les universités et la Commission des Titres d’Ingénieur (CTI) qui contrôle les écoles d’ingénieur y compris Polytechnique… Le défi est à n’en pas douter très grand. Nous sommes également membres de l’EQAR qui est une liste dressée par les Ministres européens de l’enseignement supérieur. Etre sur cette liste permet à un Ministre de demander à une agence de venir accréditer une formation dans son pays.

 

En deuxième lieu : Assurer la pérennité des actions de l’institution et mettre en place à la fois des financements pérennes mais également une organisation qui réponde à la montée en puissance de notre activité. En effet, le nombre de formation à la chiropraxie que nous devons auditer a doublé en très peu de temps, cela se traduit par la nécessité pour nous d’améliorer nos procédures, d’en revoir certaines mais également d’élargir le nombre de personnes susceptibles de participer aux  visites d’évaluation. Pour l’année 2014-2015 nous n’aurons pas moins de 5 évaluations à effectuer tout en étant nous-même évalué par l’ENQA.

 

En troisième et dernier lieu : Développer des collaborations plus étroites avec les autres agences d’accréditation chiropratique dans le monde. L’objectif est issu d’arriver aux partages de bonnes pratiques mais également à une vrai portabilité des diplômes d’institutions accréditées, ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

 

Qu’est ce qui t’a décidé à prendre cette fonction ?

C’est une bonne question, la motivation qui m’anime est plurielle.

Tout d’abord, la volonté de servir ma profession et de lui rendre ce qu’elle m’apporte au quotidien. Etre pressenti pour présider une telle institution est un honneur et un privilège que l’on peut difficilement refuser. J’espère apporter ma modeste pierre à la construction  et à l’amélioration de l’enseignement chiropratique en Europe.

Ensuite, la France était la grande absente des institutions européennes chiropratiques ce qui conduisait à une visibilité réduite de l’hexagone dans le monde chiro international. C’est aspect est pour moi primordial car nous faisons ici de très bonne chose mais nos confrères européens ne le savent pas forcément. Faire entendre la voix de la France est essentiel, cela permet d’enrichir une réflexion souvent dominée par les pays anglo-saxons.

L’autre grand élément qui a pesé dans ma décision est la volonté d’apprendre. A travers cette fonction j’ai la chance de côtoyer des personnalités brillantes, de mieux comprendre les finalités et subtilités de l’assurance qualité en éducation mais également d’appréhender les enjeux futurs de l’éducation chiropratique en Europe et dans le monde.

 

La reconnaissance de la chiropraxie en France est récente. Selon toi, quels vont être les retombés de ta nomination sur la reconnaissance de la chiropraxie en France ?

La reconnaissance de notre profession est récente et je rajouterais qu’elle n’est pas encore complètement achevée. Il est impossible pour moi de dire qu’elle pourrait être les retombées de ma nomination en France. Une chose est par contre certaine, c’est que cette expérience ne peut qu’enrichir ma réflexion sur notre dossier et sur notre futur en France.

 

 

Actuellement, tu es également président de l’AFEFC. Est-ce que cela annonce un changement de présidence pour celle-ci ?

Pour l’instant je ne pense pas que mon départ de l’AFEFC soit d’actualité mais il faudrait demander son avis au Conseil d’Administration qui m’a régulièrement reconduit dans cette fonction depuis 8 ans. Je n’ai pas encore achevé l’ensemble des objectifs que je me suis et qui m’ont été fixés lors de ma prise de fonction. Même si beaucoup a été fait, de nombreux défis nous attendent, la chiropraxie et son enseignement n’ont pas encore la place qu’ils méritent dans notre pays. Je ne suis pas de ceux qui laisse les choses inachevées, j’aurai l’impression de trahir ceux qui me font confiance et m’ont confié l’avenir notre Institut. L’IFEC est un établissement qui n’a pas encore montré tout son potentiel. Les personnels, enseignants et étudiants qui le composent font preuve d’une vitalité extraordinaire, bref à nous de dessiner l’avenir…