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Société Scientifique dédiée à la Chiropraxie,
aux thérapies manuelles et aux traitements conservateurs de la colonne vertébrale et des articulations periphériques.

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Joseph C.J KEATING, Jr, PhD Histoire et Philosophie de la Chiropratique - 2ème partie

04-01-2006

Joseph C. KEATING, Jr, est Docteur en Sciences (PhD),

Psychologie Clinique et Méthodologie de la Recherche,

Chercheur international dans le domaine spécialisé de l’Histoire et la philosophie de la Chiropratique





Interview Proposed par Karl Vincent DC,
Member of the French Chiropractic Institute,

Cyril Fischhoff, DC, Editor of vertebre.com

Translation by :

Olivier Lanlo, DC,
Cyril Fischhoff, DC, Editor of vertebre.com
Karl Vincent, DC.

A propos du Dr. Keating
Le Dr Joseph C. Keating,Jr, PhD, s’est spécialisé en psychologie clinique et méthodologie de la recherche clinique avant d’obtenir son Ph.D en 1981. Après l’obtention de son doctorat, il a integré un service hospitalier de médecine physique et de rééducation fonctionnelle. De 1984 à 1986 il pratique en cabinet privé, avec pour spécialité le traitement conservateur des désordres de l’appareil urinaire distal. Il exerce en tant que psychologue clinique depuis 16 ans, en Californie. Depuis 1981 il fait de la recherche clinique, il a été membre directeur, administrateur et historien de plusieurs institutions dont the University of Pacific (Département de Psychologie, programme de médecine comportementale), le Palmer College of Chiropractic / West, le Northwestern College of Chiropractic (en tant que Directeur de la recherche), et le Western States Chiropractic College. Plus récemment, il a été professeur au Los Angeles College of Chiropractic (1994-2000, où il a enseigné « l’histoire de la chiropratique », et « philosophie et raisonnement ».). En 1987 il a été le co-fondateur du National Institute of Chiropractic Research (NICR) dont il est aujourd’hui membre du comité directeur. Il a également été membre des comités de lecture, de revue telle que l’European Journal of Chiropractic, le Chiropractic Journal of Australia, le Journal of Canadian Chiropractic Association, et actuellement du Journal of Manipulative & Physiological Therapeutics (JMPT). De 1994 à 1995, il est le premier président de l’Association of the History of Chiropractic. Dr Keating est l’auteur de plusieurs centaines de publications professionnelles, et de quelques livres dont les plus récents : A History of the Los Angeles College of Chiropractic, une biographie : B.J. of Davenport : the Early Years of Chiropractic, publiée par l’Association for the History of Chiropractic (AHC) et un volume en 1992 : Toward a Philosophy of the Science of Chiropractic : a Primer for Clinicians. Dr Keating a été professeur à temps plein au Canadian Memorial Chiropractic College de 1999 à 2002.
Dernièrement il vient de collaborer à la rédaction du livre « Principles and Practice of Chiropractic » (2004) avec Scott Haldeman et s’est vu confier la rédaction de 2 chapitres importants, « histoire de la profession Chiropratique » et « philosophie Chiropratique ». Ces 2 chapitres seront l’objet de notre intérêt durant cet interview.

About Dr. Keating
Joseph C. Keating,Jr., Ph.D. is a clinical psychologist by training. He has taught chiropractic history, philosophy of science and clinical research methods at several chiropractic colleges (NWCC, LACC, PCCW, WSCC). Dr. Keating is a member of the board of directors of the National Institute of Chiropractic Research in Phoenix, Arizona, where he resides. He is a member of the board of directors and past president of the Association for the History of Chiropractic, and serves on the editorial boards of several scholarly chiropractic periodicals, including the Chiropractic Journal of Australia, the Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, Clinical Chiropractic, the Journal of Chiropractic Humanities, and the Journal of the Canadian Chiropractic Association.
A prolific author, Dr. Keating has penned many articles, books and chapters detailing the growth of the chiropractic profession. Dr. Keating also documents chiropractic's rich history in "Historical Perspectives," his regular column in Dynamic Chiropractic since 1995. From 1992-1994, his column critiqued chiropractic research under the heading "Ivory Tower Review."
Recently le Dr Keating has collaborated with Scott Haldeman, DC, MD, PhD, in authoring “Principles and Practice of Chiropractic.” He had the responsibility of two major chapters, “A Brief History of the Chiropractic Profession” and “Philosophy in Chiropractic” which represent our concern in this interview.

This second part will be mainly devoted to Chiropractic philosophy.
Cette seconde partie sera consacrée principalement à la philosophie en chiropratique.


Definitions:
D.C. = Docteur en Chiropratique
MD = Medical Doctor
AMA = Association médicale Américaine
ACA = Association Chiropratique Américaine
D.O. = Docteur en Ostéopathie (USA)
Epistémologie = étude critique des sciences, de la formation et des conditions de la connaissance scientifique.


17 Un virage fondamental dans la direction de cette profession s’est opéré dans les années 70. Quels sont les éléments de ce changement de cap ?
A fundamental change of direction operated during the 70’s. What are the main elements of this changing?


Well, if you’re speaking of the 1970s, the landmark events in the United States included the repeal of basic science laws (the last one was struck down in 1979), the acquisition of licensure in the last of the 50 American states (Louisiana, 1974), the 1974 recognition of the CCE-USA by the U.S. Office of Education (and with it, guaranteed student loans which have led to greatly increased student enrolments), and limited recognition within the USA’s Medicare program), and the first federally sponsored conference on research in manipulation (1975). These were each important markers of legitimacy.

Equally or more important, in my opinion, is the emergence of a still meager but genuine science of chiropractic in the 1980s.

Bon, si vous parlez des années 70, les événements qui marquent un tournant aux Etats-Unis ont inclus l'abrogation des lois sur les sciences de bases ( les dernières ont été abrogées en 1979), l'obtention d’une licence dans les derniers des 50 états américains (Louisiane, 1974), la reconnaissance en 1974 du CCE-USA (Conseil Américain d’Education en Chiropratique) par le Bureau Fédéral de l'éducation (et avec lui, les prêts étudiant garantis qui ont accru considérablement les inscriptions), une reconnaissance limitée dans le programme d'assurance-maladie des Etats-Unis, et la première conférence de recherche sur les manipulations soutenue par des fonds fédéraux (1975). Chacune de ces étapes étaient importantes pour asseoir la légitimité.

Également, voir plus important, à mon avis, a été encore, l'apparition d'une recherche scientifique embryonnaire mais véritable sur la chiropratique dans les années 80.

18 Peut-on dire que la chiropratique a obtenu aujourd’hui tous les attributs de sa légitimité ?
Could we say that chiropractic of today has obtained all the formal characteristics of its legitimacy?


Seems to me that chiropractic in the USA has achieved most if not all the formal markers of legitimacy: licensure, insurance reimbursement (this has waned with the introduction of “managed care”), accredited education (we still have no state-university-based chiropractic colleges in America), and a few seats in health care policy-making bodies. That said, legitimacy is not equivalent to cultural authority – we are still very far from being recognized as the experts in the conservative care of the musculoskeletal system. Lawmakers and policymakers still turn first to the medical profession for advice about what’s best in chiropractors’ strongest and most credible area of practice. Unfortunately, we seem to be moving backwards in some respects, for instance, the 1996 dogmatic statements about subluxation offered by the Association of Chiropractic Colleges.

Il me semble que la chiropratique aux Etats-Unis a réalisé la plupart sinon toutes les étapes formelles de la légitimité : licence, remboursement par les assurances (ceci s'est affaibli avec l'introduction "du soin contrôlé"), éducation accréditée (même si nous n'avons toujours aucune université d’état en Amérique), et quelques sièges dans les organismes définissant la politique de santé. Cela dit, la légitimité n'est pas équivalente à l'autorité culturelle - nous sommes toujours très loin de la reconnaissance en tant qu'experts en matière de soins conservateurs du système musculo-squelettiques. Le législateur et les décisionnaires se tournent toujours et d'abord vers la profession médicale, pour les conseils au sujet de secteurs faisant pourtant partie intégrante de la pratique des chiropraticiens. Malheureusement, nous semblons reculer à quelques égards, par exemple, en 1996 des positions dogmatiques au sujet de la subluxation ont été soutenues par l'association des collèges de chiropratique.

Keating JC, Hyde TE, Menke JM, Seaman D, Vincent RE, Wyatt LH. In the quest for cultural authority. Dynamic Chiropractic 2004 (Dec 16); 22(26): 18, 20-1, 40

Keating JC, Charlton K, Grod JP, Perle SM, Sikorski D, Winterstein JF. Subluxation: dogma or science? Chiropractic & Osteopathy, accepted for publication (www.chiroandosteo.com)

19 La chiropratique est de loin le mouvement de thérapie manuelle prédominant aux USA. Au contraire l’Europe est composée de praticiens dont l’influence est principalement ostéopathique. Comment expliquez-vous ce fait ?
If chiropractic is the predominant movement regarding manual therapy in USA. Europe on the contrary is mainly composed of therapists influenced by osteopathy. How do you explain this evolution in Europe?


Sorry, I am not sufficiently knowledgeable about the past or current situation in Europe to offer a useful answer. And chiropractors may not be the dominant manual practitioners in America for that much longer: doctors of physical therapy (DPTs) and massage therapists are poised to make significant inroads into the 5-12% of musculoskeletal patients the American DCs now see.

Désolé, Je ne suis pas suffisamment bien informé au sujet de la situation passée ou actuelle en Europe pour vous offrir une réponse utile. Mais les chiropraticiens pourraient ne plus être les praticiens manuels dominants en Amérique pour encore très longtemps : Les Docteurs en physiothérapie (DPT) sont portés à faire des incursions significatives dans le marché des 5-12% des patients à complainte musculo-squelettique que les DC américains voient actuellement.

20 Parlons maintenant de la philosophie chiropratique. Comment la philosophie dite chiropratique a commencé ?
Let’s talk now about chiropractic philosophy. How did the chiropractic philosophy begun its life ?


Clarence Weiant, D.C., Ph.D., longtime dean of the Chiropractic Institute of New York (now defunct), argued that “chiropractic philosophy” was a misnomer that plagued the profession. I agree. The smorgasbord of beliefs that have been labeled “chiropractic philosophy” began as the personal theories and predilections of D.D. Palmer and were nurtured by his son – and the Palmer School of Chiropractic (PSC) trained about 75% of all chiropractors in the first 75 years of the profession. So-called “chiropractic philosophy,” including PSC instructor Ralph W. Stephenson, D.C.’s 33 tenets or principles, is what one learned (memorized) at the PSC for decades. Most of what has been referred to as “chiropractic philosophy” is everything but philosophy; instead, we have disseminated a rigid, non-skeptical, dogmatic set of beliefs which defy the philosophy of science and make us look foolish.

Keating JC. Scientific epistemology and the status of chiropractic: we are what we do. European Journal of Chiropractic 1993 (Dec); 41(3): 81-8

Keating JC. Traditional barriers to standards of knowledge production in chiropractic. Chiropractic Technique 1990 (Aug); 2(3): 78-85

Keating JC, Mootz RD. The influence of political medicine on chiropractic dogma: implications for scientific development. Journal of Manipulative & Physiological Therapeutics 1989 (Oct); 12(5): 393-8

“Philosophy” became something of a holy word among chiropractors starting in 1907, when its use formed part of the basis for the acquital of Palmer graduate Shegataro Morikubo, D.C., who was on trial for unlicensed practice in LaCrosse, Wisconsin. Those early DCs knew that philosophy was important – it helped to keep them out of jail! The following year B.J. Palmer, D.C. had his faculty award him the first ever Ph.C. (“philosopher of chiropractic”) degree, and the “developer” titled several of his green books “philosophy” in the ensuing years.

Keating JC. BJ of Davenport: the early years of chiropractic. Davenport IA: Association for the History of Chiropractic, 1997

Clarence Weiant, D.C., PH.D., longtemps doyen de l'Institut de Chiropratique de New York, arguait du fait que la "philosophie chiropratique" était un terme inapproprié qui a toujours tourmenté la profession. J’en conviens. L’amoncellement de croyances qui ont été étiquetées sous le label "philosophie chiropratique" a commencé par la compilation des théories et prédilections personnelles de D.D. Palmer. Celles-ci ont été reprises et développées par son fils - Et l'école Palmer de chiropratique (PSC) a formé environ 75% de tous les chiropraticiens dans les 75 premières années de la profession. La prétendue "philosophie chiropratique", comprenant les 33 principes de l'instructeur de la PSC Ralph W Stephenson, est ce qu'on a appris par coeur au PSC pendant des décennies. La plupart de ce qui a été mentionné comme "philosophie chiropratique" est tout sauf de la philosophie. En lieu et place de la philosophie, nous avons disséminé un ensemble rigide, non critique de croyances dogmatiques qui défient la philosophie des sciences, et nous font passer pour des idiots.

Le mot "philosophie" est devenu quelque chose de sacré chez des chiropraticiens en 1907, quand son utilisation a été à la base de l'acquittement de Shegataro Morikubo, D.C. gradué de l’école Palmer, qui était poursuivi pour pratique ilégale de la Médecine à LaCrosse, dans le Wisconsin. Les premiers DC ont donc su que la philosophie était importante - elle les a aidés à se maintenir hors de prison ! L'année suivante B.J. Palmer, D.C. s’est fait attribuer par son corps enseignant le premier diplôme de Ph.C. ("philosophe de chiropratique"), il a intitulé plusieurs de ses livres verts "philosophie…." dans les années qui suivirent.

21 La philosophie traditionnelle chiropratique est-elle comparable à ce que nous pourrions qualifier de philosophie classique?
Is traditional chiropractic philosophy comparable to what we could call classical philosophy?


Some chiropractic notions deal with the classical areas of philosophy (logic, ethics, aesthetics, epistemology) but do so in a non-philosophical (i.e., dogmatic, non-skeptical) and erroneous way. Philosophy involves questioning and challenging ideas, not memorizing an unalterable set of supposed truths.

Keating JC. Philosophy in chiropractic. Chapter 4 in Haldeman S (Ed.): Principles and practice of chiropractic. Third edition. New York: McGraw-Hill, 2005, pp. 77-97

Quelques notions chiropratiques sont en rapport avec certains aspects de la philosophie (logique, éthique, épistémologie) mais le font d’une manière non philosophique (ex : dogmatisme, esprit critique) ou d’une manière erronée. La philosophie nécessite des questions et des idées pertinentes, non pas de réciter un ensemble de vérités préconçues et supposées.

22 Quels sont les principaux principes et significations de la philosophie chiropratique?
What are the most prominent principles and signification of chiropractic philosophy ?


I’d say the two most frequently enunciated and unfortunate principles are:

1) the assertion that subluxation is clinically meaningful (maybe it is, maybe it isn’t – we don’t know because we haven’t adequately tested it),

and 2) the assertion of Innate Intelligence, particularly as an “explanation” for biological function. Since vitalistic constructs are inherently untestable, the only useful purposes for such a concept are heuristic: to keep us humble, to remind us to try the simple remedies before more invasive health care interventions are tried, and perhaps to suggest testable propositions and intervention strategies. Unfortunately, Innate Intelligence seems to be more likely to stimulate endless treatment of dubious merit, rather than the conservatism and humility that our Innate Ignorance merits. We (doctors of all types) have much to be humble about; the Innate construct all too frequently seems to prompt arrogance and gobbledygook.

J'ai expliqué que les 2 principes chiropratiques énoncés et malencontreux sont :

1) la déclaration selon laquelle la subluxation est démontrée (peut-être que c'est vrai, peut-être pas - en fait, nous n'en savons rien cela n’a pas été testé de manière adéquat

et 2) la référence à l'intelligence innée, en particulier en tant qu'explication au fonctionnement biologique. À partir du moment où le concept vitaliste est de toute manière indémontrable, les seuls buts utiles concernant le concept sont ceux susceptibles de démontrer la théorie : rester humble, se rappeler d’essayer d’utiliser des remèdes simples avant toutes interventions plus invasives, et peut-être de suggérer des hypothèses plausibles et des stratégies d’intervention. Malgré tout, le concept de l'intelligence innée sert plutôt à justifier des résultats thérapeutiques douteux plutôt que son aspect conservateur et l'humilité que notre ignorance innée mérite. Nous (quels que soient les doctorats) devrions rester humble ; l'intelligence innée génère trop fréquemment l'arrogance et la confusion.

23 Vous expliquez que certains de ces principes sont explicables et caractérisent l’approche de cette profession. Quels sont-ils et en quoi sont-ils justifiés dans la science actuelle ?
You explain that certain principles may give rise to testable propositions and characterise the unique approach of this profession. What are they and are they justified by the actual research?


There are many, but I’ll offer what I consider the most important example. The traditional insistence upon the clinical meaningfulness of subluxation and its correction is dogmatic. However, offered tentatively – as a set of testable, research hypotheses – subluxation is perfectly legitimate, and, I might add, deserves to be explored by chiropractors. I’ve only ever read one controlled trial in which the utility of a subluxation-indicator (palpation findings) was addressed.

Keating JC, Charlton K, Grod JP, Perle SM, Sikorski D, Winterstein JF. Subluxation: dogma or science? Chiropractic & Osteopathy, accepted for publication (www.chiroandosteo.com)

Il y en a plusieurs, mais je vais vous présenter ce que je considère comme exemple le plus important. L'insistance habituelle sur l'aspect démontré de la subluxation et de sa correction est dogmatique. Néanmoins, lorsqu'il existe certaines tentatives d'explication ou hypothèses de recherche, l'existence de la subluxation devient alors tout à fait légitime, et, j'ajouterai, mériterait d'être explorer par les chiropraticiens. À vrai dire, Je n’ai lu qu'une étude contrôlée par laquelle l'utilité de la palpation comme un indicateur de la subluxation était abordé.

24 Un des concepts majeurs de la philosophie chiropratique est l’Innate Intelligence. Ce concept est-il compatible avec une approche scientifique de l’art chiropratique ? Est-il une exception chiropratique ?
One of the major concepts of Chiropractic Philosophy is « Innate Intelligence ». Is this concept compatible with an Evidence Based Chiropractic Care? Is this a chiropractic exception?


I’m not sure what you mean by a “chiropractic exception.” May I suggest that in its weakest form, Innate Intelligence might serve as a heuristic – that is, a reminder to be cautious and humble in caring for patients given our great ignorance. But this is not how DCs have traditionally employed the construct. Many chiropractors equate Innate Intelligence with homeostasis. The latter is a descriptive term for an ontological property of biological organisms. Innate, on the other hand, is most often offered as an explanation for biological processes. It is illogical to offer one mystery, Innate, as explanation for another mystery, life. Innate is an untestable proposition, and so lies outside the realm of science.

Je ne suis pas certain de ce que peut vouloir dire « exception chiropratique ». Puis-je suggérer que dans sa forme minimale, l'intelligence innée peut servir d’explication à la théorie, ce qui en d'autres termes doit nous ramener à la prudence, à l'humilité dans la prise en charge des patients et son ignorance des choses de la science. Mais ce n'est pas la manière habituelle pour laquelle les chiropraticiens utilisent le concept. La plupart des chiropraticiens l'assimilent à l’homéostasie. Ce dernier est un terme descriptif concernant une propriété ontologique des organismes vivants. À l'opposé, l'intelligence innée est souvent proposée comme explication à la base des phénomènes biologiques. Il est illogique d'offrir un mystère, l'intelligence innée, en tant qu'explication d'un autre mystère, la vie. En ces termes, l'intelligence innée est une proposition indémontrable et sort alors du contexte scientifique.

25 Pourquoi DD Palmer, ayant proposé le concept d’Innate Intelligence, n’a-t’il pas repris la notion d’homeostasie développée 20 ans plutot par Claude Bernard ?
Why DD Palmer, who has proposed the concept of Innate Intelligence, did not use the notion of homeostasis developed 20 years ago by Claude Bernard?


I’ve not read Claude Bernard’s work, so can’t address this question directly. As well, it was my understanding that the term “homeostasis,” if not the concept, was introduced in the 1930s by physiologist Walter Cannon in his book, “The Wisdom of the Body”. But where Dr. Cannon was waxing poetic with his book’s title, D.D. Palmer truly believed that Innate Intelligence was an explanation of biological processes. As I’ve already suggested, this is a logical fallacy. I also think it unlikely that D.D. would have been reading the work of Claude Bernard, a European – but who knows?

Je n'ai pas lu les travaux de Claude Bernard, et c'est donc la raison pour laquelle je ne peux pas répondre complètement à la question. Néanmoins, je crois comprendre que le terme d’homéostasie fut introduit en 1930 par le physiologiste Walter Cannon dans son livre, « la liberté du corps ». Mais, bien que le Dr Cannon présentait un aspect poétique de son livre, D.D. Palmer croyait véritablement en l’intelligence innée comme une démonstration des processus biologiques. Ainsi que je l'ai précédemment suggéré il s'agit d'un sophisme. Je pense aussi qu'il est peu probable que Palmer est lu les travaux de Claude Bernard (un européen). Mais qui sait ?

26 Le Holisme Palmerien justifie une approche thérapeutique conservatrice et très peu interventionniste. Cela est-il la principale raison du rejet de la médecine allopathique par les chiropraticiens de cette époque ? Actuellement, en quoi les manipulations articulaires répétées sur de nombreuses visites par les chiropraticiens se disant du courant « Wellness », sont-elles compatibles avec cette approche peu interventionniste ?
The Holism of Palmer justifies a conservative and a low interventionist therapeutic approach (Do the minimum, and let Innate do the maximum). Is this the main reason for the reject of the allopathic medical approach at this period by the chiropractic profession? Nowadays, what can explain that many repetitive sessions of spinal manipulations as usually performed by so-called Wellness chiropractors is a compatible approach with this original low interventionist therapeutic approach?


I suspect that chiropractic wellness care may mean different things to different DCs. Greed may play a role, but there are surely those DCs who genuinely believe that monthly adjustments for life are a beneficial thing. As well, there are those who might argue that wellness care means more than adjusting: promoting exercise, better nutrition, healthier habits of living.

Je suppose que la chiropratique du bien-être peut vouloir dire plusieurs choses pour les chiropraticiens. L'avidité joue probablement un rôle, mais cela concerne surtout les chiropraticiens qui pensent que les ajustements mensuels à vie sont bénéfiques. Mais, il y a aussi ceux qui pensent que la thérapie du Wellness dépasse le cadre de l'ajustement, c’est à dire les exercices thérapeutiques, une meilleure alimentation et les conseils sur l’hygiène de vie.

27 Pouvez-vous nous rappeler l’historique des analyses critiques des principes de Palmer à ce jour ? Quel en a été leur impact ?
Could you remind us the history of the different critical reviews of this Palmerian principles till nowadays? What was the impact of these critical reviews in the profession ?


There have been few genuinely critical, scholarly reviews of “Palmerian” principles. There have been diatribes from various camps within (i.e., “mixer”) and beyond chiropractic’s borders (e.g., political medicine and its allies). When Walter Wardwell, Ph.D. completed his doctoral dissertation on chiropractic in the early 1950s, it was thought to be the first serious, sociological treatise on the topic. Most of what I’m familiar with are not assessments of Palmerian principles per se, but considerations of the profession overall. Exceptions might include Clarence Weiant, D.C., Ph.D.’s critique of Palmer “philosophy” in the early 1980s, and C.O. Watkins, D.C.’s contribution of an alternative, philosophy of science for chiropractors. In any case, such critiques have not had much influence on the dogmatists in the profession, so far as I can discern.

Il y a eu très peu de réelles critiques et de rapport universitaires des principes Palmériens. Il existe quelques diatribes issues de camps différents (des mixers par exemple) ou en dehors du camp chiropratique habituel (ex : la politique médicale et attenants). Le travail de Walter Wardwell, PhD fut dans les années 50, le premier traité sociologique considéré comme sérieux sur la chiropratique. Néanmoins il ne s’agissait pas d’une appréciation des principes palmériens tels quels, mais plutôt une réflexion sur la profession en générale. La seule exception revient au travail de Clarence Weiant, PhD, qui fit une critique dans les années 80 ainsi que la contribution de C.C. Watkins, DC, concernant la philosophie (alternative) de la science pour les chiropraticiens. Chaque fois selon mon analyse, toutes ces critiques n’eurent aucune influence sur l’aspect dogmatique de la profession .

28 Reed philipps, DC, PhD explique qu’une « revue critique de la philosophie chiropratique et de son impact restent à la fois un challenge et une opportunité…Malgré tout, lorsque la diversité divise le monde en deux camps opposés, le génocide en est souvent la conséquence ».Vous expliquez que « la chiropratique doit séparer le bon grain de l’ivraie ». Quelles sont les perspectives concrètes d’avenir pour que la chiropratique construise sa propre autorité scientifique et culturelle?
Reed Philipps, DC, PhD, explains that critical review of philosophy and its impact remain both a challenge and an opportunity for the profession... However, when diversity divides the world into warring camps, genocide is often the result. You say that chiropractic should separate the chaff from the wheat. What are the tangible perspectives of chiropractic future to obtain its own cultural and scientific authority ?


If the profession chooses to establish authority in its credible domain (conservative, manual and related assessments and therapies for musculoskeletal problems), it will need to reach consensus about the philosophy of science and the scientific method as a means of determining what works and what doesn’t. We will need to eliminate the persistent and outrageous, unsubstantiated claims made for the chiropractic healing art. These actions would constitute the elimination of diversity in the area of epistemology, but leave the door open to diversity in theory and practical applications.

Si la profession chiropratique veut s’établir en tant qu’autorité crédible dans son domaine (traitement conservateurs manuels et autres interventions complémentaires pour les problèmes musculo-squelettiques), il sera nécessaire d’obtenir un consensus sur la philosophie de la science et les méthodes thérapeutiques afin de déterminer ce qui marche et ce qui ne marche pas. Il sera nécessaire d’éliminer les revendications outrageuses persistantes et inconsidérées à propos de l’art de guérir chiropratique. Ces actions entraîneraient la suppression de la diversité épistémologique, mais ouvriraient la porte aux théories et applications variées.

29 Que pensez-vous de la recherche actuelle ?
What do you think about actual research in chiropractic?


We’ve come a long, long way, and we have a long, long way to go.
We have some outstanding investigators (to name a few: Gert Bronfort, D.C., Ph.D.; Greg Cramer, D.C., Ph.D.; Mitch Haas, M.A., D.C.; Greg Kawchuk, D.C., Ph.D.; Charlotte Leboeuf-Yde, D.C., M.P.H., Ph.D.; Neils Nilsson, D.C., M.D., Ph.D.; John Triano, D.C., Ph.D.), but we still don’t have a robust research enterprise. I’ve conducted several published reviews of the contents of our best journal, JMPT, and it’s clear to me that the volume and sophistication of scientific studies has increased greatly over the last 20 years. However, I don’t think the field is on board, neither in terms of its financial support of chiropractic research, nor in its interest or ability to make use of this new knowledge. In the USA our poverty-stricken, tuition-driven colleges are unable or unwilling to commit 5% of their operating budgets to research, and financial support from private philanthropy and government is still very meager. We still lack the thriving clinics that might provide the patient material for clinical research.

An encouraging sign is the development of a few postdoctoral residencies in clinical research at several schools, but it’s not clear what if any career opportunities there will be for new, young chiropractic investigators. Even if we can train talented new investigators, we will lose them if we cannot compete in salaries, facilities, and other resources. As well, we need to do a much better job in bringing research into the classrooms and making it a part of the fabric of practice. The future of health care, chiropractic and otherwise, is evidence-based practice. That’s where we ought to be aiming, but it seems the profession (in America) is not yet in agreement.
Nous revenons de loin et un long chemin reste à parcourir.

Nous avons des chercheurs exceptionnels (comme Gert Bronfort, D.C., Ph.D.; Greg Cramer, D.C., Ph.D.; Mitch Haas, M.A., D.C.; Greg Kawchuk, D.C., Ph.D.; Charlotte Leboeuf-Yde, D.C., M.P.H., Ph.D.; Neils Nilsson, D.C., M.D., Ph.D.; John Triano, D.C., Ph.D.), mais nous n'avons toujours pas une entreprise de recherche robuste. J'ai été amené à conduire quelques recherches publiées dans notre revue la plus prestigieuse, le JMPT (Journal of Manipulative and Physilogical Therapeutic), et il est évident pour moi que la qualité des recherches scientifiques a très nettement augmenté ces 20 dernières années. Malgré tout, je ne pense pas que ce grand chantier soit suffisant, à la fois en termes financiers et en termes de support à la recherche, ainsi que l'intérêt et l'objectif de la mise en application de ces découvertes. Aux États-Unis, nous sommes frappés de pauvreté, les coûts scolaires sont déterminés par le marché et il nous est impossible de consacrer 5 % du budget à la recherche. Enfin, les apports financiers privés ou gouvernementaux restent insuffisants. Il nous manque aussi des centres de soins prospères susceptibles d'apporter suffisamment de patients pour la recherche clinique.

Le signe le plus encourageant et le développement de spécialisations après doctorat en recherche clinique dans différentes écoles, mais il n'est pas du tout évident de savoir quelles seront les opportunités de carrière pour nos futurs chercheurs. Même dans l'hypothèse où nous pourrions former des chercheurs talentueux, nous les perdrons si nous ne sommes pas capables de leurs apporter l'appui financier nécessaire et les autres facilités. De la même manière, nous devons faire un meilleur travail afin de proposer la recherche au sein des écoles et l'intégrer au produit final. Le futur concernant toutes les professions de santé, chiropratique ou autres, est la pratique basée sur les preuves. C'est sur ça que nous devons nous focaliser, mais il apparaît que la profession (en particulier aux États-Unis) n'est pas en accord.

30 Rares sont les professions qui comme la chiropratiques bénéficient d’une structure internationales d’éducation. Quelles sont selon vous les directions vers lesquelles la chiropratique doit converger pour renforcer encore plus cet enseignement ?
It is rare to find professions that are organised on internationals standards of education. It is the case of chiropractic. What are the directions that the profession should take to reinforce the quality of its education?


I can’t speak to international standards. I can say that learning to search, digest and prudently implement current clinical science literature is a weak point in chiropractic education in the USA. I also believe that the supervised clinical training received at most chiropractic schools in America is grossly inadequate: too few patients, too few mentors, too little time (nine months).

Je ne peux pas parler des standards internationaux. Je peux simplement dire que l'apprentissage de la recherche et l'inclusion progressive de littérature scientifique clinique est encore un point faible dans l'éducation chiropratique aux États-Unis. Je crois aussi que la supervision et l'entraînement clinique reçu dans les écoles chiropratique sont inadéquats : trop peu de patients, pas assez de cliniciens de haut niveau, pas assez de temps (neuf mois).

31 En tant que profession scientifique, ne pensez vous pas que la chiropratique devrait déterminer un champ thérapeutique défini ?
As a scientific profession don’t you think that chiropractic should define clear scope of practice ?


I’m generally reluctant to say much about scope of practice because I’m not a chiropractor. I can probably support any scope of practice for which the DC is well qualified by training. I’m far more concerned that chiropractors adopt a scientific epistemology for whatever scope they choose to embrace. I don’t think that being a “scientific profession” has any necessary bearing on scope of practice.
That said, it would surely be a help in marketing for the profession to adopt not only a scope of practice, but a consistent, coherent and credible public image. But here again, I’m speaking outside my area of knowledge and competence – so I won’t say much.

Je suis en général peu disposé à parler du du champ d'application car je ne suis pas chiropraticien. Je suis prêt à soutenir tous les champs d'application pour lesquels les chiropraticiens sont qualifiés et entraînés. Je suis surtout concerné sur le fait que les chiropraticiens devraient adopter une épistémologie scientifique quel que soit le champ d'application qu’ils désirent aborder. Je ne pense pas que devenir une « profession scientifique » soit nécessairement liée à un champ d'application.

Ceci dit, il serait préférable pour la profession chiropratique qu’elle adopte non pas seulement un champ d'application mais une image consistante, cohérente et crédible pour le marché qu'elle souhaite développer. Mais à nouveau, je parle en dehors de mon champ de compétence et par conséquent je ne peux pas en dire plus.

32 Je terminerai en vous demandant quelles seraient vos recommandations pour que la chiropratique construise aujourd’hui les bases d’un futur prospère?
I will end by asking you what would be your own recommendations for chiropractic to build today the basis of a thriving future?


In addition to adoption of a scientific epistemology and the implementation of clinical research data in practice, I suggest that an ethical re-orientation among American DCs is needed. Too many doctors are oriented to marketplace values (“let the buyer beware”), rather than to clinical/patient values (“let the patient have trust in the doctor”). As well, I offer, the chiropractor in America has grown far too comfortable with the profession’s historic isolation from universities, hospitals, and the health science community. Chiropractors must come out of their cocoons and integrate with the rest of the health care establishment if they wish to thrive.

En plus de l'adoption d'une épistémologie scientifique et la mise en place d’une recherche clinique, je suggère une réorientation éthique pour les chiropraticiens américains. Trop de docteurs ont une orientation marketing plutôt que des valeurs cliniques et orientées vers le patient. De la même manière je pense que les chiropraticiens américains, compte tenu de l'histoire, ont évolué trop loin des milieux universitaires, des hôpitaux et de la communauté scientifique. Les chiropraticiens doivent sortir de leurs cocons et s'intégrer au reste du système de soins s'ils veulent survivre.

Cher Dr Keating, nous tenons au nom de toute l’équipe de vertebre.com, à vous adresser tous nos remerciements pour cette contribution que vous nous avez apportée au travers des réponses de cette interview. Merci.

Dear Dr Keating, the whole vertebre.com's team would like to sincerely thank you for your contribution in this interview.

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