SOFEC

Société Scientifique dédiée à la Chiropraxie,
aux thérapies manuelles et aux traitements conservateurs de la colonne vertébrale et des articulations periphériques.

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James COX, DC, inventeur de la flexion distraction - 1ère partie, USA

21-09-2004

Interview Proposed by Karl Vincent DC
Member of the French Chiropractic Institute
Editor of www.vertebre.com
Certified in Cox® Decompression Adjustment & Manipulation Technique



I English Presentation

James Cox is a chiropractor specialised in radiology. He is the innovator and inventor of Cox® Distraction Manipulation. He is engaged in many chiropractic research projects especially in the on-going federal research projects involving the National University of Health Sciences, Palmer College of Chiropractic Research Center, Loyola Stritch School of Medicine, University of Illinois, University of Iowa, etc. He is a member of the postgraduate division of the National University of Health Sciences and has been privileged to speak for many chiropractors in seminars and chiropractic associations and institutions throughout the world. In private practice for 42 years, he is pleased to share his practice with his son, James M. Cox, II, DC, in Fort Wayne, Indiana. He is most excited about sharing the technique with his colleagues who have a desire to go the next step for their patients' care. He participated in 1990 with Scott Haldeman, DC, MD, PhD, in the elaboration of the second edition of Principles and Practice of Chiropractic where a whole chapter is dedicated to flexion distraction. He has also written a book called “Low Back Pain: Mechanism, Diagnosis And Treatment” now in its 6th edition (copyright 1999) published by Lippincott Williams and Wilkins.

Comments about the flexion distraction technique

• Tom Bergmann, DC, editor of Chiropractic Technique, wrote that of adjustive techniques utilizing manual forces on short and/or long levers "only Cox® flexion-distraction technique...has been described in a reviewed text and a number of well-respected, peer-reviewed journals."
• The Mercy Center Consensus Conference on Chiropractic Practice determined that "flexion-distraction is a standard, widely taught procedure. There is a great deal of supportable and reasonable mechanical and physiologic rationale in the literature for the appropriate use of these procedures for the care of patients with neuro-musculoskeletal problems."
• The 1993 National Board of Chiropractic Examiners found that Cox® Distraction Manipulation is the third most popular technique in chiropractic

I Présentation Française

Le Dr James Cox est Chiropraticien et spécialisé en radiologie. Il est l'innovateur et l'inventeur de la technique Cox de flexion-distraction. Il est impliqué dans la recherche chiropratique, en particulier dans des projets fédéraux en collaboration avec l'Université Nationale des Sciences de la Santé, du Centre de Recherche du Collège de Palmer, de l'Ecole de Médecine de Loyola Stritch et des Universités d'Illinois et d’Iowa, etc. Il est aussi membre de la formation post-universitaire de l'Université Nationale des Sciences de la Santé et un interlocuteur privilégié pour un grand nombre de Chiropraticiens au travers de séminaires, ou dans le cadre d'associations ou d'institutions chiropratiques du monde entier. Aujourd'hui, il gère sa clinique de Fort Wayne dans l’Indiana tout en étant particulièrement motivé par l'apprentissage et le partage de sa technique avec ses confrères qui désirent progresser dans le traitement de leurs patients. Il a participé en 1990 avec Scott Haldeman, DC, PhD, MD, à l'élaboration de la deuxième édition du livre « Principes et pratique de la chiropratique » dans lequel un chapitre entier fut consacré à son travail. Il a aussi écrit un livre intitulé « Mal de dos, mécanismes, diagnostics et traitements » dont la meilleure référence actuelle est la sixième édition de 1999 publiés par Lippincott Williams et Wilkins.

Commentaires sur la technique de flexion-distraction

• Tom Bergmann, DC, éditeur de la revue « chiropratique technique », écrit qu’avec les techniques d'ajustement chiropratique qui sont les plus employées « seule la flexion-distraction a été décrite et étudiée d'une manière substantielle dans de nombreux papiers et revue spécialisé ».
• La conférence de consensus chiropratique du Mercy Center affirma que la flexion-distraction est une procédure chiropratique standard et utilisée à grande échelle. Il y a actuellement un accord général dans la littérature médicale pour dire que cette technique repose sur des bases mécaniques et physiologiques rationnelles lorsqu'elle est utilisée de manière appropriée dans le cadre de traitement de troubles neuromusculo-squelettiques.
• En 1993 le comité d'examen national chiropratique américain mis en avant le fait que la flexion-distraction représentait la troisième technique la plus populaire.

Que se passe-t-il pendant le traitement ? (French only)



Les techniques lombaires : après un examen complet qui permet aux praticiens de déterminer la nature de l'atteinte vertébrale à traiter, le patient est allongé sur la table, le but étant d'entraîner une traction de la colonne lombaire à la fois locale, tout en mobilisant le segment. Dans cette perspective, des mouvements de bas en haut sont induits par le praticien (flexion et extension), ou des mouvements latéraux, ou bien des mouvements circulaires. Tous ces mouvements s'effectuent très lentement.



Dans certains cas, le praticien maintient les épineuses du dos avec sa main de manière à isoler le segment vertébral traité. Une partie de la traction est appliquée manuellement par le praticien à la partie inférieure du dos d'une manière indolore. Avant d'entamer ce traitement, des tests de tolérance sont appliqués, de telle manière à ce que le patient supporte le traitement.



Le traitement cervical : le patient est allongé à plat ventre sur la partie céphalique de la table, dont la technologie permet la traction et la mobilisation segmentaire du rachis cervical.



De la même manière, le praticien maintiendra l'épineuse de la vertèbre que le praticien doit traiter, et effectuera une mobilisation associée dans les sens appropriés.

II Interview (French/English, first part)
Cette première partie sera consacrée à Cox lui-même, sa vie, sa motivation, les origines de sa méthode, les résultats thérapeutiques issus des recherches fédérales américaines, et enfin la manière dont il a élaboré toute sa procédure de soin.

1 Ou avez vous effectué vos études de chiropratiques ?
Where did you do study Chiropractic ?


I graduated from the National College of Chiropractic (now called the National University of Health Sciences) in Lombard, Illinois, in 1963.


Je suis diplômé du Collège National Chiropratique de Chicago (NCC, Lombard) depuis 1963, actuellement nommé Université Nationale des Sciences de la Santé.

2 Pourquoi avoir choisi ces études ?
Why did you choose this study ?


Since boyhood I wanted to be a doctor. I had witnessed great kindness and benefit to my mother by a physician and decided at age 9 to become a doctor. As life worked out, my stepfather, John C. Rodman, was an osteopath and a chiropractor. He recommended that I choose a specific path – chiropractic or medicine – but not both. I initially chose to study to be a cardiologist until a patient came to the emergency room of St. Joseph Hospital where I was working as an orderly to put my self through pre-med school. The patient was having heart problems and could not get them under control. I asked him what he planned to do. He said get out of the hospital and see his chiropractor. I was startled and asked who he planned to see. He said Dr. Rodman. The next day, I went to work with my stepfather; this patient arrived, and my stepfather helped him. I was impressed and decided to go to chiropractic school because there was more to this profession than realized at that time.


Depuis l'enfance je voulais être Docteur. J'ai été le témoin de la grande efficacité et de la gentillesse du praticien qui soignait ma mère, et j’ai décidé à l'âge de neuf ans de devenir Docteur. Un hasard de la vie fut que mon beau-père était à la fois Ostéopathe et Chiropraticien. Il m'a recommandé à l'époque de faire un choix définitif entre ces 2 professions. J'ai donc choisi initialement de devenir Cardiologue, jusqu'au moment où un patient se rendit aux urgences de l'hôpital de Saint-Joseph où je travaillais comme aide-soignant, avant d'entrer en phase préparatoire. Ce patient souffrait de troubles cardiaques et ne parvenait pas à les contrôler. Je lui demandais alors ce qu'il comptait faire. Il me répondit alors qu’il irait voir un Chiropraticien à la sortie de l’hôpital. Je fus surpris et lui demandais quelle personne il comptait consulter. Il me répondit le Dr Rodman. Le jour suivant, je revenais au travail avec mon beau-père ; le patient était là, et mon beau-père l'aida. Je fus réellement impressionné et pris la décision à ce moment-là d'étudier la chiropratique, car il y avait encore « beaucoup à faire » en ce temps-là.


3 Pourquoi avez-vous fait une spécialité en radiologie et en quoi vous a t’elle aidé dans le développement de la flexion-distraction ?
Why have you done a DACBR specialty and how did it help you in the development of flexion distraction technique ?


Following graduation from National College of Chiropractic in 1963 and starting clinical practice with Dr. Rodman, I had a strong desire and need to study further in chiropractic medicine. At the time the only residency postgraduate program in chiropractic was radiology so I undertook the study from 1967 to 1971 and became board certified as a Diplomate of the American Board of Chiropractic Radiology in 1971.
It was during my training that my interest developed in specializing in the treatment of low back pain. Dr. Joseph Howe, D.C., D.A.C.B.R., was my mentor and instructor who urged me to write a clinical case study on ten cases of sciatic radiculopathy that I had treated in my practice. That was the beginning of my publishing professional papers on my care of the low back.


Après avoir été diplômé du Collège National de Chicago en 1963, alors que je commençais mon clinicat avec le Dr Rodman, je fus animé d'un fort désir de continuer à étudier plus à fond la médecine chiropratique. En ce temps là, la seule spécialisation qui existait était la radiologie, et c'est la raison pour laquelle j'entrepris ces études entre 1967 et 1971 et obtint cette spécialité en 1971 (DACBR).
C'est au cours de cette formation complémentaire que mon intérêt se développa dans le traitement de la pathologie lombaire. Le Dr Joseph Howe, DC diplômé en radiologie, était à la fois mon mentor et mon instructeur, et me poussa à écrire 10 rapports de cas sur la sciatique que j'avais traitée au cours de mon apprentissage. Ce fut alors le début des publications et rapports professionnels de mes soins, en rapport avec le mal de dos.


4 Est-il vrai que la « flexion-distraction » partage son origine avec l’ostéopathie ?
Does flexion distraction share its origin with Osteopathy ?


Absolutely. As I mentioned, my stepfather was an osteopath. Upon graduation from National, I returned to Fort Wayne, Indiana, and went into practice with Dr. Rodman. Soon after that, a young female patient came into my office. She was in severe pain with an antalgic lean. I attempted to apply the standard of care in chiropractic technique, the lumbar roll. As all of medicine was taught at the time, the disc supposedly had no nerve supply and was not painful. Of course today we recognize that this absolutely untrue. The disc is the most pain sensitive structure in the low back. Be that as it may, I applied the adjustment. She screamed in pain, and I was quite upset. Her family took her to the hospital, and she had surgery the next day for a ruptured disc. My stepfather said to me, “Son, you may be in the way of learning.” I agreed for there had to be a better way to treat patients than that.

Dr. Rodman gave me textbooks on Osteopathic Techniques by authors such as Stoddard, Naylor and Taylor. In Osteopathic Techniques, Dr Stoddard describes manipulation application by John McManis, DO, who practiced at the Kirksville Osteopathic School. Dr. McManis was a genius, but he was not a writer or instructor. I eventually blended Dr. McManis’ principles with those of chiropractic to create the technique adjustment I termed in 1973 “flexion distraction.” Today it is known by many simply as Cox® Technique, but I refer to it as Cox® Decompression Adjustment and Manipulation due to the evolution of the application of the technique and the science of decompression being proven in the research studies underway in the United States at National University of Health Sciences, Palmer College of Chiropractic Research Center, Loyola Stritch School of Medicine, University of Iowa and many other places.


Cox's research : http://www.coxtechnic.com/

Absolument. Ainsi que je l'ai précisé, mon beau-père était un Ostéopathe. Après ma graduation au Collège National de Chicago, je suis retourné à Fort Wayne dans l'Indiana, débutant ma pratique professionnelle avec le Dr Rodman. Peu de temps après, une jeune femme se rendit dans mon cabinet. Elle était atteinte d'une douleur lombaire sévère avec attitude antalgique. J'ai tenté d'appliquer les soins chiropratiques standards avec en particulier le « lombar all » (manipulation lombaire en décubitus latéral). Ainsi qu'il était suggéré à l'époque en médecine, le disque intervertébral n’était pas supposé recevoir d'innervation et ne pouvait être douloureux. Évidemment, nous savons aujourd'hui que ces observations sont fausses. Le disque est la structure lombaire la plus sensitive. Indépendamment de tout cela, j'ai appliqué mon traitement. Malheureusement, elle hurla et quant à moi, je fus très perturbé. Sa famille la fit hospitaliser et une intervention chirurgicale fut effectuée le jour suivant, pour rupture discale. Mon père me dit alors, « Mon fils, considères-toi toujours en apprentissage ». J'étais d'accord sur le fait qu'il me fallait trouver un meilleur moyen de traitement que cela.

Le Dr Rodman me donna à l'époque un livre sur les techniques ostéopathiques dont les auteurs étaient Stoddard et Taylor. Dans ce livre, le Dr Stoddard décrit une technique manipulative employée par John McManis, DO, qu’il pratiquait à l'Ecole d’Ostéopathie de Kirksville. Le Dr McManis était un génie, mais ni un écrivain, ni un instructeur. C’est à partir de là que me vînt l’idée de mêler les principes du Dr McManis à des principes chiropratiques, et de créer la technique de flexion-distraction en 1973. Aujourd'hui, cette technique est plus connue sous le nom de technique Cox, mais je préfère me référer aux termes « d’ajustements et de manipulation décompressives Cox », du fait de l'évolution dans l'application de la technique et des effets scientifiquement prouvés de décompression, au travers de recherches qui ont eu lieu aux États-Unis, notamment à l'Université Nationale des Sciences de la Santé, au centre de recherche du Collège de Palmer, à l'Ecole de Médecine de Loyola et l'Université d’Iowa (ainsi que d'autres endroits).

Les recherches de Cox : http://www.coxtechnic.com/

5 Comment l’avez-vous découverte et qu’est ce qui vous a poussé à la développer ?
How did you discover and develop it ?


The next point of interest is why did I choose to study and specialize in the treatment of back pain. I started to specialize in low back pain and sciatica in 1963 and neck and arm pain in 1984 for the following reasons. In 1963, following graduation from National College as valedictorian, I went into private clinical practice with my father. I discussed my shock over hurting a patient with a lumbar roll and causing her to seek surgical relief. At that time we did not know as much about disc herniation and its clinical presentation, and therefore, I did not recognize this as a medial disc herniation. I soon realized in the late 1960’s that I was not the only chiropractor having problems with sciatic radiculopathy patients. The leading cause of malpractice in chiropractic continues today to be causing or aggravating sciatica due to lumbar disc herniation following side posture adjusting.

As I studied osteopathic technic, I found it involved distraction and physiological ranges of motion applied to the spine. Osteopathic texts discussed sciatica due to disc herniation and introduced me to long lever adjustments as opposed to the short lever high velocity/low amplitude thrust adjustment that I had been taught. I also remember that my chief of staff at National College during my internship was Floyd Blackmore, D.O. I remember that he would place serious low back pain patients on a special table at the beginning of their care at the student clinic until the acute phase was past. He would then have us, as interns, treat the patient with traditional chiropractic adjusting. The table he used was different looking to me, and I later learned it was a McManis osteopathic manipulation table. After my problems in treating sciatica, I began to read osteopathic textbooks and started to use the osteopathic McManis adjustment table. Eventually, the idea came to me to blend together the concepts of traditional chiropractic adjustment with the specialized long lever approach to adjusting that was osteopathic manipulation. This basically meant to incorporate distraction of the spinal segment, motion segment, with physiological range of motion called mobilization.

As it turned out, the blending of two concepts of adjusting resulted in my personally improved clinical outcome when treating the radiculopathy patient. This is the patient who is the most challenging patient to any physician because they have stenosis present - either from disc herniation or degenerative disc disease or disease such as endplate hypertrophy, facet arthrosis, ligamentum flavum hypertrophy, short congenital pedicles, or a combination of these factors. These improved clinical outcomes were the stimulus to write, develop increasingly improved techniques to treat severe low back and radicular problems, and eventually to develop the research projects that we are involved with today. These are federally funded research programs headed by Ram Gudavalli, Ph.D. who is faculty at the National University of Health Sciences, Palmer University, and the University of Iowa. The federally funded studies are:

1. Biomechanics of Low Back Flexion Therapy
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
Grant # 18 AH 10001 001 A1
A collaborative study of the following institutions: National University of Health Sciences, Loyola Stritch School of Medicine, University of Illinois, Auburn University

2. Flexion Distraction vs Non – Operative Medical Care of Chronic Low Back Pain
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
Grant # 2 R18 – AH – 10001 - 04
A collaborative study with National University of Health Sciences, Loyola Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, Inc

3. Chiropractic vs. Medical Care for Chronic Neck Pain
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
Grant # 1 R1 8HP 10011 – 01
A collaborative study with National University of Health Sciences, Palmer Center for Chiropractic Research, Loyola Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, Inc

4. Comparison of Side Posture Adjustment, Flexion Distraction Manipulation, and Medical Care for Low Back Pain.
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
A collaborative study with Palmer Center for Chiropractic Research, National University of Health Sciences, and the University of Iowa.


Le point suivant est de savoir pourquoi j’ai choisi d'étudier et de me spécialiser dans le traitement du mal de dos. J'ai commencé à me spécialiser dans le mal de dos et la sciatique en 1963, puis sont venus le cou et les douleurs radiculaires en 1984 ; et ce, pour les raisons suivantes : après avoir été diplômé en 1963 et major de promotion, je me suis installé en tant que praticien libéral en clinique avec mon père. Je parlais toujours à l'époque de mon choc concernant la patiente que j'avais blessée, et qui eut recours à un traitement chirurgical. Nous ne connaissions pas bien encore les hernies discales et leurs symptomatologies, et ce fut la raison pour laquelle je n'avais pas reconnu cette hernie discale médiane. J'ai vite réalisé à la fin des années 60, que je n’étais pas le seul Chiropraticien à avoir eu des problèmes avec des patients atteints de radiculopathie sciatique. L'une des causes majeures de faute professionnelle chiropratique actuelle concerne toujours la sciatique par hernie discale, causée ou aggravée par des manipulations en décubitus latéral.

Alors que j'étudiais les techniques d’ostéopathie, je me sentis concerné par les techniques de distractions et de mobilisations appliquées à la colonne vertébrale. Les textes ostéopathiques discutaient de la sciatique en rapport avec les hernies discales, et présentaient des techniques d'ajustement avec longs bras de levier, contrairement aux techniques chiropratiques employant des bras de leviers courts. Je me rappelle aussi de mon responsable d'enseignement au Collège National Chiropratique de Chicago durant mon internat, dont le nom était Floyd Blackmore, DO. Je me souviens qu'il positionnait certains patients atteints de mal de dos sévère sur une table spéciale, au début de leurs soins dans la clinique réservée aux étudiants, jusqu'à ce que la phase aiguë passe. Il poursuivait ensuite avec les internes, employant un traitement chiropratique traditionnel. La table qu'il utilisait était différente de ce que j’avais l'habitude de voir, et plus tard j’appris qu'il s'agissait de la table ostéopathique de McManis. Après mes difficultés dans le traitement de la sciatique, j'ai donc commencé à étudier les livres d'ostéopathie et les techniques de McManis. L'idée m'est est donc alors venue de mélanger les différents concepts, en particulier l'approche qui consistait à utiliser de longs bras levier. Cette base m'amena progressivement à introduire de la distraction sur les segments intervertébraux et des mouvements respectant l'amplitude physiologique appelés mobilisations.

Progressivement, ce mariage des deux concepts évolua vers une issue clinique personnelle, que j'appliquais aux patients atteints de radiculalgie. Ce sont les patients atteints de sténose qui représentent le challenge le plus important pour un praticien, qu'elle soit secondaire à une hernie discale, un processus dégénératif ou d'autres pathologies comme une hypertrophie des plateaux vertébraux, une arthrose facettaire, une hypertrophie du ligament jaune, un raccourcissement des pédicules ou une combinaison de ces facteurs. L'amélioration clinique que je constatais représentait pour moi une véritable motivation pour écrire, et développait des techniques pour traiter les atteintes vertébrales sévères, les atteintes radiculaires ainsi que pour développer des projets de recherche en cours de développement aujourd'hui. Voici quelques projets et programmes fédéraux menés par Ram Guduvalli, Docteur en Sciences, issu du Collège National des Sciences de la Santé, de l'Université Palmer, de l'Université d’Iowa :

1. Biomechanics of Low Back Flexion Therapy
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
Grant # 18 AH 10001 001 A1
A collaborative study of the following institutions: National University of Health Sciences, Loyola Stritch School of Medicine, University of Illinois, Auburn University

2. Flexion Distraction vs Non – Operative Medical Care of Chronic Low Back Pain
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
Grant # 2 R18 – AH – 10001 - 04
A collaborative study with National University of Health Sciences, Loyola Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, Inc

3. Chiropractic vs. Medical Care for Chronic Neck Pain
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
Grant # 1 R1 8HP 10011 – 01
A collaborative study with National University of Health Sciences, Palmer Center for Chiropractic Research, Loyola Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, Inc

4. Comparison of Side Posture Adjustment, Flexion Distraction Manipulation, and Medical Care for Low Back Pain.
Funded by the Department of Health and Human Services, Health Resources and Services Administration
A collaborative study with Palmer Center for Chiropractic Research, National University of Health Sciences, and the University of Iowa



6 Quelles sont les motivations qui vous ont menées à un tel engagement dans la recherche vertébrale ?
What are the motivations that prompt you to research in the vertebral field ?

The earliest motivation was hurting the young woman with a disc herniation that I discussed earlier. Secondly, and more importantly is the fact that 94% of spinal manipulation in the United States is done by chiropractors and half of all people with first time back or extremity pain will see a chiropractor. Sixty percent of back pain sufferers are treated by medical doctors, and 40% are treated by chiropractic physicians according to Saal in Spine 1997. This is a great and grave responsibility demanding research programs at our institutions to develop and ferret out the best spinal manipulation technics for our patients. Also remember that back pain is the most expensive ailment treated between the ages of 20 to 50 years old and almost 50% of the people have an episode of back pain each year. Yet of all this expense, 1 out of 4 patients with back problems will absorb 95% of the cost of treating back pain. In 1998, Luo wrote in Spine 29(1) that total health care expenditures incurred by back pain patients in the U.S. reached .7 billion dollars with another billion attributed to incremental costs. Luo also points out that among back pain individuals, at least 75% of service expenditures were attributed to those with top 25% expenditures. Carey wrote that 1 out of 4 low back pain patients will absorb 95% of the cost of treating back pain. This 25% of patients costing 95% of the money are chronic low back pain patients with disc herniation or other stenosis etiologies. It is this 1 out of 4 patients that chiropractic must research for new and better techniques of treatment. That is my motivation. My profession, at this time, is primarily treating the 75% of the people who absorb only 5% of the cost of care. Chiropractic can help this costly minority of patients in both human suffering as well as dollars. Also remember that when my procedures allow us to improve the care of the 1 out of 4 patients who absorb 95% of the cost, it means that the same Cox technic makes the 75% of the patients who absorb 5% of the cost easier to gain good clinical outcomes.


Ma motivation première est liée à cet accident avec la jeune femme souffrant de hernie discale, ainsi que je le signalais précédemment. Plus important encore, il faut rappeler que 94% des manipulations sont pratiquées par les Chiropraticiens aux USA, et la moitié des personnes atteintes pour la première fois de mal de dos ou des membres verront un Chiropraticien. 60% des souffrances vertébrales sont traitées par des Médecins, et 40% par les Chiropraticiens, ainsi que mentionné par Saal dans le journal Spine de 1997. Il s’agit d’une responsabilité majeure qui nécessite des programmes de recherches dans nos institutions, dans le but de développer et de découvrir les techniques manipulatives les plus efficaces pour les patients. D’autre part, il faut rappeler que le mal de dos représente l’affection la plus traitée entre 20 et 50 ans et qu’à peu près une personne sur deux aura un épisode vertébral douloureux une fois par an. Ceci coûte beaucoup d’argent, ¼ des patients malades absorbe 95% de ces dépenses dans la pathologie vertébrale commune. En 1998, Luo a écrit dans le journal Spine 29(1) que le montant total lié au mal de dos aux États-Unis atteignait 90.7 milliards de dollars ainsi que 26 milliards de dollars en coûts annexes. Carey écrit aussi qu'environ un quart des patients absorbe 95 % du coût concernant le mal de dos. Ces patients représentent en fait des atteintes de lombalgie chronique avec hernie discale, ou d'autres pathologies sténosantes. C'est sur ce quart de patients que la chiropratique doit accentuer sa recherche pour améliorer sa méthode de traitement. C'est ma motivation. La profession, actuellement, traite en priorité les 75 % de patients qui n'absorbent que 5 % des dépenses. La chiropratique doit aider cette minorité « coûteuse » et ces souffrances humaines. Il faut également garder à l'esprit que si mes protocoles permettent d'améliorer la santé du 1/4 des patients représentant 95% des coûts, elles permettent également d'améliorer cliniquement avec de bons résultats les trois quarts des patients représentant 5% des coûts.

7 Cette procédure est associée à l’idée qu’il s‘agit avant tout d’une technique de traction. Est-ce vrai ?
This procedure is associated with the idea that it consists in a traction technique. Is that true ?


Yes. Allow me to define my idea of distraction versus traction. Traction is the application of a long y axis vector to a column of vertebrae as with a pelvic belt and an electric distraction unit attached to the spine. Distraction is the application of a long y axis vector to a single motor segment, not a column. Distraction is a specific level of long y axis or physiological range of motion adjusting. Distraction is gained by the doctor specifically contacting the posterior arch, spinous process, of a given motion segment of the spine, and stabilizing it against a distraction load applied by a moveable caudal or cervical section of the table.


Oui. Permettez-moi de définir mon idée de la flexion-distraction contre la traction. La traction est l’application d’un vecteur de force longitudinale sur la colonne vertébrale, comme c’est la cas avec les ceintures lombaires accompagnées d’un moteur électrique de traction. A la différence, la flexion-distraction consiste à appliquer un vecteur de force sur un segment spécifique, et non pas sur toute la colonne vertébrale. La distraction est induite spécifiquement par le chiropraticien en contactant l’arche postérieure et l’épineuse à un niveau segmentaire, tout en la stabilisant et en appliquant une force de traction reliée par la partie caudale ou céphalique de la table.


8 Elle est aussi qualifiée de « technique manipulative Cox de décompression ». Comment définiriez-vous cette procédure ?
It is also qualified of « Cox decompression adjustment and manipulation”. How would you define this procedure ?


Cox decompression distraction adjusting and manipulation is defined as a specifically delivered long y axis decompression vector force by contacting the spinous process of a given motion segment of the spine, and stabilizing it against a distraction load applied by a moveable caudal or cervical section of the table. It creates a “push, pull, pumping” effect on the intervertebral disc space and allows the following benefits:
1. Increases the intervertebral disc height to remove tension on the anular fibers and spinal nerve by increasing foraminal area and increasing circulation.
2. Intradiscal pressure within the nucleus pulposus drops from a positive of 25 mm Hg to a negative centripetal force within the nucleus pulposus of -39 to 192 mm Hg.
3. The area of the intervertebral foramen (osseoligamentous canal) increases up to 28%
4. Physiological range of motion is restored to the zygapophyseal joints via mobilization under distraction.

Cox decompression adjustment and manipulation (a.k.a. distraction manipulation, flexion-distraction, F/D, or Cox technique) was innovated by myself and is a marriage of chiropractic principles with the osteopathic principles set forth by Alan Stoddard, DO, in his book, Osteopathic Technique which was written about the manipulative procedures developed by John McManis, D..O in the early 1900’s. It is a gentle, non –force procedure of manipulation. Since introducing my technic, I have continued to refine it and have developed a manipulation instrument that incorporates the ability to apply all aspects of my adjustive procedures. Today, engineers and researchers continue to document the benefits of my work, some via federally funded research programs that will be discussed in this thesis.


La technique Cox de décompression se définit comme une force vectorielle spécifique longitudinale, entraînée par un contact sur l’épineuse d’un segment donné, tout en le stabilisant et en appliquant une force de traction reliée par la partie caudale ou céphalique de la table. Cela crée un mouvement de pompe sur le disque intervertébral et entraîne les effets suivants :
1. Augmentation de l’espace discal avec diminution des tensions sur l’anneau fibreux et le nerf rachidien par augmentation du diamètre du trou de conjugaison et amélioration de la circulation locale.
2. Chute de la pression intradiscale de + 25 mm Hg à –39 mmHg/-192mmHg dans le nucleus pulposus.
3. Le volume du trou de conjugaison augmente dans une proportion de 28%.
4. Restauration des amplitudes de mouvements dans les articulaires postérieures par mobilisation + traction concomitante.

Cette procédure que j’ai innovée s’est donc élaborée au travers d’un mariage de techniques chiropratiques et de principes ostéopathiques mis en avant par Alan Stoddard, DO, dans son livre « Technique Ostéopathique » écrit à partir d’une technique élaborée initialement par McManis, au début des année 1900. Il s’agit d’une procédure manipulative douce, non forcée. Depuis la mise en place de ma technique, je n’ai cessé de l’améliorer à l’aide d’un matériel me permettant d’intégrer tous les aspects de la procédure d’ajustement. Aujourd’hui, des ingénieurs et des chercheurs contribuent à une meilleure connaissance de mon travail, en particulier par des programmes de recherches fédéraux dont nous parlerons plus loin.

Recherches de Cox (Cox's research) : http://www.coxtechnic.com/

9 Peut-on dire que cette technique associe trois composantes principales une traction (1) segmentaire (2) combinée à la mobilisation (3) ?
Could we say that flexion distraction is a combination of segmental (1) traction (2) and mobilisation (3) ?


Absolutely. As described in previous questions, I first apply long y axis decompression to the spine to increase the intervertebral disc space height, drop intradiscal pressure, and increase the area of the intervertebral foramen. Under this decompressed state, the facet joints are placed through their physiological ranges of motion by mobilization. The reason that mobilization is performed under decompression is that decompression opens the stenotic canals to a more patent state. During such a patent state, there is far less chance of cause neural compression by a facet joint movement.


Absolument. Ainsi que décrit plus haut, je commence par appliquer une force de traction longitudinale afin d’augmenter l’interespace discal, diminuer la pression intradiscale et augmenter le volume du trou de conjugaison. A partir de cet état de décompression, les facettes sont placées dans un mouvement d’amplitude physiologique, grâce à des mobilisations. La raison pour laquelle la mobilisation est appliquée sous décompression tient au fait que cette dernière ouvre les canaux rétrécis de manière manifeste. Pendant cette ouverture, les articulaires postérieures ont beaucoup moins de chance d’entraîner une compression des éléments nerveux.


10 Quel est sur un plan physiologique la différence avec les ajustements ou manipulations classiques ?
What are the differences on a physiological point of the view with spinal adjustment (high velocity and low amplitude) ?


Cox decompression distraction manipulation is a gentle, long lever, long y axis distraction of the vertebral motion segments. High velocity, low amplitude thrust (HVLA) is a short lever thrust to a motor segment. Both procedures are designed to realign vertebral motions segments to physiological relationship with their adjacent segments. However, many patients with osteoporosis, advanced disc degeneration, ankylosis, facet arthritis, diffuse idiopathic skeletal hyperostosis, collagen vascularizing diseases, rheumatoid arthritis, fracture, ankylosing spondylitis, and those patients who cannot tolerate HFLA for whatever reason seek care from chiropractic physicians. With increasing frequency, U.S. chiropractors are being confronted with the baby boomer generation, people born between 1946 and 1964; and these people have the conditions described above. They want chiropractic adjustment but not HVLA. It is this class of patient that will necessitate Cox procedures.

What about cavitation? Is it necessary to have a successful adjustment? No. Let’s look at the research of Hurwitz et al from the Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics 27(1), January, 2004 entitled Adverse Reactions to Chiropractic Treatment and Their Effects on Satisfaction and Clinical Outcomes Among Patients Enrolled in the UCLA Neck Pain Study. In this paper from the UCLA school of public health and Southern California University of Health Sciences (Los Angeles College of Chiropractic), 960 eligible patients with neck pain and headaches were randomized to manipulation of dynamic thrust with HVLA force or spinal mobilization manipulation. Eighty –five patients reported a total of 212 adverse symptoms (120 symptoms in 48 patients receiving HVLA manipulation) and 92 symptoms in 37 mobilized patients. Increased pain and headache were the most common symptoms, followed by tiredness, radiating pain, and dizziness. It is suggested that cervical HVLA adjustments confer greater risk than mobilization for minor adverse events that could imply predicting the risk of more serious events such as vertebrobasilar accidents. Symptoms associated with vertebrobasilar artery compromise, including dizziness, nausea, and vomiting, and blurred or impaired vision were more common among patients randomized to receive HVLA adjustments. These symptoms are among the most frequent presenting symptoms in cerebrovascular accident patients after manual therapy involving the cervical spine, with almost 90% occurring less than 24 hours following treatment. In summary, Hurwitz et al stated “Adverse reactions are more likely to be reported following cervical spine manipulation than mobilization. Chiropractors may reduce iatrogenesis and increase satisfaction and perhaps clinical outcomes by mobilizing rather than manipulating their neck pain patients.” This paper certainly supports my clinical findings and clinical outcome results.

Another question often asked is if the “pop” is necessary for a successful adjustment? Flynn et al wrote an article entitled The Audible Pop is Not Necessary for Successful Spinal High Velocity Thrust Manipulation in Individuals with Low Back Pain. This was published in Arch of Phys Med and Rehabil 2003 Jul;84(7). This paper was done at the US Army-Baylor University Graduate Program in Physical Therapy at San Houston, Texas. Seventy one patients with nonradicular low back pain were treated with a sacroiliac region manipulative technique and the presence of an audible pop was noted. There was not relationship between an audible pop during sacroiliac manipulation and improvement with range of motion, pain, or disability in individuals with nonradicular low back pain. Additionally the occurrence of a pop did not improve the odds of a dramatic improvement with manipulation treatment.


La technique Cox de décompression est une procédure manipulative douce, à long bras de levier, avec distraction longitudinale des segments intervertébraux. Les manipulations de hautes vélocités et de courtes amplitudes (HVLA) sont des techniques impulsives avec des bras de leviers courts. Les 2 techniques visent à rééquilibrer les segment vertébraux adjacents dans un état biomécanique physiologique. Malgré tout, une certain nombre de patients atteints d’ostéoporose, de discarthrose évoluée, d’ankylose, d’arthrose facettaire, d’hyperostose diffuse idiopathique (DISH), de collagénose, de polyarthrite rhumatoïde, de fracture par tassement, de spondylarthrite ankylosante sont des patients pour lesquels les techniques de HVLA ne peuvent être pratiquées, mais qui recherchent tout de même des soins chiropratiques. D’autre part, les chiropraticiens américains sont confrontés à la vague de patients dit de « baby boomer » des années 46 à 64 ; de plus ces personnes sont souvent atteintes des pathologies précédemment citées. Ils veulent être ajustés, mais non pas avec des techniques impulsives à court bras de levier. Dans ce cas, les techniques de flexion-distraction sont appropriées.

Que dire du phénomène de cavitation ? Est-il indispensable pour une manipulation réussie ? Non. Regardez la recherche de Hurwitz issue du Journal JMPT 27(1) de janvier 2004 intitulé : « Réactions adverses aux traitements chiropratiques et effets sur la satisfaction des patients cervicalgiques (UCLA neck pain study) ». Dans ce papier issu de l’école publique et de l’université de Californie du sud UCLA, 960 patients présélectionnés atteints de cervicalgie et de maux de tête furent choisis en aveugle soit pour un traitement par manipulation avec impulsion, soit par mobilisations. 85 patients rapportèrent un total de 212 effets secondaires. Il fut observé 120 effets secondaires chez 48 patients traités par manipulation avec impulsion, et 92 effets secondaires chez 37 patients mobilisés. L’augmentation de la douleur et des maux de têtes étaient les effets les plus couramment rapportés, puis la fatigue, des irradiations douloureuses et des vertiges. Ceci semble indiquer que les techniques cervicales avec impulsion montre un risque plus élevé de complications mineures, par rapport à l’utilisation des mobilisations qui pourrait prévenir des risques plus sérieux, tel qu’un accident vertébro-basilaire. Les symptômes associés à une insuffisance vertébro-basilaire sont les vertiges, les nausées, les vomissements, l’altération de la vue, or ce sont ceux qui ont été retrouvés dans cette étude randomisée après manipulation. Ces symptômes fréquemment associés aux accidents vertébraux basilaires, après manipulation cervicale, apparaissent en général dans un délai de 24h après le traitement. En résumé, Hurwitz et Coll affirment « que les risques de réactions sont plus importants après manipulation qu’après mobilisation. Les Chiropraticiens peuvent donc réduire le risque iatrogène et la satisfaction du patient, voire même les résultats cliniques en mobilisant plutôt qu’en manipulant le cou de leur patient » . Ce papier corrobore mes conclusions et résultats cliniques.

Une autre question est souvent posée: le craquement est-il nécessaire pour réussir le traitement ? Flynn et Coll ont écrit un article intitulé, « Le craquement articulaire n’est pas nécessaire pour un traitement réussi utilisant les techniques de haute vélocité et de faibles amplitudes chez les individus souffrants de mal de dos ». Ceci fut publié dans Arch of Phys Med and Rehabil 2003 Jul;84(7). Ce papier fut écrit au Texas (US Army-Baylor University Graduate Program in Physical Therapy at San Houston). 71 patients atteint de lombalgie commune (sans radiculalgie) furent traités par manipulation de la région sacro-iliaque avec craquement. Il n’y avait aucun rapport entre le craquement et le gain d’amplitude de mouvement, la douleur et les incapacités. De plus, la présence du craquement n’augmenta pas les chances d’amélioration par traitement manipulatif.

11 Quelles sont les indications pour lesquelles la flexion-distraction apportent plus de bénéfices que la manipulation ?
What are the indications in which flexion distraction has more benefit than spinal adjustment (high velocity, low amplitude) ?


As pointed out in a prior question, many patients with varying spine conditions cannot tolerate HVLA adjustments. Such conditions as advanced disc degeneration, facet arthritis, stenosis, osteoporosis with or without compression fracture, ankylosing spondylitis, scoliosis, diffuse idiopathic skeletal hyperostosis, congenital or acquired fusions, and the huge number of normal spines who for whatever reason do not want HVLA adjustments given to them.

I would like to cite a recent research study that compared my work to physical therapy in treating chronic low back pain. This paper was delivered by Gudavalli et al at the International Society for the Study of the Lumbar Spine in June, 2004 in Portugal. This paper was a collaborative study of National University, Palmer University, Loyola University Stritch School of Medicine, Orthosport Physical Therapy, and Hines VA hospital. Patients with low back pain of greater than 3 months were randomized to either my technic or active exercise for their pain. Both groups achieved significant relief from pain, however my distraction decompression adjusting provided more relief of pain than active exercise. Chronic patients with moderate to severe symptoms improved most with my distraction adjustment and patients with recurrent pain and moderate to severe symptoms improved most with active exercise. Another finding of major interest was that radiculopathy patients were much more relieved with my decompression distraction adjusting than exercise. This was a federally funded study with the Health Resources and Services Administration (Grant # R18 AH 10001).


Ainsi que je le mentionnais dans une question précédente, un certain nombre de patients atteints par des pathologies vertébrales variées ne peuvent tolérer un traitement par manipulation avec impulsion. Il s'agit avant tout de discarthrose évoluée, d'arthrose facettaire, de sténoses, d'ostéoporose avec ou sans fracture par compression, des blocs vertébraux congénitaux ou acquis, d'hyperostose diffuse idiopathique, de spondylarthrite ankylosante, ou de colonne vertébrale normale qui, quelle que soit la raison, ne peuvent supporter des manipulations classiques.

Je voudrais citer une recherche récente qui comparait mon travail à la kinésithérapie dans le cadre de lombalgie chronique. Ce papier fut transmis par Guduvalli et Coll à la « Société Internationale d'Etudes de la Colonne Lombaire » en juin 2004, au Portugal. Ce papier était un travail en collaboration avec l'Université des Sciences de la Santé, l'Université Palmer, l'Université Médicale de Loyola, la kinésithérapie d’Orthosport et l'hôpital de Hines VA. Les patients atteints de lombalgie de plus de trois mois été traités soit par flexion-distraction, soit par des exercices thérapeutiques de manière randomisée. Les deux groupes ont obtenu une amélioration significative de la douleur, bien que la flexion-distraction donna un meilleur résultat sur la douleur. Plus précisément, les patients chroniques atteints de symptômes modérés ou sévères ont eu une amélioration supérieure avec ma technique, alors que les patients atteints de douleurs récurrentes, de modérées à sévère , eurent une amélioration supérieure avec des exercices thérapeutiques. Une autre découverte d'intérêt majeur concernait les patients atteints de radiculopathie dont le soulagement était largement supérieur avec la flexion-distraction qu'avec les exercices. Il s’agissait d’une recherche fédérale en rapport avec les services d'administration et de ressources de la santé (Grant # R18 AH 10001).


12 La flexion-distraction est une technique qui nécessite l’emploi de table spécifique. Quelles sont les particularités techniques de ces tables que vous avez créées ?
Flexion distraction requires the use of a specific table. What are these particularities that you have developed ?


In 1973, I introduced the first flexion distraction table. It was manufactured and distributed by Chiro-Manis Inc in conjunction with Jim Barnes, an engineer. In 1984, Williams Healthcare developed the Zenith-Cox® line of tables. Then in 2000, recognizing the need for specific changes to the table due to the latest research outcomes, as well as lack of interest by Williams Manufacturing, I approached a new engineering team to make the appropriate design changes, and THE COX® TABLE was developed and manufactured by Distraction Enterprise LLC. The success of this seventh generation instrument for the chiropractic profession was seen by TRACK Corporation who took over its manufacture and distribution in July 2004.

In the TRACK Corporation instrument, The Cox® Table, I have incorporated elements of safety (patient stop button, column down stop, kill switches if pain ensues during treatment) utility (all control of table elevation, tension adjustment, fingertip control of long y axis decompression,) are on the tiller bar handle, foot distraction decompression controls, comfort for the patient, and for the doctor ergonomic designed handles to prevent carpal tunnel syndrome and arm pain.


Cox's table : http://www.coxtable.com/

En 1973, j'ai proposé la première table de flexion-distraction. Elle avait été fabriquée et distribuée par la Société Chiro-Manis en collaboration avec Jim Barnes, un Ingénieur. En 1984, la Compagnie Williams développa la table Zenith Cox. Puis en 2000, partant du constat qu'il fallait faire évoluer cette table en rapport avec les dernières recherches et du manque d'intérêt de cette compagnie, je me suis engagé auprès d'une nouvelle équipe d'ingénieurs, afin d'élaborer des changements appropriés, et nous avons créé la table Cox avec l'entreprise « distraction LLC ». Le succès de cette septième génération de table fut commémoré à la « corporation Track » qui prit en charge la distribution à partir de juillet 2004.

Dans cette dernière génération de table Cox produite par « corporation track », j'ai incorporé des éléments de sécurité (boutons d'arrêt pour le patient, boutons d'arrêt en descente de la colonne vertébrale, bouton antidouleur si celle-ci apparaît pendant le traitement) ainsi que des éléments utiles, comme le contrôle de l'élévation de la table, la tension des ajustements, un bouton de contrôle au doigt de la traction axiale) qui se retrouvent tous sur la bar de contrôle tenu par la main du praticien ; il existe aussi un contrôle au pied de la distraction et des éléments de confort pour le patient, ainsi que pour l'ergonomie du patricien, notamment pour éviter un éventuel syndrome du canal carpien ou des douleurs dans le bras.

La table Cox : http://www.coxtable.com/

13 Aujourd’hui, un grand nombre de Chiropraticiens aux Etats-Unis et dans le monde utilise cette procédure de soin. Pourriez-vous nous dire avec exactitude quelle est la proportion de cette utilisation et la raison de ce succès ?
Today, most chiropractors, especially in USA, use this method of treatment. Could you tell us the amount of this use and the reason for such a success ?


A report by the National Board of Chiropractic Examiners (NCBE) in 1993 found that 53% of American chiropractors reported using Cox® Technique. In the updated 2000 NCBE report, 60% of chiropractors reported that they use this technique in their practices. I want to express that there is a difference in using the technique and being proficient and effective. There is a difference between owning a flexion distraction table and using it properly. A part of my responsibility is to train doctors in the application of my work.

My feeling is that Cox® Technique is utilized because it has the research science behind it and it gets excellent clinical outcomes while being very safely applied. It has documented outcomes for specific spine conditions. Chiropractors seek this technique to care of those patients who demand special, gentle care for conditions outlined earlier in this thesis. Also chiropractors find this procedure to be ergonomically designed to ease their stress and increase their career time.


Un rapport issu du Conseil d'Administration des Examens Nationaux Chiropratique (NBCE) en 1993 montrait que 53 % des Chiropraticiens Américains utilisaient la flexion-distraction. Une mise à jour de ce même comité datant de 2000 rapporte que 60 % des Chiropraticiens utilisent désormais cette technique dans leur pratique quotidienne. Je voudrais tout de même expliquer qu'il y a une différence notable, entre le fait d'utiliser une technique, et d'être compétent dans cette utilisation. Une grande partie de ma responsabilité est d'entraîner les Docteurs dans l'application de mon travail.

Mon sentiment est que la flexion-distraction est utilisée, parce que la recherche et la science montrent des résultats significatifs et une grande sécurité. Il existe en plus des résultats thérapeutiques fiables dans des atteintes vertébrales spécifiques. Les Chiropraticiens utilisent cette technique de soin dans le but de soigner les patients qui recherchent des techniques douces et qui sont atteints des pathologies dont je parlais précédemment. De la même manière, les Chiropraticiens considèrent cette technique comme ergonomique, minimisant le stress lié à leur activité, tout en augmentant leur longévité professionnelle.

14 Comment les chiropraticiens sont ils formés à cette technique ?
How are Chiropractors trained ?


Currently there are around 1500 certified practitioners throughout the world. They are listed at www.coxtechnic.com/referrals.html. These physicians have taken the extra effort to come to complete the certification and pass a practical examination at the National University of Health Sciences where they demonstrate their proficiency at applying the technique properly. Thirty six hours of postgraduate study in the mechanism and diagnosis of back pain conditions and technic application are required prior to taking the examination for certification. This training is in two 18 hour weekends. The first weekend is spent in my home city of Fort Wayne, Indiana where I present 15 to 20 patients with conditions such as disc herniation, spinal stenosis, myelopathy, disc degeneration, transitional segment, spondylolisthesis, scoliosis, pathologies such as DISH, tumors, A.S., Scheuermann’s disease, Diastematomyelia, and many others. This part one is like seeing the textbook in patient clinical rounds. Many doctors state it to be the greatest learning seminar they ever attended and some say they learn more practical in information in treating back pain in the weekend course than in their entire time of college about back pain. The second part is held on campus at National University where teaching aids spend half the time in hands on training of the technic procedures.
The certification course insures a patient or a doctor referring a patient to a certified doctor that that doctor has a standard level of knowledge on applying the technic. It imbues confidence for the doctor and patient for their good health care by competent physicians.


A l’heure actuelle, il y a environ 1500 praticiens certifiés dans le monde. Il y a une liste sur le site suivant : www.coxtechnic.com/referrals.html. Ces Chiropraticiens ont fait un effort pour venir compléter un programme de certification et passer un examen à l'Université Nationale des Sciences de la Santé (NCC, Chicago) afin d'affirmer leur compétence dans l'emploi de cette procédure. 36 heures de cours sont nécessaires à l'étude des mécanismes et du diagnostic des différentes pathologies vertébrales, ainsi que les techniques de soin, et sont obligatoires avant de passer l'examen. Cet enseignement se fait sur deux week-ends de 18 heures chacun. Le premier week-end s'effectue chez moi à Fort Wayne en Indiana, où je présente 15 à 20 patients atteints de pathologies, comme des hernies discales, des sténoses vertébrales, des myélopathies, des atteintes discales dégénératives, des anomalies transitionnelles, des spondylolisthésis, des scolioses et d'autres pathologies comme l'hyperostose diffuse idiopathique, des tumeurs, la maladie de Scheurmann et bien d'autres. Cette première partie correspond à l'étude d'un livre dans un environnement clinique. Beaucoup de Chiropraticiens disent qu'il s'agit d'un des meilleurs séminaires qu'ils ont effectué, et certains ont affirmé avoir encore plus appris au cours de cette formation pratique qu'ils n'ont jamais faite tout au long de leurs études. La seconde partie se passe à l'Université Nationale des Sciences de la Santé ou des enseignants spécialisés en flexion-distraction entraînent des élèves à cette technique 50 % de leur temps.
Cette formation « diplômante » assure aux praticiens et aux patients un niveau d'éducation standard et correct dans l’application de cette procédure de soin. Ceci est à la base d'un rapport de confiance entre Chiropraticiens et patients dans le cadre de la prise en charge de leur santé, entre des mains compétentes.

15 Pourrait-on dire que votre travail ne consiste pas en une simple description d’une technique de soin, mais plutôt d’une approche globale biomécanique, pathologique, et psychologique du mal de dos ?
Could we say that your work do not consist in a description of a method of treatment but rather in a comprehensive approach of biomechanics, neurophysiology, pathology, and psychological aspects of back troubles ?


My work is not just a technic application. It is the entire understanding of the mechanism, diagnosis and treatment of back pain. My textbook covers the biomechanics of the lumbar spine, namely the triple joint complex and affects of degenerative disease on this complex. The neurophysiology of both compressive and chemical radiculitis of the dorsal root ganglion and nerve roots must be understood for comprehension of radiculopathy. Chiropractors must be able to diagnose pathologies that are a contradiction to my procedures and diagnose conditions that are best treated with my procedures. Then the proper treatment is instituted. My textbook is a complete treatise on the mechanism, diagnosis, and treatment of low back pain. In fact that is the name of the textbook. I also have a new textbook coming out this year on the Cervical Spine which is the same as the textbook on low back pain.

Yes, each patient coming for care brings with him/her a history of spine abuse be it from activities of daily living to auto accidents to work related stresses. As physicians, we chiropractors must understand the biomechanics of the spine, recognize the symptoms of various etiologies of back pain, make proper diagnoses, and incorporate the correct treatment. It is also germane to state that many back conditions are not cured but controlled. After a patient has a disc degeneration or is born with a congenital anomaly, he/she will always have a spinal limitation. Through back school we teach patients to limit they ergonomic life to prevent back pain. Patients must attend back wellness school to fully understand their condition and its requirement of both the doctor and patient to acquire maximum relief.


Mon travail n'est pas simplement l'application d'une technique. Il s'agit d'une compréhension globale du mécanisme, du diagnostic et du traitement du mal de dos. Mon livre couvre la biomécanique de la colonne lombaire, ainsi que les effets du processus dégénératif sur le complexe intervertébral. La neurophysiologie de la compression radiculaire, l'inflammation des racines et du ganglion spinal doivent être compris pour étudier les radiculopathies. Les Chiropraticiens doivent être capables de diagnostiquer les pathologies qui contre-indiquent mes traitements, et à l'inverse, diagnostiquer les atteintes qui répondent bien à cette procédure. À partir de là, un traitement adapté peut être mis en place. En fait, mon livre est un traité complet du mécanisme du diagnostic et du traitement du mal de dos. C'est en fait le nom du livre. Je ne vais pas tarder à publier un autre livre durant l'année en cours sur les désordres cervicaux, analogue à celui sur les lombaires.

Oui, chaque patient qui vient pour se faire traiter apporte avec lui/elle une historique où la colonne vertébrale a pu être traumatisée à travers les activités de la vie quotidienne, un accident de la route ou un stress physique au travail. En tant que Chiropraticiens, nous devons comprendre la biomécanique de la colonne vertébrale, reconnaître les divers symptômes de pathologies diverses, faire un diagnostic spécifique, et mettre en place le traitement adapté. Rappelons tout de même, qu'un bon nombre d'atteintes vertébrales ne sont pas toujours soignées, mais contrôlées. Après qu'un patient ait été atteint par un processus discal dégénératif ou soit né avec une anomalie congénitale, elles/ils auront toujours une limitation vertébrale. À travers l'école du dos, nous apprenons à nos patients à bouger de manière ergonomique, de telle façon à prévenir le mal de dos. Il est important que les patients suivent cette école du dos, pour comprendre quelle est leur atteinte, et les conditions nécessaires pour que le praticien et le patient obtiennent un soulagement maximum.

Fin de la partie I.

La seconde partie sera plus technique. Elle permettra de rentrer dans le détail et de comprendre quelle est la démarche diagnostique de ce chercheur et clinicien. Nous insisterons en particulier sur l'intérêt de la flexion distraction sur la pathologies discale. Il nous donnera son avis sur tous les autres outils thérapeutiques utilisés dans la pathologie vertébrale commune, que ce soient les manipulations vertébrales, les exercices thérapeutiques, les injections cortisoniques et autres traitements.