SOFEC

Société Scientifique dédiée à la Chiropraxie,
aux thérapies manuelles et aux traitements conservateurs de la colonne vertébrale et des articulations periphériques.

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Martin DESCARREAUX, DC, PhD, titulaire de la chaire de recherche en chiropraxie de l’Université Québec Trois Rivière)

13-10-2008

INTERVIEW de Martin DESCARREAUX DC, PhD

Membre du comité scientifique de la SOFEC

 

Proposé par Karl Vincent, DC

Président de la SOFEC

Éditeur de vertèbre.com

www.vertèbre.com

 

Avec la collaboration de

Olivier Lanlo, DC

Cyril Fiscchoff, DC

Editeur de vertèbre.com

 

 

 

Lombalgies et exercices thérapeutiques

 

1. Où avez vous effectué vos études de chiropratique ?

 

J’ai complété mon doctorat en chiropratique à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) entre 1993-1998. J’étais dans la toute première cohorte d’étudiants diplômés de ce programme.

 

2. Qu’est ce qui vous a amené à suivre des études dans cette discipline ?

 

J’étais, à l’époque, particulièrement intéressé au domaine de la santé et plus spécifiquement aux troubles musculo-squelettiques. Puisque le programme de l’UQTR en était à ces premiers balbutiements cela me paraissait aussi un défi intéressant à relever.

 

3. Vous avez ensuite effectué un PhD en contrôle moteur ? Est ce un choix personnel ?

 

J’ai d’abord complété ma maîtrise en sciences de l’activité physique à l’UQTR. C’est au cours de la maîtrise que j’ai développé un intérêt pour l’enseignement et la recherche universitaire. Le choix fut donc très simple, il s’agissait de trouver un programme de PhD où je pourrais mettre à profit l’expérience acquise pendant mes deux années de maîtrise.

 

4. Avez-vous effectué ce nouveau cursus à l’Université Québec de Trois Rivière ?

 

J’ai complété mes études doctorales à l’Université Laval à Québec, dans le département de médecine sociale et préventive.

 

5. Quels sont les apports de ce PhD au regard de ce que vous aviez déjà effectué en chiropratique ?

 

Mes études doctorales m’ont permis d’obtenir un poste de professeur au sein du département de chiropratique. Grâce à ma formation en recherche, j’ai pu rapidement monter un laboratoire de recherche en neuromécanique et contrôle moteur. Sans la formation et le titre de PhD, je n’aurais probablement pas obtenu la même reconnaissance et le même financement pour mes travaux de recherche.

 

6. Avez vous travaillez en libéral ?

 

Sauf pendant une courte période de transition de 6 mois, j’ai toujours travaillé quelques heures par semaine en cabinet privée. Cela m’a permis de demeurer en contact avec le milieu clinique. Je considère cela comme un atout important dans mes activités d’enseignement.

 

7. Quelle est votre fonction actuelle ?

 

Je suis professeur au département de chiropratique de l’Université du Québec à Trois-Rivières. J’enseigne aussi à la maîtrise en sciences de l’activité physique à l’UQTR. Enfin, depuis août 2006, je suis le titulaire de la chaire de recherche en chiropratique de l’UQTR. Je dirige une équipe qui regroupe des chercheurs de différents départements ainsi qu’une dizaine d’étudiants activement impliqués dans les projets de recherche de la Chaire. Mon rôle consiste à coordonner les efforts de recherche de tous les membres de la Chaire, à gérer les budgets de recherche et ce, tout en menant mon propre programme de recherche.

 

8. L’Institut Franco-Européen de Chiropratique (IFEC) et l’Université Québec Trois Rivières (UQTR) ont signé un accord de partenariat, pouvez-vous nous en dire un peu plus ? Comment envisagez-vous la collaboration entre ces deux structures ?

 

L’IFEC et l’UQTR ont signé un accord de collaboration en recherche ainsi qu’un accord d’échanges étudiants. Ces deux accords nous ont permis, au cours des dernières années de mener des petits travaux de recherche conjoints. L’UQTR accueille acuellement un chiropraticien Français (Jean-Philippe Pialasse) venu complété des études supérieures chez nous. Il travaille présentement au sein de la chaire de recherche en chiropratique. L’accord d’échanges étudiants permettra bientôt aux étudiants de nos deux institutions de vivre une expérience clinique de quelques mois en sol étranger.

 

9. Vous avez publié un nombre certain de recherches. Pourriez vous nous dire quel votre domaine de prédilection ?

 

J’ai publié plusieurs travaux de recherche sur les affections vertébrales mais aussi sur des problématiques connexes. Bien que nos travaux portent parfois sur les aspects très cliniques des affections vertébrales et de la chiropratique, mon expertise en recherche se situe dans le contrôle neuromusculaire du tronc. Mon équipe et moi travaillons à comprendre et définir les mécanismes de stabilisation du tronc. Nous nous intéressons particulièrement aux changements et aux modifications que peuvent subir les réponses neuromusculaires du tronc en présence de différents éléments perturbateurs (douleur aiguë, douleur chronique, fatigue musculaire, vieillissement, apprentissage moteur).

 

10. Vous avez également travaillé en France dans le cadre du CNRS, que vous a apporté cette expérience ?

 

J’ai travaillé pendant quelques mois en collaboration avec le Dr Annie Schmied du laboratoire Plasticity and Physiopathology of Movement (CNRS Marseille). Pendant cette période, nous avons étudié les effets de la force et de la fatigue sur le niveau de synchronisation des unités motrices. Cette expérience fut pour moi des plus enrichissante puisque j’ai eu l’occasion de travailler avec des chercheurs de renoms du domaine des neurosciences. Nous espérons éventuellement utiliser des protocoles et des techniques similaires dans notre laboratoire de l’UQTR.

 

11. Les exercices thérapeutiques sont beaucoup employés dans le cadre de la pathologie vertébrale commune. Existe t’il des preuves scientifiques du rôle de ces muscles dans la genèse du mal de dos ?

 

On accorde depuis quelques années une importance particulière aux exercices dans le cadre de la réadaptation physique des patients ayant des lombalgies. Au plan clinique, les études cliniques randomisées sur le sujet sont contradictoires et leurs résultats varient en fonction de la population étudiée, de la méthodologie de recherche employée et surtout en fonction des types d’exercices étudiés. De façon générale les études sur le sujet nous indiquent que les exercices ont une valeur clinique dans le traitement des conditions chroniques et qu’ils permettent d’améliorer les capacités fonctionnelles tout en réduisant l’absentéisme au travail. Dans le cas des lombalgies aiguës, les exercices ne semblent pas supérieurs aux autres types de traitements conservateurs couramment utilisés.

 

Certains programmes de réadaptation mettent l’emphase particulièrement sur les muscles « dits stabilisateur » de la région lombaire. Ces programmes d’exercices comprennent des exercices visant à recruter spécifiquement certains groupes musculaires (multifides et transverse de l’abdomen) mais aussi des exercices de cocontraction qui augmentent de façon globale la stabilisation lombaire. Tous ces programmes sont basés sur des travaux de recherche menés en laboratoire auprès de populations saines et de patients aux prises avec des lombalgies chroniques.

Les exercices de recrutement spécifiques sont basés sur des travaux de recherche qui ont montré que les patients ayant des lombalgies présentent une modification des patrons d’activation des muscles lombaires (multifides, oblique interne et transverse de l’abdomen). Les travaux de Hodges, par exemple, ont montré que les patients ayant des lombalgies ont des ajustements posturaux anticipés (préparation à un événement perturbateur) moins efficaces que les sujets sains.

On compte des centaines d’études sur le sujet, mais il est encore difficile de déterminer la valeur spécifique des exercices, peu importe leur nature, dans le traitement des douleurs lombaire. Certes, une meilleure catégorisation des patients et de meilleurs outils diagnostic de la lombalgie non spécifique entraîneront probablement une augmentation de l’efficacité des exercices dans le traitement cette condition.

 

12. Comment décririez vous la relaxation induite en flexion concernant les érecteurs du rachis ? http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?tool=pmcentrez&artid=2259346&rendertype=abstract )

 

La période de silence myoélectrique observée en flexion complète du tronc est appelée phénomène de flexion-relaxation. Diverses hypothèses ont été émises pour expliquer ce phénomène. Un transfert de la résistance du moment d’extension aux structures passives constitue la principale hypothèse (Gutpa, 2001; Sarti et al. 2001; Geisser et al., 2004). En outre, McGill et Kippers (1994) ont montré que lors de la flexion complète du tronc, les muscles érecteurs du rachis effectuent initialement une contraction excentrique pour créer un moment d’extension. Les structures passives génèrent ensuite la majorité du moment de force, ce qui expliquerait le silence myoélectrique des érecteurs du rachis lombaire. D’autres auteurs, ont proposés une redistribution du recrutement musculaire vers les muscles profonds qui ne sont habituellement pas enregistrés à l’aide de l’électromyographie de surface (Andersson et al., 1996).

 

13. Quel rôle attribuez-vous à la fatigue sur ce phénomène ?

 

La fatigue des muscles du tronc entraîne potentiellement une baisse de la force générée par les muscles érecteurs du rachis lombaire. Cette diminution de la force est probablement accompagnée de changement neurophysiologique au niveau des fuseaux neuromusculaires. Tous ces changements contribuent probablement à modifier les mécanismes de stabilisation du rachis lombaire. C’est donc la raison pour laquelle la fatigue musculaire des érecteurs du rachis lombaire s’accompagne de changement dans la réponse de flexion relaxation lombaire. Dans le cas de notre étude publié en 2008, la fatigue des muscles érecteurs du rachis lombaire s’accompagne de transfert de la stabilisation lombaire vers les structures passives (ligaments, capsules articulaires).

 

14. Que peut-on en tirer cliniquement ?

 

Il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que de telles études mènent à des applications cliniques concrètes. On peut cependant penser que les travailleurs qui utilisent de façon soutenue les muscles du tronc, s’exposent à un plus grand risque de blessure lorsqu’une fatigue musculaire s’installe.

 

15. McGill & Hughson ont publié en 2000 une étude échographique sur la variation d'orientation des fibres des érecteurs spinaux lombaires en position neutre et en flexion. Leur constat a été que lorsque la colonne lombaire est en position neutre (station debout) l'orientation des fibres de l'ilicostalis lumborum et du longissimus thoracis est oblique. Lors de la flexion lombaire, ces fibres perdent leur obliquité, ne pouvant contrecarrer les forces de cisaillement au niveau du segment vertébral. Cela implique t'il qu'en dehors du facteur aggravant de fatigabilité, pour des raisons anatomiques, le rôle de ces muscles n'est finalement pas d'assurer un stabilisation du segment vertébral en flexion ?

 

Pour ces deux muscles, il semble en effet que leur rôle stabilisateur soit réduit en pleine flexion. Cependant, d’autres muscles comme le carré des lombes (quadratus lumborum) et les muscles multifides (multifidus) participent à la stabilisation lors de la flexion du tronc. De plus, même si en flexion l'ilicostalis lumborum et le longissimus thoracis perdent en partie leur capacité de résister aux forces de cisaillement, ils stabilisent probablement le rachis en générant des forces de compression. La stabilisation lombaire est probablement un mécanisme très dynamique où la contribution individuelle de chaque groupe musculaire dépend du contexte dans lequel ils sont sollicités.

 

16. Quel groupe musculaire assure la stabilité segmentaire ou régionale lors de la flexion lombaire ?

 

Les études anatomiques et neurophysiologiques (Hodges, Richardson) nous portent à croire que certains muscles, par exemple les multifides et le transverse de l’abdomen, jouent un rôle prépondérant dans la stabilisation lombaire (interprétation clinique générale). Cependant les études basées sur la modélisation biomécanique nous indiquent que chaque groupe musculaire contribue à la stabilisation et que cette contribution relative varie selon le contexte. Le fait que la douleur lombaire modifie le recrutement de certains groupes musculaires ne signifie pas que leur contribution à la stabilisation est plus importante. Cela nous indique simplement qu’ils semblent prioritairement affectés par les perturbations (douleur, stress, fatigue, etc,).

 

17. Pensez vous que les lombalgies puissent avoir une étiologie principalement musculaire (en dehors d’une souffrance discale, ligamentaire ou capsulaire associée ) ?

 

Les connaissances actuelles nous portent à croire que le disque soit généralement impliqué dans l’apparition des douleurs lombaires, plus particulièrement lorsque celles-ci deviennent chroniques. Les changements intra discaux et la dégénérescence discale entraîne une série d’adaptations tant au niveau des plateaux vertébraux que des éléments postérieurs. Les changements observés au niveau musculaire reflètent probablement les adaptations que subissent les muscles et le système de contrôle neuromusculaire en présence de douleur et de dégénérescence articulaire. Le plus grand défi en ce qui a trait au diagnostic des lombalgies réside probablement dans le fait que lorsque qu’une affection lombaire se manifeste cliniquement, une série d’adaptations des tissus passifs et actifs sont déjà bien installées.

 

18. Quels types de lésions musculaires rencontre-t-on chez les patients lombalgiques ?

Il existe très peu de données scientifiques permettant de croire que les lésions musculaires soient des lésions primaires dans les cas de lombalgies non spécifiques. On a cependant noté des changements dans les patrons d’activation du muscle transverse de l’abdomen et des multifides chez des patients en douleurs chroniques. La douleur expérimentale semble induire les mêmes changements ce qui permet de croire que ces changements neurophysiologiques sont bien des adaptations à la douleur et non pas la cause de la douleur.

Certaines études ont aussi montré une atrophie et diminution de la force et de l’endurance des muscles érecteurs du rachis chez des sujets atteints de lombalgies chroniques. Cependant, de tels résultats doivent faire l’objet d’études plus approfondies puisque d’autres chercheurs n’ont pu observer de tels changements.

 

19. Existe-t-il des exercices spécifiques pour cela ?

 

Les changements qui résultent d’une adaptation neurophysiologique à la douleur chronique sont généralement difficiles à renverser. Certains chercheurs se sont par exemple intéressés au phénomène de flexion relaxation lombaire dans le cadre d’une intervention clinique. Le phénomène de flexion-relaxation lombaire est présent chez les sujets sains, mais son absence est aussi caractéristique des sujets ayant des lombalgies chroniques (Triano et Schultz, 1987; Colloca et Hinrichs, 2005). Les patients atteints de lombalgies chroniques ne présenteraient pas ce phénomène en raison d’une coordination neuromusculaire anormale entre les mouvements du tronc et de la hanche (Gupta 2001; Colloca et Hinrichs, 2005). À la lumière de ces différentes études, il semble que l’absence du phénomène de flexion-relaxation lombaire chez les sujets ayant des lombalgies représente une adaptation fonctionnelle à la douleur chronique qui n’est pas facile à modifier.

 

 

20. De nombreux auteurs conditionnent un type d’exercice spécifique comme les étirements, le renforcement ou la proprioception selon les bilans effectués. Existe-t-il dans ce domaine des preuves scientifiques ?

 

Bien que des efforts aient été faits afin de catégoriser les sous groupes de patients atteints de lombalgies chroniques, bien que les méthodes diagnostics disponibles sont de plus en plus poussées, la prescription individualisée d’exercices nécessite une approche unique pour chaque patient ce qui est difficilement compatible avec le modèle actuel en recherche biomédicale (essais cliniques randomisés). Les études sur la prescription spécifique sont plus difficilement généralisables aux grandes populations de patients lombalgiques et bien que très intéressante d’un point de vue clinique, elles resteront marginales tant que la recherche n’aura pas fait un bon important dans la connaissance des facteurs étiologiques, l’évaluation, le diagnostic et la catégorisation des lombalgies chroniques.

 

21. Quels sont les résultats que vous avez pu constater lors de vos recherches sur la lombalgie et les exercices isométriques ? http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?tool=pmcentrez&artid=549631&rendertype=abstract

 

22. Quel type de réhabilitation devrait préconiser vue les connaissances actuelles (quand et quoi) ?

(Réponses pour les questions 21 et 22)

À mon avis et pour toutes les raisons mentionnées précédemment, les études actuellement disponibles sur le sujet ne nous permettent pas de mettre en lumière la supériorité d’une approche particulière. Une chose est cependant quasi certaine : la sédentarité et le repos forcé sont tous les deux néfastes et constituent des facteurs qui freinent la « guérison » et assombrissent le pronostic des lombalgies.

 

23. Existe-t-il un dosage (nombre de séances, temps de travail, fréquence) ?

 

Pour l’instant toutes les opinions à ce sujet se valent.

 

24. Un autre auteur canadien, très prolifique en matière de publications sur la réhabilitation lombaire est le Pr Stuart McGill de l'université de Waterloo, que pensez-vous des travaux de ces derniers, et du type de réhabilitation qu'il propose ?

 

La stabilité lombaire est atteinte grâce aux multiples interactions entre les diverses structures capables de générer la rigidité articulaire. C’est du moins ce que Bergmark

(1989), Panjabi (1992) et McGill (2002) ont montré grâce à leurs modèles conceptuels et mathématiques permettant de simuler les forces agissant au niveau lombaire. Les structures musculaires, qui sont les seules à pouvoir rapidement modifier de façon importante leur rigidité, permettent de soutenir les différentes forces appliquées à la région lombaire. Sous le contrôle du système nerveux, une augmentation de la rigidité musculaire permet de soutenir des forces de compression ou de cisaillement plus importantes. Le système de contrôle moteur permet de maintenir une stabilité adéquate en (1) contrôlant le niveau de rigidité musculaire, (2) en déterminant quels sont les muscles qui participeront à cette rigidité et (3) en positionnant les différents segments vertébraux pour que les éléments passifs puissent participer de façon optimale à la rigidité articulaire. Contrairement au modèle australien, le modèle de McGill n’accorde pas une importance particulière à certains groupes musculaires. Dans son modèle la stabilisation lombaire est considérée comme un mécanisme dynamique où la contribution individuelle de chaque muscle dépend du contexte dans lequel il est sollicité. Les exercices proposés par McGill ont comme principal objectif de favoriser la stabilité lombaire générale en utilisant des exercices de cocontraction ou les forces de compression et de cisaillement sont limitées afin de ne pas endommager les structures potentiellement lésées.

 

 

25. Un australien le Pr Paul Hodges de l'université du Queensland, a également publié un certain nombre de travaux sur la réhabilitation du bas de dos. Ce dernier met énormément l'emphase sur le rôle du Transversus Abdominis dans la stabilisation lombaire (ce que certains exercices grand public tels que le Pilates reprennent également) . Le Pr McGill a developpé le concept du « abdominal Bracing » dans lequel il veut sous-estimer le rôle du transversus abdominis. Qu’en pensez vous ?

 

Les deux approches sont basées sur des travaux de recherche « fondamentaux » qui n’ont pas fait l’objet d’études cliniques randomisées à grande échelle. Les travaux de Hodges visent à comprendre comment le système de contrôle neuromusculaire du tronc s’adapte dans différents contextes y compris celui de la douleur tandis que l’approche de McGill est basée sur la modélisation mathématique des structures actives et passives de la région lombaire. Bien que totalement différentes, ces deux approches ont une chose commun : elles ont toutes deux fait l’objet d’une « récupération excessive » par le milieu clinique. Cette généralisation clinique et cette récupération parfois excessive nous font trop oublier la nature fondamentale de ces excellentes recherches qui sont toutes nécessaires afin d’améliorer notre compréhension des lombalgies.

 

Toute l’équipe de www.vertebre.com se joint à moi pour vous remercier d’avoir accepté cet interview.

 

Recherches de Martin Descarreaux

 

1. ChampagneA, DescarreauxM, LafondD. Back and hip extensor muscle fatigue in healthy subjects: Task-dependency effect of two Sorensen test variants. European spine journal. 2008 Sep 24. [Epub ahead of print].

2. Boucher P, Descarreaux M, Normand MC. Postural control in people with osteoarthritis of the cervical spine. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 2008, 31 (3), 184-190.

3. Descarreaux M, Lafond D, Jeffrey-Gauthier R, Centomo H, Cantin V. Changes in flexion relaxation response induced by lumbar muscle fatigue. BMC Musculoskeletal Disorders 2008 Jan 24;9(1):10.

4. Anderson-Peacock E, Bryans R, Descarreaux M, Marcoux H, Potter B, Ruegg R, Shaw L, Watkin R, White E. A Clinical Practice Guideline Update from The CCA•CFCREAB-CPG. Commentary. Journal of Canadian Chiropractic Association 2007, 52 (1): 7-8.

5. Normand MC, Harrison DD, Descarreaux M, Harrison DE, Perron DL, Ferrantelli JR, Janik TJ.Evaluation of Standing Posture as Rotations and Translations in 3-D: Inter-examiner and Intra-examiner Reliability of the PosturePrint. Chiropr Osteopat 2007 Sept 24; 15:15.

6. Hains G, Hains F, Descarreaux M, Bussières A. Urinary incontinence in women treated by ischemic compression over the bladder area: a pilot study. Journal of chiropractic medicine 2007, 6 (4): 132-140.

7. Descarreaux M, Mayrand N, Raymond J. Neuromuscular control of the head in an isometric force reproduction task: comparison of whiplash subjects and healthy controls. The Spine Journal 2007, 7(6):647-53.

8. Desmarais A, Descarreaux M. Diagnosis and management of "an apparent mechanical" femoral mononeuropathy: a case study. Journal of Canadian Chiropractic Association 2007, 51 (4): 210-6.

9. Descarreaux M, Lalonde C, Normand MC. Force production and trunk muscle recruitment parameters in a low back pain population. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 2007, 30 (2): 91-7.

10. Lafond D, Descarreaux M, Harrison DD, Normand MC, Harrison DE. Postural development in school children: a cross-sectional study. Chiropr Osteopat. 2007, Jan 4; 15:1.

11. Mayrand N, Fortin J, Descarreaux M, Normand MC. Diagnosis and management of post-traumatic piriformis syndrome: a case study. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 2006, 29 (6), 486-91.

12. Descarreaux M, Dugas C, Lalanne K, Vincelette M, Normand MC. Learning spinal manipulation: the importance of augmented feedback relating to various kinetic parameters. The Spine Journal 2006; 6 (2): 138-145.

13. Descarreaux M, Dugas C, Raymond J, Normand MC. Kinetic analysis of expertise in spinal manipulative therapy using an instrumented manikin. Journal of chiropractic medicine, 2005; 4(2): 53-60.

14. Descarreaux M, Blouin JS, Teasdale N. Repositioning accuracy and movement parameters in low back pain subjects and healthy control subjects. European Spine Journal 2005 14(2):185-91.

15. Descarreaux M, Blouin JS, Teasdale N. Isometric force production parameters during experimental low back pain. BMC musculoskeletal disorders 2005 9;6(1):6.

16. Normand MC, Descarreaux M, Poulin C, Richer N, Dominique Mailhot, Black P, Dugas C. Biomechanical effects of a lumbar support in a mattress. Journal of Canadian Chiropractic Association, 2005; 49(2) : 96-101.

17. Lafleur C, Trépanier MC, Lalonde C, Descarreaux M. Prescription d'exercices dans le cadre d'une pratique chiropratique: un sondage. Journal of Canadian Chiropractic Association 2004; 48(4) : 282-90.

18. Descarreaux M, Blouin JS, Drolet M, Papadimitriou S, Teasdale N. Efficacy of preventive spinal manipulation for chronic low back pain and related disabilities. A preliminary study. Journal of manipulative and physiological therapeutics 2004 Oct;27(8):509-14.

19. Descarreaux M, Blouin JS, Teasdale N. Force production parameters in low back pain subjects and healthy control subjects. SPINE; 2004, 29(3):311-7.

20. Blouin JS, Descarreaux M, Bélanger A, Simoneau M, Teasdale N. Self-initiating a seated perturbation modifies the neck postural responses. Neuroscience Letters; 2003, 347 (1) 1-4.

21. Blouin JS, Descarreaux M, Bélanger-Gravel A, Simoneau M, Teasdale N. Human neck muscles attenuation following imposed trunk forward acceleration. Experimental brain research ; 2003 Jun;150(4):458-64.

22. Descarreaux M, Blouin JS, Teasdale N. A non-invasive technique for measurement of segmental sagittal neck motion. European Spine Journal ; 2003 Jun;12(3):314-9.

23. Descarreaux M, Normand MC, Laurencelle L, Dugas C. Evaluation of a specific home exercise program for low back pain. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 2002, 25 (8), 497-503.

24. Blouin JS, Descarreaux M, Bélanger A, Marcotte JF, Lamarche C, Teasdale N. Neuromuscular mechanisms underlying head-trunk stabilization: implication for whiplash injuries. Journal of Neuro-Musculo-Skeletal System 2002, (10) 125-132.

25. Descarreaux M, Blouin JS, Normand MC, Hudon D. Prescription d’exercices spécifiques pour la spondylite ankylosante. Une étude de cas. Journal of Canadian Chiropractic Association 2001 ; 45 (3) : 172-178.

26. Normand MC, Descarreaux M. Est-ce vraiment un syndrome du canal carpien ? Les syndromes de compression proximale du nerf médian. Journal of Canadian Chiropractic Association 2000 ; 44 (3) : 149-56.