SOFEC

Société Scientifique dédiée à la Chiropraxie,
aux thérapies manuelles et aux traitements conservateurs de la colonne vertébrale et des articulations periphériques.

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Scott Haldeman, DC, PhD, MD, Chef de Service de Neurologie à l’Université d'Irvine en Californie, USA

08-02-2004

Scott HALDEMAN est Docteur en Chiropratique,
Docteur en Médecine et Neurologue,
Docteur es Science en Neurophysiologie,
Chef de Service de Neurologie à l’Université d'Irvine en Californie, USA.



Interview Proposed par Karl Vincent DC,
Member of the French Chiropractic Institute,
Editor of vertebre.com

In collaboration with Jean Yves Maigne, MD,
President of the French Society of Manual (Orthopaedic and Osteopathic) Medicine ( http://www.sofmmoo.com/ )
Chief of the department of physical medicine, Hotel Dieu, Paris,
International researcher.

Translation by Audrey Murphy, DC,
in charge of the research department ( http://www.ifec.net/ ),

Christophe Cordier, DC,
in charge of the clinic department (IFEC),

Cyril Fischhoff, DC
Editor of vertebre.com

Catherine Parodi, DC.


PRESENTATION

La réussite du Dr Scott Haldeman (SH) est évidente pour la plupart des cliniciens enrôlés dans le traitement des désordres spinaux, en particulier les chiropraticiens sur qui son impact est majeur, mais aussi l’ensemble des scientifiques et une partie de la classe politique concernés.
Le parcours académique de SH est à la fois brillant et original. Après l'obtention de son Doctorat en Chiropratique (Palmer college), le Dr Haldeman a obtenu un « Bachelor of Science » (Physiologie et Physique), et un « Master of Science » (Neurophysiology) à l'Université de Prétoria. Il compléta ce master par un Doctorat ès science à l'université de British Columbia. Il obtient son Doctorat en Médecine dans cette même université, une spécialité de neurologie à Irvine et gèra un poste de recherche et d’enseignement d’électrodiagnostic au centre Californien de Long beach (administration médicale des vétérans).

SH est médecin neurologue et membre du corps enseignant du « Collège Royal des Médecins Canadiens ». Il est actuellement Professeur Clinique dans le service de neurologie de l’Université d’Irvine en Californie, Professeur adjoint dans le service d’épidémiologie dans cette même université, ainsi qu’à « l’école de santé publique de los angeles » et professeur adjoint du département recherche à l’Université Californienne des Sciences de la Santé.
SH a travaillé de manière très étroite avec « l'International Chiropractors Association » (ICA), « l'American Chiropractic Association » (ACA), la » Canadian Chiropractic Association » (CCA), et la « South African Chiropractic Association ». Il fait partie des comités de lecture des plus grands journaux indexés sur la colonne vertébrale en particulier le « Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics » (JMPT) et SPINE. SH est aussi membre de « l’Australian Chiropractic Association », du « Journal of the Canadian Chiropractic Association », du « International Chiropractors Association Technical Publication, du Back Pain Monitor ».

Il n'y a que très peu de personnes qui peuvent se prévaloir d'avoir pu exercer une influence sur la profession chiropratique, comme il l'a fait. Un rapide aperçu des apports récents du Dr Haldeman à la profession suffit à convaincre :

Il a coordonné le « World Chiropractic Scientific Symposium » à l'occasion du congrès de la « World Federation of Chiropractic » à Toronto, Canada. Ce symposium a vu la présentation de 83 publications de chercheurs internationaux. Dr. Haldeman est à l'heure actuelle le président du Conseil de Recherche de la WFC. http://www.wfc.org/

Cela ne surprendra personne d'apprendre que SH a été un des chiropraticiens sélectionnés pour figurer dans le comité multidisciplinaire pour la réalisation de l'étude de la RAND corporation. Cette étude est un des points de départ dans l'élaboration de directives pour la profession manipulative outre atlantique.

SH a été invité à la télévision nationale le soir du 24 juillet 1991 dans le cadre d'une émission à grande écoute “CBS News Nightwatch”. Cette émission fut proposée aux téléspectateurs après la publication des résultats de l'étude de la Rand Corporation, le Dr Haldeman y présenta la chiropratique de manière intelligente et irréprochable et a su captiver l'attention d'un public large et varié.

SH est un des deux Docteurs en Chiropractie a figuré dans le comité de « l'Agency for Health Care Policy and Research's » (AHCPR). Sa présence parmi les 21 experts de la santé, garantie à notre profession qu'elle sera bien représentée.

Un des évènements majeurs dans l'histoire de la chiropratique est probablement la conférence tenue au « Mercy Center Conference », du 25 au 30 janvier 1992, en vue d'établir des directives pour garantir la qualité des soins et les standards de pratique . SH qui a présidé cette conférence, figurait également parmi 4 des 15 pannels de chiropraticiens engagés dans la rédaction de différentes directives en matière de santé. SH a apporté à cette conférence l'expérience d'un homme qui a également été membre d'autres comités d'experts pour la rédaction de normes de qualité pour d'autres disciplines de santé.

Récemment, SH a été sollicité pour devenir président de la « Bone and Joint Task Force » sur les désordre cervicaux (et autres) pour la période 2000-2010. Cette tâche consiste en un jury scientifique pluridisciplinaire dont le but est une revue de la littérature, de conduire des études épidémiologiques, des facteurs de risques et de diagnostique dans les cadre des cervicalgies ainsi que de développer des recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge de ce désordre.

En 1986, le Dr Scott Haldeman et un médecin francais, Francois Lecorre, publièrent un “Que sais-je ayant pour titre “La chiropraxie”. Dans la conclusion ils écrivirent que les manipulations vertébrales constituaient la pierre angulaire qui a assuré l'existence de la profession chiropratique. Depuis cette période, la profession a énormément évolué tant en matière de recherche que d'éducation, et c'est pourquoi nous sommes extrêmement fiers de vous présenter le Dr Scott Haldeman, avec qui nous aborderons les principales avancées dans la profession chiropratique.


Dr. Haldeman's accomplishments are evident to most clinicians who treat patients with spinal disorders, especially chiropractors where he has had significant impact on both the scientific and political development of the profession .

Dr. Haldeman's educational background is intriguing as it is exhaustive. After becoming a D.C. from Palmer College, Dr. Haldeman received a B.Sc. (physiology and physics) and a M.Sc. (neurophysiology) from the University of Pretoria; his medical degree and his Ph.D. (neurophysiology) were completed at the University of British Columbia, Canada. He completed his residency in Neurology at the University of California at Irvine and a Fellowship in Electrodiagnosis at the Long Beach Veterans Administration Medical Centre in California.

Dr Haldeman is a board certified specialist in the field of neurology and a fellow of the Royal College of Physicians of Canada. He holds the academic positions of Clinical Professor in the Department of Neurology, University of California, Irvine, Adjunct Professor in the Department of Epidemiology, University of California, Los Angeles School of Public Health and Adjunct Professor in the Research Department, Southern California University of Health Sciences.
Dr. Haldeman has worked extensively with the International Chiropractors Association (ICA), the American Chiropractic Association (ACA), the Canadian Chiropractic Association (CCA), and the South African Chiropractors Association. He is Section Editor for Non-Surgical Care for “The Spine Journal” and sits on the editorial boards of the “Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics (JMPT)”, the “Journal of the Australian Chiropractic Association”, the “Journal of the Canadian Chiropractic Association”, “The Back Letter”, and “Spine”.

Few people have influenced the chiropractic profession to the degree that he has.
A look at some of Dr. Haldeman's recent contributions will convince :

·He has coordinated the World Chiropractic Scientific Symposia for the World Federation of Chiropractic's (WFC) meetings over the past ten years including the conference in Toronto, Tokyo, Washington, Paris and Orlando. These symposia are attended by an international contingent of prominent researchers and clinician scientists presenting over 80 scientific peer reviewed papers. Dr. Haldeman is the chairman of the Research Council for the WFC.

·It shouldn't suprise anyone that Dr. Haldeman was one of the members of the profession who participated on the multidisciplinary panel that was an important part of the widely publicized RAND consensus panel on the indications for manipulation in low back pain. This marked the profession's early stages in the development of chiropractic guidelines.

·Dr. Haldeman appeared on national TV on the evening of July 24, 1991. The program in question was "CBS News Nightwatch" ,and as a media exposure event ,it ranked very highly .This opportunity for chiropractic was just one of the outcomes of the RAND project ,where Dr. Haldeman's presence on "Nightwatch" provided chiropractic with an intelligent and cogent spokesman who brought insight and understanding of chiropractic to a broad spectrum of viewers.

·Dr. Haldeman was one of just two DCs who were included on the federally funded Agency for Health Care Policy and Research's (AHCPR) panel on Acute Low Back Pain in Adults. His involvement among the 21 health care experts helped to ensure that chiropractic's voice was be heard on this landmark panel.

·Perhaps the most important chiropractic event was the Mercy Centre Conference (January 25-30, 1992) to develop Guidelines for Quality Assurance and Standards of Practice for the chiropractic profession. Dr. Haldeman was chairman of this event was also a member of four of the 15 panels of chiropractic "pioneers" involved in the development of the quality assurance guidelines. Dr. Haldeman's presence brought to the conference the experience of a man who has been a member of guideline setting panels for other health care disciplines

·Recently Dr. Haldeman has been asked to be president of The Bone and Joint 2000-2010 Task Force on Neck Pain and Its Associated Disorders. This Task Force consists of an international, multidisciplinary panel of scientists with a five year mandate to review the scientific literature and conduct original research on the epidemiology, risk factors, diagnosis and treatment of neck pain and to develop guidelines to manage patients with these symptoms.

·Dr. Haldeman is past president of the North American Spine Society and current president of the American Back Society where he has again encouraged interprofessional coorperation.

In 1986, Dr Scott Haldeman and a French Medical Doctor, François Le Corre, published in “Que sais-je” edition a book called : La chiropraxie. In the conclusion they stipulate that spinal manipulation was the 'primary force' that assured the survival of the Chiropractic profession.. Since this period the profession has evolved to the point where major developments have occurred in research and education, and therefore it is at this point we are extremely proud to present Dr Scott Haldeman, with whom we are going to present the actual advances within the Chiropractic profession.


L'interview


1 Vous êtes Docteur en Chiropratique. Votre père l’était aussi et fut un véritable pionnier. Il a fondé en 1952 (en Afrique du sud) la première association Chiropratique. Votre famille a t-elle tenu un rôle prépondérant dans votre vocation ?
(Chiropratique en Afrique du sud : , lire l’article N° 7 en fin d’interview) lire article N°7 à la fin de l’interview.
You are a Doctor of Chiropractic. Your father was also a veritable pioneer. He founded in 1952 (in South Africa) the first Chiropractic Association. Has your family had a major role in your choice of profession?
(Chiropractic in south Africa : , lire l’article N° 7 en fin d’interview) Read article N°7 at the end of the interview.


I have been greatly influence by my family in my choice of a career. My Grandmother, Almeda Jane Haldeman studied chiropractic in 1906 and then moved to Saskatchewan, Canada and is reported to be the first chiropractor known to practice in Canada.
My father graduated in 1926 from the Palmer College of Chiropractic in Davenport and then established a practice in Regina, Saskatchewan where he has been credited with ensuring the passage of the law that licensed chiropractors in Saskatchewan and was on the board of directors that established the Canadian Memorial Chiropractic College. He then moved to South Africa and spent considerable amount of energy advancing the chiropractic profession as president of the South African Chiropractors Association and at one time had the President of the South Africa as a patient.
I grew up in a household where the principles of chiropractic and natural approaches to health were the norm. I had my first chiropractic adjustment at age 10 days and have continued to receive chiropractic adjustments on a regular basis. My father furthermore encouraged me to study further in the field of neurophysiology in order to better understand the role of the nervous system in health.


Ma famille m'a considérablement influencé dans mon choix de carrière. Ma grand-mère, Almeda Jane Haldeman étudia la chiropratique en 1906 pour s'installer en suite à Saskatchewan au Canada. Elle fut la première chiropraticienne à pratiquer au Canada. Mon père fut diplômé en 1926 du Palmer « College of Chiropractic à Davenport », et créa un cabinet à Régina, Saskatchewan, où il participa à l'élaboration de la Loi encadrant la pratique de la chiropratique. Il fut également membre du comité des directeurs qui créa le « Canadian Memorial Chiropractic College ». Mon père s'installa ensuite en Afrique du Sud, où il dépensa une énergie considérable pour établir la profession dans ce pays, en tant que Président de la « South African Chiropractors Association » et eu l'occasion d'avoir comme patient le président de l'Afrique du Sud.
J'ai grandi dans une maison où les principes chiropratiques et l'approche naturelle de la santé étaient des normes. J'ai été ajusté pour la première fois à l'âge de 10 jours, et ai continué de recevoir des soins chiropratiques de manière régulière. Mon père m'a également encouragé à étudier d'avantage dans le champ de la neurophysiologie, pour parfaire mes connaissances sur le rôle que joue le système nerveux dans la santé.

2 Vous revenez justement d’un meeting ayant eu lieu en Afrique du sud. Concourez-vous à promouvoir la Chiropratique dans cette partie du monde ?
You have just returned from a meeting in South Africa. Are you hoping to promote Chiropractic in this part of the world ?


Chiropractic is already very far advanced in South Africa and it was an honour to be invited to address their annual meeting. There were over 200 chiropractors and students present at the meeting. There are two chiropractic colleges in South Africa both in government sponsored colleges, one at the Rand Technikon in Johannesberg and one at the Natal Technikon in Durban. Chiropractors practice under legislation that recognizes chiropractors as primary contact health care clinicians that can accept patients without referral from a medical physician. Chiropractic students obtain part of their training in hospitals and are required to complete a formal research project suitable for presentation at a meeting in order to graduate.

La chiropratique est déjà très établie en Afrique du Sud, et ce fut un honneur pour moi d'être invité pour présider leur meeting annuel. Il y eut plus de 200 chiropraticiens et étudiants présents à ce meeting. Il y a 2 principaux collèges de chiropratique en Afrique du Sud dans le cadre de 2 structures universitaires, le « Rand Technikon à Johannesburg, et le Natal Technikon à Durban ». Les Chiropraticiens pratiquent en tant que praticiens de premier contact, c'est à dire en tant que cliniciens ne nécessitant pas que le patient soit référé par un médecin. Les étudiants en chiropratique doivent au cours de leurs cursus effectué des stages hospitaliers et doivent présenter un projet de recherche validé avant la graduation.


3 Ou avez-vous effectué vos études de Chiropratique ?
Where did you train to become a Chiropractor?


My chiropractic training was at Palmer College in Davenport, Iowa and encompassed 4 academic years in the basic sciences and clinical sciences. I thoroughly enjoyed my time in Davenport where, in addition to the academic studies, I was co-captain of the rugby team and played cricket and learned to fly a private airplane.
On arriving in Canada, prior to enrolling for my Ph.D., I spent 8 months at the Canadian Memorial Chiropractic College completing additional courses in order to complete the Canadian Chiropractic National Licensing Board examination. I practiced as a chiropractor both in South Africa and in Canada.

J'ai étudié la chiropratique au Palmer Collège à Davenport, Iowa, après 4 années d'apprentissage de sciences fondamentales et cliniques. J'ai apprécié mes études à Davenport, où en plus de mes études académiques, j'ai été co-capitaine d'une équipe de rugby, ai joué au cricket et ai appris à piloter un avion privé.
En arrivant au Canada, avant d'entamer mon Doctorat en Science, j'ai passé 8 mois au « Canadian Memorial Chiropractic Collge », pour compléter ma formation afin de passer l'examen du « Canadian Chiropractic National Licensing Board ». J'ai pratiqué en tant que chiropraticien à la fois en Afrique du Sud et au Canada.


4 Vous êtes devenu, par la suite, Docteur en Médecine. Quelles ont été les motivations qui vous ont poussé à continuer un cursus universitaire déjà conséquent ?
You then became a Medical Doctor. What were the motivating factors which prompted you to pursue these studies?


The primary motivation for studying medicine was the realization that, in the 1970s, it was not possible to conduct clinical research without a medical degree. At that time it was still considered unethical for a medical physician to cooperate with chiropractors on any clinical matters. It was also evident to me that, for chiropractic to be accepted, it was essential that the effectiveness of chiropractic treatment approaches be demonstrated through properly conducted clinical trials. My specialization in neurology was a natural extension of my studies in neurophysiology and my interest in the nervous system through my training as a chiropractor.


La première motivation qui m'a conduit à faire des études de médecine, a été qu'en 1970, il était impossible de pouvoir réaliser une recherche médicale sans diplôme de Docteur en Médecine. A cette époque, il était considéré comme non-déontologique pour un médecin de coopérer avec un chiropraticien sur quelques sujets cliniques que ce soient. Il me paraissait également évident, qu'il était nécessaire pour l'acceptation de la chiropratique, de conduire de manière sérieuse des essais cliniques. Ma spécialisation en neurologie a été un prolongement naturel de mes études en neurophysiologie et de mon intérêt pour le système nerveux développé au cours de mes études de chiropratique.


5 Vos contributions dans le recherche internationale concernent particulièrement les effets neurophysiologiques des manipulations. Aviez-vous déjà dans l’idée d’étudier cet aspect du mode d’action des manipulations, avant de passer un doctorat es science en Neurophysiologie ? (lire les recherches N° 8, 9, 10, 13, 17, 22)
Your international research projects concern in particular the neurophysiological effects of manipulation. Did you already have an interest in pursuing research in this area prior to achieving your PhD in Neurophysiology ? (read researches N° 8,9,10,13,17,22)


My interest in conducting research in the field of neurophysiology started shortly after I was at Palmer College. It was evident at that time that the principles on which chiropractic was based were just theories and often appeared to be based on belief rather than on science. I therefore, immediately on graduation from Palmer, enrolled for my bachelors degree in Physics and Physiology at the University of Pretoria while practicing with my father. The South African Chiropractors Association agreed to sponsor a small research project to look at the effect of subluxation in rabbits that I further stimulated my interest. I then studied for my Masters degree with a thesis on the effect of compression on nerves. My Ph.D. at the University of British Columbia was based on a study of synaptic transmission within the sensory nervous system through the spinal cord to the thalamus and to the cortex.

L'intérêt pour conduire des recherches dans le domaine neurophysiologique a commencé très tôt lorsque j'étais au Palmer Collège. Il était évident à cette époque que les principes chiropratiques reposaient plus sur des croyances que sur des faits scientifiquement validés. Pour cette raison, je me suis immédiatement inscrit en Licence de Physique et Physiologie à l'Université de Pretoria, pendant que je pratiquais avec mon père. La « South African Chiropractors Association » accepta de sponsoriser un petit projet de recherche sur les effets de la subluxation sur les lapins, qui m'intéressa à nouveau bien plus tard. ¨Pour mon Master j'ai réalisé une thèse sur les effets de la compression nerveuse. Mon Doctorat en Science à l'Université de British Colombia, a été obtenu après une étude sur la transmission synaptique sur les voies sensitives depuis la moelle épinière jusqu'au thalamus et au cortex.


6 Vous êtes l’une des rares personnalités internationales a cumuler une expérience Chiropratique, médicale et universitaire. Quel regard portez-vous, à posteriori, sur cette confrontation médico-chiropratique ?
You are one of the rare personalities to have gained experience and international respect as a chiropractor, medical doctor and academician. How do you regard this current difficulty the chiropractic community now faces due to the medico-chiropractic confrontation ?


In much of the world the difficulties between medical physicians and chiropractors is breaking down. There is a growing mutual respect and recognition of the benefits of chiropractic amongst medical physicians and of the importance of medical and surgical approaches amongst chiropractors. Chiropractors are now able to attend almost any medical or scientific meeting on the spine convened throughout the world and increasing numbers of chiropractic graduates are obtaining advanced degrees at major medical universities. There are still differences in approaches and theories but these are more often than not based on ignorance and tradition rather than logic and science.

Dans la plupart des pays du Monde, les difficultés de coopération entre médecins et chiropraticiens disparaissent. Il y a un respect mutuel grandissant et une reconnaissance des bénéfices de la chiropratique parmi les médecins, et de l'importance de l'approche médicale et chirurgicale parmi les chiropraticiens. Les chiropraticiens ont maintenant la possibilité d'assister à toutes les réunions scientifiques et médicales à travers le monde, sur la colonne vertébrale, et un nombre grandissant de diplômés de cursus chiropratique obtiennent des diplômes spécialisés dans les plus grandes universités médicales. Il y a encore une différence dans les approches et dans les théories, mais celles-ci reposent le plus souvent sur l'ignorance et la tradition plutôt que sur la science et la raison.

7 Vous avez effectué les 2 cursus universitaires. Que pensez-vous aujourd’hui du niveau de l’apprentissage Chiropratique ?
You have followed two university educations. What do you think of the level of chiropractic education/training today ?


Chiropractic education has improved considerably over the years but varies somewhat from country to country. Standards are becoming more universal with the establishment of the various national or regional Councils on Chiropractic Education that are accrediting the colleges and co-operating to establish the international standards.
There is a clear difference in emphasis between the training of chiropractors and medical physicians but the basic training in the basic sciences is very similar. Many, if not most basic science courses at chiropractic colleges are now taught by instructors with Ph.D.s. The clinical emphasis at chiropractic colleges focuses on the musculoskeletal system and especially the spine whereas medical training focuses more on systemic visceral disorders. My observation, having undertaken training in both fields is that chiropractors have considerable more training and experienced in the diagnosis and treatment of spinal disorders than family practitioners and many specialists whereas family physicians have greater ability to diagnose and treat systemic diseases. It my entire training as a medical student I had less than 20 hours of instruction that focussed on the anatomy, physiology, diagnosis and treatment of spinal disorders.

L'éducation Chiropratique a considérablement progressé depuis des années, mais peut légèrement différer de temps en temps d'un pays à un autre. Les normes d'éducation deviennent universelles avec la création des differents conseils régionaux et nationaux sur l'education chiropratique, qui accréditent les collèges, et coopèrent pour appliquer les standards internationaux.
Il y a une différence évidente concernant l'emphase mise pendant l'éducation des chiropracticiens et celle des médecins, mais l'enseignement des sciences de base est tout à fait similaire. Plusieurs, sinon la majorité des sciences de base dans les collèges chiropratiques, est enseignée par des Docteurs en Science (Ph.D.s). D'un point de vue clinique, dans un collège chiropratique, l'emphase est portée sur le système musculosquelettique, en particulier la colonne vertébrale alors que l'éducation médicale se concentre plus sur les pathologies de système. Ce que j'ai pu constater en ayant suivi les 2 formations, c'est que les chiropraticiens ont considérablement plus de formation et d'expérience dans le diagnostic et le traitement des désordres vertébraux que les médecins généralistes et de nombreux spécialistes, alors que les médecins généralistes ont une meilleure aptitude à diagnostiquer et à traiter les maladies de système. Dans tout mon cursus, en tant qu'étudiant en médecine, j'ai eu moins de 20 heures de cours dédiés à l'anatomie, la physiologie, le traitement et le diagnostic des désordres vertébraux.

8 Vous êtes aussi le promoteur d’un rapprochement de ces deux professions. Comment voyez-vous évoluer leur rapport dans l’avenir ?
You also strongly promote the bringing together of these two professions. How do you think this rapport will evolve in the future ?


The cooperation between chiropractors and medical physicians is progressing much faster than previously anticipated. In much of the world it is common to see chiropractors and medical physicians referring patients to each other and in many parts of the United States and other countries chiropractors and medical physicians often practice in the same clinic. Chiropractors now can have hospital appointments in selected hospitals and have been recently incorporated into the military and veterans administration medical services in the United States. I expect this cooperation to continue in the future.

La coopération entre chiropracticiens et médecins est en train de progresser beaucoup plus vite que prévu. Dans la plupart des pays, il est habituel de voir des chiropraticiens et des médecins se référer mutuellement des patients. Aux états-unis et ailleurs les chiropraticiens et les médecins travaillent souvent au sein des mêmes cliniques. Les chiropraticiens ont maintenant accès aux consultations hospitalières dans des hôpitaux déterminés, et ont été récemment incorporés dans les administrations militaires et des vétérans, aux Etats-Unis. J'espère que cette coopération continuera ainsi dans le futur .


9 Vous écriviez avec le Dr François Lecorre, MD (France), dans un « Que sais-je » de 1986 sur la Chiropratique, que les manipulations vertébrales représentaient « la pierre angulaire qui assurera un avenir prometteur à cette profession ». Depuis, le recherche dans ce domaine n’a cessé de s’étoffer, au point que les manipulations représentent aujourd’hui le traitement conservateur le plus étudié dans le domaine des syndromes douloureux vertébraux. Quel est le rôle de la profession chiropratique dans la recherche moderne ? (lire recherche 21)
You wrote with Dr François LECORRE, MD in a book published by "Que sais-je?" that vertebral manipulations were the basis that will insure a promising future to this profession. Since that time, research in this field has never ceased to grow, to the point that manipulations represent today the most studied conservative treatment in the field of painful vertebral syndromes. What is the role of the chiropractic profession in modern research ? (read research 21)


There are probably over 50 chiropractors with Ph.D. degrees in the basic sciences and epidemiology who are currently doing research in areas of interest to chiropractors. Chiropractic researchers have been very active in publishing scientific papers in peer reviewed journals over the past two decades and have taken a significant role in the study of spinal disorders and in particular, chiropractic adjustments and spinal manipulation. Chiropractic scientists have joined the faculties of numerous universities and have participated in basic science, biomechanical and clinical controlled trials of treatment. There is a growing research presence at numerous chiropractic colleges and institutions some of which, such as the Palmer University, Canadian Memorial Chiropractic College, North Western College of Chiropractic and the New York Chiropractic College, have been the recipients of millions of dollars of both governmental and private research grants. Chiropractic scientists have participated in such scientific projects as the Cochrane Collaboration. It is increasingly common to see papers presented by chiropractic researchers at such meetings as the International Society for the Study of the Lumbar Spine, the North American Spine Society and the American Public Health Association.

Il y a actuellement plus de 50 chiropraticiens détenteurs d'un Ph.D en science de base et en épidémiologie qui travaillent sur ces sujets de recherche intéressant les chiropraticiens. Les chercheurs chiropraticiens ont été très prolifiques en publications dans des journaux scientifiques indexés au cours de ces 2 dernières décennies, et ont joué un rôle prépondérant dans l'étude des désordres vertébraux et en particulier dans l'étude des ajustements vertébraux chiropratiques et des manipulations. Ces chercheurs ont rejoint actuellement un certain nombre d’université et participent aux recherche dans les sciences de base, la biomécanique et le contrôle clinique des traitements. La recherche est grandissante dans bon nombre d’institutions Chiropratiques, en particulier au collège de Palmer, au Mémorial (Canada), au Western (USA), au collège de New York. Ceux-ci reçoivent des aides gouvernementales et privées. Les chercheurs Chiropraticiens participent aux grands projets de recherche comme la « Collaboration Cochrane ». Il est courant aujourd’hui de voir des chiropraticiens proposer leurs papiers de recherche dans des meetings prestigieux tels que l’ « International Society for the Study of the Lumbar Spine, the North American Spine Society et l’American Public Health Association ».

10 Concernant le futur de la chiropratique vous expliquez que les années à venir détermineront soit son maintien en tant que profession alternative, soit une intégration progressive dans les sciences médicales. Quels sont, selon vous, les principaux enjeux auxquels la chiropratique devra faire face ?
(Lisez ce texte sur vertebre.com)
Regarding the future of chiropractic, you explain that the next decade should determine whether chiropractic maintains itself as an alternative health care profession or becomes fully integrated into the health care system. What are the main issues in the coming battle that chiropractic will have to face ? (see research N°4)
( http://www.annals.org/cgi/content/full/136/3/216 )


The future role that chiropractors play in the health care delivery system will depend primarily on decisions made by the chiropractic profession and individual chiropractic practitioners. The battles that chiropractors will face in most countries are now more internal within the profession than battles with medical organizations. It is only in a few countries that have not recognized chiropractic through legislation that there is an ongoing battle with the medical professional organizations that still hope to control the delivery of health care without having to consider the interests of other health care clinicians. If trends are any indication, it is probable that these attempts will fail and chiropractic recognition will continue throughout the world. It will then be up to the chiropractic profession to decide whether the profession will assume the role of an alternative health care profession or fully integrate within the health care system. It may be that chiropractors assume some combination of these two roles.

Le rôle futur des chiropraticiens dans le système de santé dépendra des décisions que prendra la profession chiropratique et les praticiens eux mêmes. Les batailles auxquelles feront face les chiropraticiens dans la plupart des pays seront plus d'ordre interne à la profession que contre des organisations médicales. C'est seulement dans les quelques pays où les chiropraticiens n'ont pas de statut légal, que se livrent des batailles contre des organisations professionnelles médicales qui tentent de maintenir un monopole sur la délivrance des soins de premiers contact, en faisant fis des autres cliniciens. Si la tendance actuelle se maintient, il est probable que ces tentatives de garder un monopole échoueront, et que le processus de législation sur la chiropratique continuera dans le reste du monde. Il appartiendra alors à la profession chiropratique de décider si elle veut assumer un rôle de profession alternative ou si elle veut s'intégrer complètement dans le système de soins. Il est possible que les chiropraticiens assument un combinaison des 2 rôles.


11 Une étude récente des Chiropraticiens Suisse montre une réelle contradiction sur son évolution future. D’un côté, cette profession se définit comme une approche naturelle, et de l’autre, il existe une majorité forte de chiropraticiens (76%) qui souhaite une extension de leur possibilité de prescription médicamenteuse. Pensez-vous que la profession devra à l’avenir se positionner par rapport à cette possibilité ?
(référence : The multiple facets of the swiss chiropractic profession, J. Robert, European Journal of chiropractic, 2003, 50, 199-210 ; lisez cette étude sur vertebre.com)
A recent study of the Swiss chiropractic profession shows that the question of drugs constitutes a real issue. There is a fundamental contradiction between chiropractic defined as a drugless system and the fact that a majority of Swiss chiropractors expressed their wishes for an extension of the privilege to drug prescription. Don’t you think that the chiropractic profession will have to establish its position concerning this possibility ?
(reference : The multiple facets of the swiss chiropractic profession, J. Robert, European Journal of chiropractic, 2003, 50, 199-210)


The scope of practice of chiropractors has always been a source of controversy and debate within the profession. Some of the most serious debates within the profession have been on this issue and have often reached the point where different organizations have taken different positions on scope of practice. I anticipate that this debate will continue and the issue of whether or not chiropractors should prescribe or recommend anti-inflammatory drugs will be part of this discussion. There is an upcoming conference by the World Federation of Chiropractic that will debate the identity that chiropractors wish to accept. There is no easy answer to this question and I anticipate the debate to continue. My primary concern is that chiropractors not attempt to become medical physicians. This would be a duplication of services that is not necessary or likely to benefit the profession. It is the reliance on manual skills and an emphasis on natural and preventative health care approaches that has served chiropractors very well and is the reason patients continue to demand chiropractic services.

Le champ d'application de la chiropratique a été toujours une source de controverse et de débat au sein de la profession. Les débats les plus sérieux au sein de la profession se sont tenus sur ce thème, et ont souvent conclu au maintien de positions différentes selon les organisations. Je prévois que ce débat persistera à savoir si les chiropraticiens doivent prescrire ou pas des anti-inflammatoires.Il ya une conférence à venir à la fédération mondiale de chiropratique qui devra débattre à propos de l'identité que les chiropraticiens accepteront. Il n'est pas facile de répondre à cette question. Ma première préoccupation est que les chiropraticiens ne tentent pas de devenir des médecins, ceci serait une répétition de l'offre de service et n'a aucun intérêt. C'est la confiance dans le niveau de l'acte manipulatif, et l'emphase portée sur des soins naturels et de prévention qui ont permis à la chiropratique de se développer, et qui continuent d'être plébiscités par les patients.

12 Nous pouvons constater que la Chiropratique a fait des progrès dans tous les domaines, avec des standards d’éducation de haut niveau, une recherche de pointe etc… Mais il faut continuer à progresser. Vous insistez sur la nécessité d’élargir les moyens thérapeutiques en plus des manipulations vertébrales. Selon vous, l’erreur serait de ne pas intégrer tous les moyens thérapeutiques à notre disposition ce qui nous réduirait à un statut de simple prestataire d’un mode thérapeutique.
Comment doit s’orienter, selon vous, cette diversification thérapeutique ?
We can notice that chiropractic has made big progress in education, research etc. But we have to carry on. You insist on the fact that the prudent chiropractor should keep up to date with the research on this topic, and ensure that patients are managed using all tools within the scope of practice and not simply spinal adjustments. Failure to integrate this whole range of possibilities would place chiropractic of becoming a simple provider of a treatment method.
According to you, what are the tools of this therapeutic diversification ?


I believe that one of the strengths of chiropractic has been its emphasis on the natural ability of the body to heal itself. If one follows this logic then the scope of practice should at least include such issues as proper diet, avoidance of smoking and other unhealthy lifestyles, encouraging exercise and maintaining psychological stability. The importance of exercise in the management of spinal disorders is becoming increasingly evident in recent research and such issues as avoiding stress and patient education are likely to become even more important. These principles have been part of the teachings of the profession for most of its existence but sometimes are ignored by practicing chiropractors. The primary treatment modality offered by chiropractors, however, is the adjustment or spinal manipulation. So far there is no evidence that one method of manipulation or adjustment is more successful than any other. It would appear therefore that it would be prudent for chiropractors to have as many manipulative skills as possible. I have always encouraged chiropractors to study all adjusting methods and attempt to use each technique when they appear appropriate. I have studied at least a dozen chiropractic technique systems myself as well as studying the techniques of numerous osteopathic physicians and medical authorities of manipulation such as John Mennel, James Cyriax and Robert Maigne.

Je crois qu'une des forces de la chiropratique a été de porter l'emphase sur les possibilités de récupération naturelle du corps. Si on s'inscrit dans cette logique, alors le champ d'application devrait au moins inclure des moyens aussi divers que des conseils nutritionnels, d'hygiène de vie (arrêt du tabac ..), encourager au maintien d'une bonne condition physique (exercices) et mentale. L'importance de l'exercice dans la prise en charge des désordres vertébraux apparaît de plus en plus évidente dans les dernières recherches, à l'instar du maintien d'une bonne hygiène de vie (moins de stress, éducation du patient ...). Ces principes ont toujours été enseignés depuis les débuts de la chiropratique, mais sont quelques fois ignorés par les chiropraticiens eux-mêmes. La principale forme de soins délivrée par les chiropraticiens est cependant l'ajustement ou manipulation vertébrale. Il n'y a jusqu'à aujourd'hui aucune preuve qu'une méthode de manipulation ou d'ajustement est plus efficace qu'une autre. Mais il semble plus judicieux pour les chiropraticiens de disposer de plus large pannel de manipulations possible. J'ai toujours encouragé les chiropraticiens à apprendre toutes les méthodes d'ajustement et d' utiliser chacune d'elles lorsqu'elles leurs semblent appropriées. J'ai étudié au moins une douzaine de protocoles chiropratiques différents, ainsi que les techniques de nombreux praticiens ostéopathes et de nombreux noms de la médecine manuelle comme John Mennel, James Cyriax et Robert Maigne.


13 Nous sommes en France dans une période historique pour notre profession, puisqu’un processus de reconnaissance est en cours. Etiez-vous au courant de ces évolutions ?
We in France are experiencing an historic period for our profession, since the recognition process has been going on. Are you aware of these changes?


I try to keep abreast, as much as is possible, on the developments within chiropractic throughout the world. I understand that the debate on the recognition of chiropractic has continued in France for many years and that it is only in the past few years that there has been growing cooperation and discussion between medical physicians and chiropractors concerning the status of chiropractic. My expectation is that France will eventually follow the rest of the world in recognizing chiropractic as an independent health care profession and establish legislation that will ensure the highest quality of education and practice. Without legislation and regulation it is not possible to protect the public and ensure high levels of chiropractic practice.

J'essaie de rester informé le plus possible sur le développement de la profession chiropratique dans le monde. Je sais que le débat sur la reconnaissance de la chiropratique s'est tenu depuis plusieurs années en France, et que ce n'est que depuis quelques années qu'il y a eu une coopération grandissante et une discussion entre médecins et chiropraticiens sur le statut de la chiropratique. Ce que j'espère c'est que la France va s'aligner sur le reste du Monde, en reconnaissant la chiropratique comme une profession de santé indépendante et établir une législation qui garantisse les plus hauts niveaux d'éducation et de pratique. Sans législation et régulation il n'est pas possible de protéger le public et de garantir des standards de pratiques élevés.


14 La situation Française est difficile. Il existe en effet d’un côté :
- des médecins et majoritairement des kinésithérapeutes (3000) exerçant l’ostéopathie sur des bases d’enseignements complémentaires très diverses (ils sont de loin les plus nombreux),
- et de l’autre un petit nombre de Chiropraticiens (400) formés dans des écoles agréées, dont l’école Française (IFEC), reconnue sur les bases des recommandations internationales (ECCE et CCE). Le risque est celui de se voir imposer un statut de profession paramédicale.
Pensez-vous qu’un Chiropraticien puisse travailler sous prescription ?
The French situation is difficult. There are on one side:
- the medical doctors and the majority of physical therapist (3000) exercising osteopathy as the basis of their very diverse training in complementary medicine(these are by far the most numerous).
- And, on the other side, a small number of chiropractors (400) have formed accredited schools, where the French school (IFEC), has been recognized on the basis of international recommendation (ECCE and CCE). The risk which exists now is that of having the status of « paramedical profession » being imposed upon us.
Do you think that Chiropractors should work under « prescription » or medical doctor referral ?


Chiropractors, in virtually all settings where there is formal recognition, have been given the privilege of an independent primary contact profession. No reasonable argument has ever been made to suggest that chiropractors should work under prescription or supervision. Patients have always appreciated the ability to be able to seek the care of a chiropractor without having to see their medical physician first. It often takes a considerable period of time to get an appointment with a family physician that tends to delay a patient’s chiropractic treatment. Furthermore there is an extra charge for the family physician visit that unnecessarily increases the cost of care. Recent research that has looked at the skills of chiropractors and family physicians in assessing spinal x-rays and the ability to examining the spine have demonstrated that chiropractors are more skilled at examining the musculoskeletal system than family physicians. Furthermore there has never been any study that suggests that chiropractors are not able to screen their patients for risks of disorders that are beyond their scope of practice and then make an appropriate referral. This is especially true in settings where the medical profession allows the close cooperation between chiropractors and medical physicians.

Les chiropraticiens, quelque soit la configuration dans laquelle ils sont reconnus, ont toujours eu le statut de profession indépendante de premier contact. Aucun argument raisonnable n'a été à ce jour émis, suggérant que les chiropraticiens devraient travailler sous prescription ou supervision. Les patients ont toujours apprécié de pouvoir consulter un chiropraticien sans la nécessité de consulter leur médecin au préalable. Cela demande souvent trop de temps pour obtenir un rendez-vous avec son médecin de famille, et retarderait considérablement le traitement chiropratique. D'autre part il y aurait une dépense d'argent inutile à consulter un médecin au préalable. Des études récentes se sont intéressées au niveau d'interprétation radiologique des chiropraticiens et des médecins, et à leur capacité à examiner une colonne vertébrale, et ont démontré que les chiropraticiens sont plus compétents que les médecins dans l'examen du système musculosquelettique. D'autre part il n'y a jamais eu d'étude qui suggèrent que les chiropraticiens n'aient pas le niveau de diagnostiquer les pathologies et d'évaluer les risques inhérents à leur pratique, pour référer vers le bon spécialiste. Ceci se révèle d'autant plus vrai que la profession médicale permet une coopération étroite entre chiropraticiens et médecins.

15 Pourriez- vous nous rappeler quel est le statut du Chiropraticien dans le monde ?
Can you enlighten us as to the status of Chiropractic Internationally ?


Chiropractic is gaining recognition as an independent profession throughout the world. There are now over 80 countries that send delegates to the World Federation of Chiropractic meetings. There is legislation protecting the practice of chiropractic and establishing standards of practice to protect patients in countries in every province in Canada and every state in the USA. New Zealand, Australia, South Africa and Zimbabwe have long regulated the practice of chiropractic. In Europe most of the Scandinavian countries, Great Britain and Belgium amongst others now have legislation and legislation is being considered in South America and the remaining countries of Europe. Legislation has passed in Hong Kong and is being considered in Asian Nations such as Japan and Korea.
In most countries outside of the United States chiropractic education is being incorporated into established government sponsored universities and colleges. There are now more chiropractic educational institutions outside of the United States than there are within the US. Government sponsored colleges are now turning out chiropractic doctors in countries such as Australia, South Africa, Great Britain, Denmark, Mexico and Brazil.

La Chiropratique acquière une reconnaissance en tant que profession indépendante dans le monde entier. Il y a actuellement plus de 80 nations qui envoient des délégués aux meeting de la « Fédération Mondiale de chiropratique » ( http://www.wfc.org/ ) . Il existe des législations protégeant la pratique chiropratique et des standards de soins protégeant les patients dans toutes les provinces du Canada et les états d’Amérique. La nouvelle Zélande, l’Australie, l’Afrique du Sud, et le Zimbabwe ont régulé la profession depuis longtemps. En Europe la plupart des pays Scandinaves, la Grande Bretagne, la Belgique et d’autres encore ont légiféré en ce sens. Une législation est en cours en Amérique du Sud et dans le reste des pays Européens. Une législation récente a eu lieu à Hong Kong et est envisagée en Asie, au Japon et en Corée.
Dans la majorité des pays en dehors des Etats Unis, l’enseignement fait partie intégrante dans des collèges et Universités d’état. Aujourd’hui, il y a plus d’institutions d’enseignement Chiropratique dans le reste du monde qu’aux USA. Des collèges sous parrainages gouvernementaux forment actuellement des chiropraticiens dans les pays tels que l’Australie, l’Amérique du Sud, la Grande Bretagne, le Danemark, le Mexique et le Brésil.

16 Vous avez participé en mai 2002 au congrès mondial de la Chiropratique à Paris. Quels sont les points principaux que vous avez retenus ?
You have participated in the Chiropractic World Congress in May 2002 in Paris. What were the main points you came away with from the congress ?


The Chiropractic World Congress in Paris in 2002 was one of the more successful meetings to be convened by the World Federation of Chiropractic. The goal of the Paris meeting as well as other WFC meetings was to provide a forum to present inter-professional discussion on issues related to the spine and nervous system and for scientists within the field of chiropractic to present the results of their research. There were over 100 scientific abstracts submitted to the scientific committee for peer review and many of the speakers had medical degrees and Ph.D.s in the basic science.

Le congrès Mondial de Chiropratique à Paris en 2002 fut l’un des meetings les plus réussis, organisé par la « Fédération Mondiale de Chiropratique » (WFC). Le but des congrès de la WFC, particulièrement celui de Paris, était de présenter un forum de discussion inter-professionnel à propos de la colonne vertébrale et du système nerveux, et pour les scientifiques, de montrer les résultats de la recherche chiropratique dans ce domaine. Il y eut plus de 100 résumés scientifiques soumis au comité de recherche pour une revue et bon nombre de conférenciers possédaient des diplômes médicaux ou des Doctorats dans les sciences de bases.

17 Lors de cette réunion, vous rappelez le caractère pandémique des atteintes vertébrales (lombalgies, cervicalgies et les maux de tête). Dans son livre « The back pain Revolution » WADDELL insiste sur le caractère psychosocial de ces pathologies. Que pensez-vous de son approche ?
During this conference, you have recalled the universal nature of back pain, neck pain and headaches. In his book “the back pain revolution”, WADDELL insists on the psychosocial factors in those conditions. What do you think of his approach ?


There is no question that psychosocial factors are important in the prediction of disability in patients with spinal pain. There is extensive research that confirms this point that is difficult to ignore. It is not, however, possible to ignore the pathological processes that are associated with back and neck pain. This has made the field of spinal pain much more interesting than other fields of healthcare but has also led to a great deal of ignorance and misunderstanding amongst both health care providers and patients. Increasingly the term “bio-psychosocial” is being used in an attempt to reconcile these two concepts.

Il ne fait aucun doute que les facteurs psychosociaux sont importants dans la prédiction des incapacités pour les patients atteints de douleurs vertébrales. La recherche est si importante dans ce domaine qu’il est difficile de les méconnaître. En retour, il est inconcevable d’ignorer les processus pathologiques associés à ces souffrances. C’est la particularité et l’intérêt de l’étude des syndromes douloureux vertébraux qui les rendent bien plus intéressants que d’autres domaines de santé. En revanche, cet aspect du problème a laissé le champ à l’ignorance et l’incompréhension chez les patriciens de santé et les patients. Le terme de « bio-psychosocial » est de plus en plus employé dans le but de réconcilier ces 2 concepts.

18 La douleur chronique, telle que décrite par WADDELL, semble liée principalement à des facteurs psychosociaux. Ne pensez-vous pas que cette approche risque de donner au mal de dos une connotation uniquement psychologique ?
Don’t you think that WADDELL's approach mainly gives a psychological connotation to chronic back pain ?


Gordon Waddell is one of the most respected and knowledgeable scientists in the spine world. He has not in my experience ever suggested that chronic back pain is a psychological disorder. What is evident, however, is that chronic pain is associated with psychological symptoms such as anxiety and depression and results in significant social consequences. The pathological component of chronic back pain cannot be ignored but many patients with severe pathology appear to function at a high level while others with minimal pathology appear to be severely disabled. This discrepancy appears to be, in part, due to a number of psychosocial factors that have been identified and addressed by Dr. Waddell.

Gordon Waddell est l’un des scientifiques les plus respectés et des plus pertinents du « monde vertébral ». Selon mon expérience, il n’a jamais suggéré que le mal de dos est un désordre psychologique. Par contre, il est évident que la douleur chronique est associée à des symptômes psychologiques comme l’anxiété et la dépression aux conséquences sociales considérables. La composante pathologique des douleurs vertébrales chroniques ne peut être ignorée bien que certains patients avec des atteintes vertébrales sévères ont peu d’incapacité alors que d’autres avec des atteintes mineures sont plus lourdement handicapés dans leur vie quotidienne. Cette divergence semble être due, en partie, aux facteurs psychosociaux identifiés et formulés par le Dr Waddell.

19 Vous avez insisté pendant votre conférence sur l’importance de ces facteurs psychosociaux et de leur rôle dans les incapacités associées à ces conditions. Vous notez que le modèle médical classique (consistant à rattacher une cause à un symptôme) reste insuffisant et n’apporte pas de solution appropriée à ce type de souffrance, notamment dans les cas de douleurs chroniques. Quel est donc le modèle que la Chiropratique puisse proposer pour répondre à ce type de souffrance ?
During the conference you said that recent studies have shown that psychosocial factors play a large role in the degree of disability associated with these conditions and that search for an aetiology based on a pure medical pathology model has failed to provide a solution. Is there a model that chiropractic could propose ?


In order to reconcile the psychosocial model of back pain and the pathological model it is crucial to consider all factors when evaluating and treating patients with back pain rather than to focus on one particular theory or model. It has become increasingly important to all clinicians who treat patients with spinal pain that it is necessary to assess all factors, pathological and psychosocial, that are known to influence pain and its associated disability.

Dans le but de réconcilier le modèle psychosocial du mal de dos et le modèle pathologique, il est crucial de prendre en compte tous les facteurs lorsque l’on évalue ou l’on traite des patients atteints de mal de dos, plutôt que de se focaliser sur une théorie ou un modèle particulier. Il est primordial que tous les cliniciens qui traitent le mal de dos évaluent tous ces facteurs, à la fois pathologiques et psychosociaux, connus pour leur influence sur la douleur et les incapacités associées.

20 En France le Dr Jean Yves MAIGNE, MD, Chercheur international, propose une nouvelle approche consistant à intégrer dans le diagnostic du mal de dos, certains aspects abordés par WADDELL. Il nomme son approche « Les trois cercles de la douleur » . Voici comment ils se définissent :


Premier cercle : les douleurs provenant principalement du segment mobile. Elles se caractérisent avant tout par une logique d’organe. Si telle structure est en cause, les circonstances aggravantes ou calmantes sont celles qui, justement, mettent cette structure en contrainte ou au repos. Il existe d’autres critères : distribution cohérente de la douleur, imagerie, réponse aux traitements, qui témoignent tous de cette logique d’organe.

Deuxième cercle : les douleurs liées de près ou de loin à un dysfonctionnement des voies de la douleur dans le système nerveux central. On dit souvent de ces patients « c’est dans la tête », car leur douleur est diffuse, permanente, rebelle à tous les traitements et sans explication sur l’imagerie. Il n’y a aucune logique d’organe. Ce sont en fait des douleurs « neurologiques » (ou « neurogènes »), en ce sens qu’elles proviennent d’un trouble du système nerveux central. Elles sont bien sûr différentes d’autres douleurs neurologiques, comme par exemple les douleurs dites de déafférentation, qui n’ont rien à voir. Fibromyalgie et dépression masquée en sont les deux causes principales. Les douleurs chez les personnes anxieuses et stressées sont souvent de ce type, sans facteur vertébral bien net.

Troisième cercle : les douleurs à forte composante psychosociale. Là, ce sont les facteurs extérieurs, psychosociaux qui jouent un rôle majeur. La douleur devient surtout un trouble du comportement, dont l’un des facteurs les plus évidents est la kinésiophobie (ou peur de bouger). Il s’y associe la certitude, ancrée dans la tête du patient qu’un avenir est bouché. En très grand contraste avec cette situation, une imagerie rachidienne normale ; rien pour expliquer une telle souffrance.

Que pensez-vous de cette classification ? regroupe t’elle l’ensemble des cas cliniques auxquels les praticiens de thérapie manuelle sont confrontés ?

In France, Dr. Jean Yves MAIGNE, MD, international researcher, proposes a new approach consisting in integrating certain aspects treated by WADDEL in the diagnosis of vertebral (back) pain. He has named his approach "The 3 circles of pain". Here is how they define themselves:

First circle : pain coming mainly from a mobile segment. It is primarily characterized by a logic of organ. If a given structure is involved, the aggravating or relieving factors will be the ones which, indeed, put this structure under stress or at rest. There are other criteria : coherent distribution of pain, imaging, response to treatments which all witness this logic of organ.

Second circle : Pain more or less related to a dysfunction of pain pathways in the central nervous system. Those patients are often told "It's all in the head", because their pains are diffuse, constant and resistant to all treatments and without explanations on imaging views. There is no logic of organ. Those are in fact "neurological" (or "neurogenious"), in the sense that they originate from a dysfunction of the central nervous system. They are of course different from other neurological pains, as for example the so-called deafferentation pains, which have nothing to do with it. Fibromyalgia and masked depression are the two main causes. Pain in anxious and stressed people are often of this type, without a well-defined vertebral factor.

Third circle : pain with a strong psychosocial component. There, external, psychosocial factors play a major role. Pain mostly becomes a behaviour dysfunction and one of the most observable factor is kinesiophobia (or fear to move). It is linked with the belief, anchored in the patient's head, that there is no future. In very great contrast to this situation, spinal imaging is normal and there is no explanation for such a pain.

What do you think of this classification? Does it regroup all the clinical cases a manual therapy practitioner is exposed to ?


The model suggested by Dr Jean Yves Maigne is an excellent concept to use in an attempt to get some understanding of the complexity of spinal pain. There have been a number of models that have been used to try and integrate the psychosocial and pathological factors that influence pain and disability. Waddell has proposed a theory whereby there are 3 intersecting circles that represent pain, suffering and pain behaviour that sound very similar to the model described above by Dr Jean Yves Maigne. I have used a similar model in many of my lectures where I have 3 circles that include pathology, pain and disability. The importance of the central nervous system in the perception of pain is also getting increasing attention by neurophysiologists who are interested in pain. The exact role of each of the factors that determine the manner in which pain affects patients is not yet fully understood. The models by Dr Maigne, Dr. Waddell and others are attempts to put these theories into clinical context.

Le modèle proposé par le Dr Jean Yves Maigne est un excellent concept à utiliser dans cette tentative de compréhension de la complexité de la douleur vertébrale. Il existe un certain nombre de modèles qui ont été utilisés pour essayer d’intégrer les facteurs psychosociaux et pathologiques qui influencent la douleur et les incapacités. Waddell a proposé une théorie selon laquelle il y a 3 cercles entrecroisés représentant la douleur et les comportements anormaux liés à cette douleur qui semblent très similaires au modèle décrit par le Dr Jean Yves Maigne. J’ai utilisé un modèle identique dans la plupart des conférences où les 3 cercles inclus la pathologie, la douleur et les incapacités. L’importance du système nerveux central dans la perception de la douleur fait l’objet d’une attention particulière de la part des neurophysiologistes qui sont intéressé dans l’étude de la douleur. Le rôle exact des facteurs qui déterminent la manière dont les patients perçoivent la douleur n’est pas encore complètement élucidé. Les modèles du Dr Maigne et du Dr Waddell représentent avant tout des théories adaptées à la pratique clinique.

21 Selon le Docteur MAIGNE, c’est à l’intérieur du premier cercle que les manipulations ont leurs indications. Il précise, pour que le traitement manipulatif puisse avoir toutes les chances de succès, qu’il est important d’éliminer les douleurs liées à une inflammation (de nature arthrosique), telles les lombalgies discales inflammatoires, les syndromes des articulaires postérieures (tels que décrits par le Pr REVEL) et les douleurs sacro-iliaques. Alors, le pourcentage de réussite du traitement augmente. Vous semble t-il possible de distinguer cliniquement dans le cadre des syndromes douloureux vertébraux les douleurs mécaniques des douleurs inflammatoires (sont exclus ici les rhumatismes inflammatoires) ?
According to Dr. MAIGNE, it is inside the first circle that manipulations have their indications. He adds that for a manipulative treatment to have all chances of success, it is important to eliminate all pains related to inflammation ( of an osteoarthritic origin), such as inflammatory disc lumbalgia, posterior articular syndromes (such as described by Pr. REVEL) and sacroiliac pain. Then, the percentage of a successful treatment raises.
Is it in your view possible, in the framework of vertebral pain syndromes, to clinically differentiate mechanical pain from inflammatory pain (here are inflammatory rheumatisms excluded) ?


Most theories concerning manipulative treatments have relied upon the biomechanical impact of the manipulation on the structures of the spine. Prominent authorities on the therapeutic impact of manipulation have debated whether it is the joints, the disc, the muscles or ligaments that are impacted by the manipulative procedures. This discussion is likely to continue and it is more likely than not that there is no single biomechanical effect of the manipulation. It is likely that different methods of manipulation have different effects. This is another reason for clinicians to learn multiple techniques.

The problem with the pure biomechanical pathological theories of manipulations is that they ignore the psychological effect of laying on of hands and the interaction between practitioners of manipulation and their patients that is often much more intimate than that between medical physicians and their patients. Chiropractors, in addition, as noted above very often stress healthy lifestyle including proper diet, exercise and reduced stress. This emphasis may also have impact on the central neurological or psychosocial component of chronic pain. I therefore believe that a purely pathological model for manipulation is too simplistic and will have to be re-evaluated.

La plupart des théories sur les traitements manipulatifs s‘appuient sur l’impact biomécanique des manipulations sur les structures de la colonne vertébrale. D’éminents experts qui appuient ces théories débattent sur l’impact relatif des ces manœuvres sur les disques, les articulaires postérieures, les muscles ou les ligaments. Cette discussion va certainement durer mais il est plus probable que les manipulations aient de multiples effets biomécaniques. Il semble, d’ailleurs que selon le type de manipulations les effets thérapeutiques soient différents. Voilà une autre raison pour que les cliniciens apprennent des techniques variées.

La difficulté avec les théories pathologiques et biomécaniques est qu’elles font abstraction de l’effet psychologique lié au contact de la main et de l’interaction thérapeutique procurant une intimité particulière et bien plus importante entre les patients et les praticiens de thérapie manuelle qu’avec les médecins. De plus, les chiropraticiens, ainsi qu’il est noté précédemment donnent des conseils d’hygiène de vie, en particulier alimentaires, d’exercices et de réduction du stress. Cet aspect de la prise en charge peut avoir une influence sur le système nerveux central et sur les mécanismes neurologiques et la composante psychosocial de la douleur chronique. C’est la raison pour laquelle je crois qu’un modèle purement pathologique est trop simpliste et doit être réévalué.


22 Ne pensez-vous pas que les atteintes aiguës (si celles-ci ne sont pas soignées correctement) puissent représenter, au même titre que les facteurs psychosociaux, un risque de bascule vers une atteinte chronique ?
Don’t you think that acute conditions (if not treated correctly) could present, as psychosocial factors, a risk to verse into a chronic phase ?


The idea that correctly treating acute back pain will reduce the likelihood of the condition being chronic is one that has been widely adhered to with very little supporting scientific evidence. The impact of most treatment approaches including manipulation and even surgery on long term symptoms and chronicity does not appear to be very impressive and there remains insufficient research to make a strong statement on this issue. Ideally we will find out exactly which treatments are the most effective methods for short term pain relief and what treatments have long term positive effects on chronicity and recurrence of pain. So far it appears that manipulation and chiropractic care are very effective in relieving pain in both acute and chronic spinal pain syndromes. Education of patients, exercise and possibly cognitive therapy may have some effect on long term outcome. This is one reason why chiropractors, with their philosophical interest in these approaches may be successful in preventing chronicity. We, however, do not have sufficient data to reach firm conclusions on this issue.

L’idée selon laquelle soigner correctement des douleurs vertébrales aiguës est susceptible de minimiser un passage à la chronicité fait l’unanimité alors qu’il n’existe que très peu de preuves pouvant l’étayer. L’impact de la plupart des traitements, y compris les manipulations, voire même la chirurgie sur le long terme et sur la chronicité, n’apparaissent pas très concluant et le niveau de la recherche est insuffisant pour que l’on puisse prendre position. Dans l’absolu, nous devrons montrer avec exactitude quels sont les méthodes de traitement les plus efficaces pour un effet antalgique à court terme ou, inversement, à long terme, sur la chronicité et les douleurs récurrentes. Pour l’instant, il apparaît que les manipulations et la chiropratique sont très efficaces dans le soulagement des syndromes douloureux aigus et chroniques. L’hygiène de vie, l’exercice, et probablement les thérapies cognitives peuvent avoir une influence à long terme. C’est la raison pour laquelle, l’intérêt que portent les chiropraticiens dans ces approches en particulier psychologique représente un atout pour la prévention de la chronicité. Néanmoins rappelons que le niveau de preuve ne nous permet pas d’émettre une conclusion définitive.

23 D’autre part, pensez-vous que la chiropratique puisse jouer un rôle concernant les atteintes du 2èm cercle ( fibromyalgie, atteintes des voies de la douleur) et 3ème cercles (lombalgie chronique associée à des facteurs psychosociaux) ?
On the other hand, do you think that chiropractic can play a role regarding the 2nd circle dysfunctions (fibromyalgia, dysfunction of the pain pathways) and 3rd circle dysfunctions (chronic lumbalgia associated with psychosocial factors) ?


We again do not have sufficient information to make strong statements on any treatment for fibromyalgia. Research on this issue is still in its infancy. Current treatment approaches, with the exception of the central activating medications, fall within the prevue of chiropractors. Chiropractors are very interested in promoting exercise and educating their patients on a healthy lifestyle. Most patients with fibromyalgia are, above everything else, looking for a sympathetic, caring and knowledgeable clinician who is able to give advice while relieving their symptoms. No physician has been able to demonstrate much long term effect on the progress of fibromyalgia but hopefully further research will allow us all to manage patients with this very debilitating disorder…

Encore une fois, nous n’avons pas suffisamment d’information pour de telles déclarations et ce quelque soient les traitements de la fibromyalgie. La recherche dans ce domaine en est à ses débuts. L’approche thérapeutique actuelle, mis à part les médications à action centrale, suscite l’intérêt des chiropraticiens. Dans ces cas, les chiropraticiens préconisent à nouveau l’hygiène de vie et l’exercice. Bon nombre de patients atteints de fibromyalgie sont avant tout à la recherche de patriciens compétents, compatissants et capables de leur donner à la fois des conseils et un traitement antalgique. Aucun thérapeute ne peut démontrer des effets à long terme dans l’évolution de cette atteinte, mais espérons le, les recherches à venir nous permettront de mieux prendre en charge ce désordre déprimant.

24 Au cours de votre lecture au congrès, vous mentionnez que les résultats des traitements des souffrances vertébrales, en particulier au long cours, sont indépendants du traitement et de la spécialité du thérapeute.
Ne pensez-vous pas, que la difficulté d’établir la supériorité d’un traitement par rapport à un autre est, entre autre, liée au fait que nous ne sommes pas en mesure aujourd’hui de déterminer avec précision la structure vertébrale atteinte et la nature de cette atteinte ? Si l’on arrivait à déterminer des sous groupes homogènes, n’y aurait il pas un sous groupe répondant aux manipulations, un autre aux anti-inflammatoires, un autre à la gymnastique, etc. ?
During the conference, you mentioned that long treatment outcomes in patients with acute low back pain were similar whether they received care from primary care physicians, chiropractors or orthopaedic surgeons. The difficulty in establishing that one treatment approach is superior to any others is particularly dependant on the fact that we are not capable of determining with precision the structure of the affected vertebral structure and its nature. If we succeeded in identifying homogeneous subcomponents, don’t you think that we could find subcomponents which would respond to spinal manipulative therapy, another one to drug therapy, another one to therapeutic exercises, etc.?


This question addresses one of the foremost dilemmas facing clinicians who treat patients with back pain. The ability to determine with a high degree of security which patients are likely to respond to specific treatment approaches is not yet known. It is the challenge of this generation of scientists and clinicians to look at this issue in detail.
Our ability to develop treatment approaches including manipulation, medical and surgical techniques far exceeds our ability to differentially diagnose the cause of back pain in specific patients. This will have to change if we hope to significantly impact the outcome of back pain in our patients.

La question ici posée représente, de loin, le dilemme auquel les cliniciens auront à faire face pour le mal de dos. La capacité à déterminer avec spécificité quels patients sont susceptibles de répondrent et selon quelles modalités de traitement est encore inconnue. C’est le challenge des générations à venir, des scientifiques et des cliniciens qui devront étudier cette voie de recherche en détails. Nos aptitudes à promouvoir des traitements incluant les manipulations, les médicaments ou la chirurgie dépasse de loin notre capacité à différencier les causes de douleurs vertébrales selon les patients. Cela doit changer si nous voulons améliorer de manière significative les résultats thérapeutiques chez nos patients atteint de mal de dos.

25 D’ailleurs, vous soulignez un peu plus loin dans la lecture (conférence), que les manipulations représentent un moyen efficace de soulagement de douleurs vertébrales déterminées.
Est-il possible d’identifier les sous groupes qui répondront au traitement par manipulation vertébrale ?
In addition, you emphasise (world congress conference) that spinal adjustments represent an efficient way to reduce symptoms in subgroups of patient. Is it possible to determined this subgroups ?


The subgroup of patients that appear to benefit the most from manipulation appears to be those with acute non-specific back or neck pain. There is lesser evidence that patients with radicular pain and with specific pathologies may respond. We have, however, not yet been able to more accurately define the subgroup of patients most likely to respond to specific methods of manipulation with a high degree of security. It is my anticipation that when our ability to define the cause of back pain is improved we will be able to determine the method of manipulation or other treatment more likely to be successful in treatment. This will lead to improved results from manipulation above that which is observed now with a fairly crude application of techniques based on broad theories.

Le sous groupe de patient qui semble le mieux bénéficier des manipulations semble correspondre aux atteintes non spécifiques de lombalgie et cervicalgie aiguës. Il y a moins de preuves concernant les douleurs radiculaires et les pathologies spécifiques. Néanmoins, nous ne sommes toujours pas capable de définir plus précisément les sous groupes de patients susceptibles de répondre le mieux à des méthodes spécifiques de manipulations avec un haut niveau de garantie. J’anticipe en disant que lorsque nous aurons défini la cause de la douleur vertébrale, nous serons capables de déterminer le type de traitement manipulatif ou autre nécessaire à le réussite du traitement. Ceci entraînera une amélioration des résultats concernant les manipulations par rapport à ce qui est observé actuellement avec l’application de techniques reposant sur des théories mieux comprises et des techniques plus efficaces.

26 Rejoignez-vous les prérogatives du Dr TRIANO, DC, PhD qui précise dans notre interview que la sélection des patients est la clé de la recherche a venir ?
(voir l’interview de Dr TRIANO, question N° 2, 32)
Do you agree with Dr TRIANO's prerogatives who states in our interview that patients' selection is the key for future research?
(see Dr TRIANO's interview, question #2, point 32)


There is no question that Dr. Triano is correct in his opinion that patient selection is crucial in determining the appropriate treatment approach. Our ability to select patients is improving as our examination skills improve but are by no means as good as they should be. We are probably more capable in our ability to screen patients with red flag presentations that are contraindications for manipulation than to include only those patients with positive findings but our selection of patients is improving and hopefully will improve further. At this point in time clinical experience is probably more important than anything else.

Il ne fait aucun doute de l’exactitude de l’avis du Dr Triano et du fait que la sélection des patients est cruciale pour déterminer le caractère approprié d’une approche thérapeutique. Notre capacité de sélection des patients s’améliore ainsi que notre habileté thérapeutique mais elle est encore loin de ce qu’elle devrait être. Nous sommes certainement plus attentifs, et donc plus performants, à chercher des signes d’alertes (drapeaux rouges) que la sélection pure et simple de patients susceptibles d’être améliorés par les manipulations vertébrales. Malgré tout, l’on ne cesse de progresser. Dans l’état actuel des connaissances, l’expérience clinique est probablement plus importante que tout le reste.

27 Vous avez justement animé un colloque avec Le Dr TRIANO, où vous avez présenté à des médecins de médecine physique et de chirurgiens, un ensemble de symptômes cibles, dont le but était de montrer quand, comment et pourquoi utiliser un traitement manipulatif (North American Spine Society's (NASS), 31/10/02). Cette démarche qui consiste à isoler certains signes et à les regrouper en un syndrome, afin de déboucher sur une indication de traitement conservateur, ne rejoint-elle pas les prérogatives et perspectives de la recherche actuelle ?
(voir les actualités de vertebre.com)
You lectured with Dr. TRIANO to rheumatologists and orthopaedic surgeons in a conference where you presented a list of target symptoms with the purpose to demonstrate when, how and why use a manipulative treatment (North American Spine Society's (NASS), 31/10/02). Doesn't this approach, which consists in isolating certain signs and regrouping them in a syndrome in order to come up with an indication for conservative treatment, match the prerogatives and perspectives of the present research ?



It is the prerogative of clinicians to use the current research to the best of their ability when treating patients. This requires us to use the research to develop methods of examining and treating patients based on the availably evidence and knowledge. This has made it possible to develop clinical subgroups of patients that are more likely to respond to treatment by isolating specific signs and symptoms and treating them as a syndrome. The problem is that there remains a great deal of research that has to be done to confirm that these syndromes represent true subgroups of patients and to improve on the definition of these subgroups or syndromes.

C’est la prérogative des cliniciens que d’utiliser au mieux les données actuelles de la science lorsque l’on traite des patients. Nous avons eu besoin d’utiliser la recherche dans le but de développer des méthodes d’examen et de soins basés sur les preuves et les connaissances actuelles. C’est ce qui a rendu possible le développement des sous groupes cliniques de patients capables de répondre en isolant des signes et symptômes spécifiques regroupés en syndrome. La difficulté concernant cette voie de recherche est qu’un grand pas reste à faire pour s’assurer que ces syndromes en question sont les bons sous groupes. Il faut aussi améliorer la définition de ces sous groupes et syndromes.

28 A ce propos, une des particularités de la recherche Française est d’essayer d’individualiser l’origine anatomique des syndromes douloureux vertébraux. Signalons à titre d’exemple, les nouvelles données du syndrome facettaire décrit par le Pr REVEL (dont l’origine est arthrosique), le concept d’entorse discale et d’inflammation intra-discale développé par le Dr Jean-Yves MAIGNE, ainsi que l’insuffisance discale par le Dr TROISIER.
Que pensez-vous de la recherche Française et de cette particularité ?
exemple douleur discogénique
One of the peculiarity of research in France is to try to individualize the anatomical origin of vertebral painful syndromes. Let us mention for instance the new data on the facet syndrome as described by Pr. REVEL (with an osteoarthritic origin), the concept of disc sprain and intra-disc inflammation developed by Dr. Jean-Yves MAIGNE, as well as disc insufficiency from Dr. TROISIER.
What do you think of the French research and its peculiarity ?
Exemple discogenic pain


French researchers and clinicians have always taken a lead in helping us determine the origin of back pain. As this question illustrates there are probably multiple pathological processes and structures that can cause back pain. It is our challenge to be able to isolate the particular cause of patients symptoms without expensive and invasive procedures such as scanning and injections. If we reach the point where we can make this differentiation then it is likely that we will be able to select the appropriate treatment for each patient. The hope is that researchers in France and elsewhere will continue with the research currently being done and focus on defining the clinical syndrome that most accurately correlates with the pathology being studied.

Les chercheurs et les cliniciens Français sont toujours à la pointe pour nous aider à déterminer l’origine des douleurs vertébrales. Ainsi qu’en témoigne la question, il existe probablement de multiples processus pathologiques et de multiples structures à l’origine du mal de dos. Le défi que nous avons à relever est d’être capable d’isoler la source des symptômes du patients en évitant les procédures diagnostiques et thérapeutiques invasives telles que le scanner et les injections. Si nous atteignons le point nous permettant de faire cette différentiation, alors nous seront capables de sélectionner le traitement approprié à chaque patient. Souhaitons que les chercheurs Français et les autres, continuent dans cette voie et se concentrent sur la corrélation entre les syndromes cliniques et la pathologie recherchée.


29 Vous avez développé dans votre livre « Principles and Practice of Chiropractic, second edition, 1991 », la notion de « lésion manipulable ». Cette notion sous-tend-elle l’existence d’une lésion vertébrale spécifique du traitement manipulatif ?
You have developed in your book " Principles and Practice of Chiropractic, second edition, 1991" the notion of "manipulable lesion". Does this notion suppose the existence of a vertebral lesion specific to the manipulative treatment ?


The concept of a manipulative lesion evolved out of a lack of a single definable lesion that could be generally agreed upon. Chiropractors have classically called the lesion they treat a subluxation or fixation whereas osteopathic physicians have described the so-called osteopathic lesion and medical practitioners of manual therapy have not been able to agree whether the effect of manipulation is on the disc, posterior facets or muscles and have used such terms as blockage. No specific pathomechanical meaning should be given to the term “manipulative lesion” beyond the connotation that this represents all lesions where manipulation is perceived as the treatment of choice.

Le concept d’une lésion manipulable fut élaboré sur l’impossibilité d’émettre une définition unique de lésion faisant l’unanimité. Historiquement les chiropraticiens ont nommé ces lésions « subluxations ou fixations » alors que les ostéopathes leurs ont donné le nom de « lésion ostéopathique » ; quant aux médecins de thérapie manuelle, ils ne se sont pas entendus sur l’action des manipulations sur les disques ou les articulaires postérieures et utilisent des termes comme « blocages ». Il est impossible de donner une signification spécifiquement pathomécanique au terme de « lésion manipulable » si ce n’est qu’elle représente toutes les atteintes pour lesquelles les manipulations semblent représenter le traitement de choix.

30 Ne pensez-vous pas que les manipulations vertébrales sont susceptibles d’agir sur des lésions vertébrales diverses (syndrome discal, atteinte articulaire postérieure etc.) ?
Don't you think that spinal manipulations are likely to act on various vertebral lesions (disc syndrome, posterior articular dysfunction, etc.)


As noted above, it is my opinion that manipulation has a number effects on the spine and probably does work on a number of different tissues. There is some experimental evidence that manipulation has an effect on muscle spasm, on joint mobility and possibly on the disc. It probably has effects on the nervous system through both direct somatic structure stimulation and the soothing effect of laying on of hands.

Ainsi que je viens de le mentionner, je pense que les manipulations ont des effets multiples sur la colonne vertébrale et agissent probablement sur différents tissus. Il existe des preuves expérimentales concernant le fait que les manipulations possèdent une action sur les spasmes musculaires, la mobilité articulaire et peut être sur le disque. Il est probable aussi qu’elles agissent sur le système nerveux, a la fois, au travers des structures anatomiques et de l’effet apaisant de contact manuel.

31 Que penser alors du concept d’hypomobilité, sérieusement remis en question par la plupart des travaux modernes, et en particulier par la recherche de HAAS et COLL : « efficacité de la palpation dynamique comme un indicateur des manipulations vertébrales »
Consultez cette recherche sur vertebre.com)
What should one then think of the hypomobility concept, seriously put in doubt by most modern studies, in particular by the research from HAAS et COLL "efficiency of dynamic palpation as an indicator for vertebral manipulation" ?


http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=12782973&dopt=Abstract

I do not believe the concept of hypomobility has been discredited. It is still likely that the manipulation does have an effect by increasing spinal mobility. The research you quote has simply put into question the reliability of some of the more common clinical methods of diagnosing hypomobility. It is clear that we will have to refine some of the clinical skills that we have traditionally relied upon if we wish to diagnose hypomobility.

Je ne crois pas que le concept de l’hypomobilité ait été discrédité. Il est très probable que les manipulations augmentent la mobilité. La recherche à laquelle vous faites référence pose simplement la question de la reproductibilité des méthodes diagnostiques les plus communes concernant l’hypomobilité. Il est évident que nous devons améliorer nos capacités cliniques sur lesquelles nous nous basons traditionnellement si nous souhaitons diagnostiquer ces hypomobilités.

32 Jay TRIANO insiste dans notre interview sur le fait que les chiropraticiens doivent être capable d’utiliser les manipulations avec plus de compétences que leurs concurrents.
Il nous dit : « Un des éléments le plus solide serait de quantifier et de définir notre capacité à effectuer les bonnes techniques manipulatives contre celles qui ne le sont pas. A partir de là, nous seront capables de démontrer que tous les Chiropraticiens pourront garantir un service minimum de qualité ».
Comment définir de bonnes manipulations (absence de douleur, niveau manipulé, sens de la manipulation) ?
Interview du Dr Triano - question N° 24)
Jay TRIANO stresses in our past interview that Chiropractors should perform spinal manipulative therapy within their practices with greater skill and effectiveness than our competitors. He mentions “one powerful element would be the ability to quantitatively define the administration of a “good” versus a “bad” adjustment/manipulation and then demonstrate that trained and licensed DCs are able to perform that level of service at a quality minimum”.
How could we define a good manipulation versus a bad manipulation (no pain, vertebral level adjustment, line of drive) ?
Interview du Dr Triano - question N° 24)


The definition of a good manipulation and bad manipulation remains elusive but it is increasingly been considered important. Intuitively the greater training and experience that a clinician has the higher the skill in delivering the manipulation will be. Until recently the determination of the skill of a clinician was basically in the eye of the beholder. Patients have always been able to differentiate clinicians with ‘healing hands’ from those that appear harsh or clumsy. In a similar fashion it has always been possible for a skilled teacher of manipulation to determine if a student or practitioner has good hands’. The research currently being conducted by Dr. Triano and others is beginning to define, in biomechanical terms, exactly what the characteristics of a skilled manipulation should be and what differences training and manual dexterity make in the delivery of a manipulation. I anticipate that these techniques will be used in the future to instruct chiropractors on how to improve their manual and manipulative skills.

La définition d’une bonne ou d’une mauvaise manipulation reste floue pour l’instant, mais il s’agit là d’un point extrêmement important. Intuitivement, il est logique de penser que plus le clinicien est expérimenté et entraîné plus ses capacités à manipuler correctement sont importantes. Jusqu’à présent, jauger des capacités à « bien manipuler » dépendait de « l’œil du spectateur ». Les patients ont toujours été capables de distinguer les cliniciens ayant « une bonne main » de ceux qui ont une « main gauche ». De la même manière, il a toujours été possible pour un professeur averti de reconnaître les étudiants ayant une « une bonne main ». Les recherches actuelles menées par le Dr Triano et d’autres aussi, commencent à définir, en termes biomécaniques, les caractéristiques des bonnes manipulations et les différences d’entraînement et de dextérité nécessaire dans la délivrance de cet acte. J’anticipe en disant que ces techniques seront utilisées dans l’avenir pour enseigner aux chiropraticiens la manière d’améliorer leur capacité manipulatives.

33 Par exemple, la société Française de médecine manuelle orthopédique et ostéopathique préconise d’effectuer les manipulations vertébrales sur les segments douloureux, en veillant à ce que la mise en tension s’effectue dans le sens opposé aux mouvements qui provoquent la douleur (règle de la non-douleur et du mouvement contraire développé par le Pr Robert MAIGNE).
Que pensez-vous de cette règle ?
http://www.sofmmoo.com/english_section/divers/no_pain/no_pain.htm)
For example, the French Society of Manual (Orthopaedic and Osteopathic) Medicine (SOFMMOO) recommensd the rule of no pain and of opposite motion. It consists of making the manipulation of the painful segment in the direction opposite to the one which is painful and limited. But, it is rare that it is only in one direction that motion is locked. As it is well known, spinal motions are inter-dependent. The manipulation which is indicated is therefore the motion which will combine the various free directions.
What do you think of this rule ?
http://www.sofmmoo.com/english_section/divers/no_pain/no_pain.htm)


The rule of no pain and the recommendation that manipulation only be given in a painfree direction is probably a good approach for teaching manipulation to clinicians who do not have much experience. In many patients is probably all that is needed. Many practitioners of manipulation as well as patients, however, will insist that a firmer sometimes uncomfortable manipulation is more effective in increasing motion and obtaining relief. There is some evidence that moving a joint beyond its passive range of motion may be of clinical importance. This often results in some discomfort and cannot be achieved if one relied solely on the rule of no pain.

La règle de la non douleur et la recommandation selon laquelle la manipulation devrait être effectuée dans le sens libre est probablement une bonne approche d’enseignement pour les praticiens inexpérimentés. C’est probablement suffisant pour bon nombre de patients. Néanmoins, beaucoup de praticiens et de patients insistent sur le fait qu’une manipulation plus ferme, voire plus inconfortable est plus efficace pour améliorer la mobilité et la douleur. Les preuves montrent que dépasser les limites passives de mobilisation est d’une importance clinique majeure. Il en résulte la plupart du temps une sensation de gêne mais qui ne peut pas être obtenue par la règle de la non douleur.

34 Ne pensez-vous pas que cette capacité à effectuer de bonnes techniques est dépendante aussi du mode d’action des manipulations vertébrales. Vous avez développé un certain nombre d’études à ce sujet, plus particulièrement dans un domaine neurophysiologique.
Est-il possible aujourd’hui de définir avec précision ce mode d’action (mechanical, metameric reflex) ?
Don't you think that the ability to perform good techniques is also dependent from the mode of action of vertebral manipulations? You have developed a number of studies on this topic, particularly in the neurophysiological field. Is it possible today to define precisely this mode of action (mechanical, metameric reflex) ?


The impact of manipulation on the nervous system has been discussed for most of its modern history. It is only in the past 2 decades that it is becoming evident that mechanical forces applied to spinal tissues probably have multiple neurological effects. However, the clinical significance of these effects is not clear. Recent experiments have shown that stimulation of the spine by means of an adjustment can change H-reflex excitability within the spinal cord and possibly at higher centres as noted by Don Dishman and his colleagues. Herzog and colleagues have shown reflex effects of manipulation on paraspinal muscles. There are measurable responses in visceral organs and in the autonomic nervous system on stimulation of spinal somatic structures as noted by Akio Sato and his colleagues in Japan including chiropractors such as Rand Swenson and Brian Budgell who have worked closely with Prof. Sato. There are also measurable responses in somatic nerves on stimulation of spinal sensory fibres that may be responsible for muscle relaxation or even impact the gate control of pain by counter-irritation. There may also be effects of increased motion on nerve root inflammation.

Our understanding of the effects of spinal stimulation on the nervous system is only just beginning and is likely to increase over the next decade. There are a number of important research laboratories studying these concepts and hopefully in the next decade we will begin to understand the importance of these mechanisms to practitioners of manipulation.

L’effet des manipulations sur le système nerveux est l’objet de discussion depuis les débuts de son histoire. Depuis une vingtaine d’année il semble de plus en plus probable que les forces mécaniques appliquées sur les tissus de la colonne vertébrale provoquent des effets neurologiques variés. Néanmoins, la signification clinique de ces effets n’est pas claire. Des recherches récentes du Dr Dishman et collaborateurs ont montré que des stimulations de la colonne vertébrale au travers d’un ajustement pouvait changer l’excitabilité du réflexe H (nerf médian) au niveau médullaire voire sur les centres supérieurs. Herzog et collaborateurs ont montré les effets réflexes des manipulations sur les muscles paravertébraux. Comme le mentionnent Le Professeur Akio Sato et collaborateurs (Japon), ainsi que Rand Swensson et Brian Budgell qui ont collaboré de près, il existe aussi des réponses viscérales et sur le système nerveux autonome mesurables à partir de stimulations anatomiques vertébrales. Après stimulation des fibres sensitives, on a pu quantifier les réponses des nerfs somatiques. Concrètement, ces réponses se traduisent non seulement par une relaxation musculaire, mais aussi par une diminution de la douleur, par le biais du système de la concurrence des stimulis (théorie du portillon, ou gate-control). Enfin, des effets sur l’augmentation de la mobilité et l’irritation radiculaire sont retrouvés.

Notre compréhension des effets des stimulations vertébrales sur le système nerveux en est à ses débuts et se développera dans la décennie prochaine. Il y a un nombre important de recherches en laboratoires étudiant ce concept et nous l’espérons commenceront à porter leur fruit dans l’optique d’apprendre ces mécanismes aux praticiens manipulateurs.

35 Dans votre livre « Principles and Practice of Chiropractic », vous avez développé en collaboration avec Akio Sato des chapitres sur les réflexes somato-viscéraux et la neurophysiologie de la douleur vertébrale. Pensez-vous que les manipulations puissent avoir un effet systémique ?
In your book " Principles and Practice of Chiropractic", you have, in collaboration with Akio SATO, developed chapters on somato-visceral reflexes and the neurophysiology of vertebral pain. Do you think that manipulations can have a systemic effect ?


The work of Akio Sato and numerous other researchers have unequivocally demonstrated that stimulation of the somatic nervous system can influence the autonomic nervous system and impact visceral organ function. Most of these studies, however, have been limited to acute effects and the exact impact on visceral organ dysfunction and disease is not known. There are also numerous claims of benefits in patients with visceral organ disorders from manipulation that have been made by medical practitioners of manipulation such as Karl Lewit and Vladimir Janda as well as osteopathic physicians and chiropractors that suggests that their may be clinical effects of manipulation on visceral organ function. This is another area of research that is very promising and could lead to much better understanding of these observations.

Le travail de Akio Sato et d’autres chercheurs ont démontré sans équivoque que la stimulation du système nerveux somatique peut influencer le système nerveux autonome et agir sur le fonctionnement viscéral. Néanmoins, La plupart de ces études se sont limitées aux réactions immédiates et l’influence exacte sur les viscères ou les maladies est inconnu. Il existe un nombre important de témoignages de patients dont les désordres viscéraux ont été améliorés par les manipulations et notés par des praticiens de médecine manuelle comme Karl Lewit et Vladimir Janda, d’ostéopathes et de chiropraticiens et qui suggèrent que les manipulations engendrent bien des effets cliniques sur le fonctionnement viscéral. Il s’agit d’une autre voie de recherche prometteuse qui nous permettra de mieux comprendre ces observations.

36 Pensez-vous qu’il existe des indications de traitement manipulatif, en dehors des atteintes vertébrales commune et ostéo-articulaire en générale ?
Do you think that there are indications for manipulative treatments, outside common and osteo-articular vertebral dysfunctions in general ?


At this point in time it is difficult to make a definite statement on this issue. Studies in Sweden have suggested that many patients who seek the care of chiropractors report beneficial general effects in such symptoms as breathing and digestion. There is controversial research that suggests there may be some effect of manipulation on such conditions as infantile asthma and pre-menstrual syndrome but it will take considerable more research to convince sceptical clinicians that there is a general effect of manipulation on visceral disorders. There are, however, enough anecdotal reports and theoretical experimental data to make it reasonable to investigate this further.

A l’heure actuelle, il est difficile de se prononcer de manière définitive sur ce sujet. Des études en Suède ont montré que de nombreux patients recevant des soins chiropratiques témoignaient d’améliorations d’ordre général, dans des symptômes tels que la respiration et la digestion. Des recherches contradictoires suggèrent des résultats sur l’asthme infantile et le syndrome pré-menstruel, mais il faudra encore de nombreux travaux avant de pouvoir convaincre les cliniciens sceptiques quant à l’effet des manipulations sur les problèmes viscéraux. Cela dit, il existe suffisamment de témoignages anecdotiques et de résultats d’analyses expérimentales pour justifier de plus amples investigations.

37 Je reviens à nouveau sur votre discours lors du congrès mondial, où vous expliquez qu’un des points majeurs du traitement chiropratique est son aspect sécuritaire en comparaison avec les autres formes de traitement proposés dans les cas de syndromes douloureux vertébraux. Le risque le plus important, même si celui-ci est minime, concerne les artères vertébrales. Vous venez de publier une étude récente rétrospective de 64 cas d’atteinte vertébro-basilaire où vous concluez sur le caractère imprévisible de cette complication. Il apparaît à la lecture de cet article que tous les patients avaient moins de 50 ans et que les deux tiers étaient des femmes. N’y a t’il donc pas au moins un terrain à risque et des manœuvres à risque (manipulation vertébrale en rotation, au moins sur le rachis cervical supérieur) La société Française de médecine manuelle ostéopathique recommande de ne pas recourir aux manipulations cervicales rotatoires chez la femme de moins de 50 ans. Que pensez-vous de cette recommandation ?
recommandation de la SOFMMOO
consultez l’étude SH sur l’imprévisibilité des AVB dans vertebre.com
I come back again on the lecture you made during the congress in Paris, when you mentioned that spinal manipulative therapy have favourable risk or side-effect when compared to other common treatments for spinal pain syndromes. However, the major risk of serious complications concerns stroke, even if it appears to be in the order of one event in a million office visits. You have just published a new research which consists in describing 64 cases of cerebrovascular accidents temporally associated with cervical spine manipulation therapy, in terms of patient characteristics. It is, however, obvious from the study that there were virtually no occurrences of postmanipulation cerebrovascular accidents in patients over the age of 50 years. Also, two thirds of the patients concerned were females. This suggests that there are, at least, certain risk factors. The French Society of Manual (Orthopaedic and Osteopathic) Medicine (SOFMMOO) does not advised cervical thrust in rotation in females under 50 years of age. What do you think of this precaution recommended by the SOFMMOO ?
SOFMMOO's recommendation


The report of the 64 cases of dissection following manipulation were selected cases and do not represent a cross-section of all cases. For this reason there should be some caution on extrapolating the epidemiological data from this study. The study was carried out primarily to look for risk factors that practitioners might be able to use to screen patients at risk. The gender differentiation does not hold up in all studies on dissections and a recent study from Germany actually found that dissections are more common in men. I do not believe that not manipulating women will make much impact beyond denying potentially beneficial treatment to a large proportion of the population with neck pain. Neck pain is actually more prevalent in women than men and it is possible that any preponderance of cases in women reflects a greater likelihood of women under the age of 50 seeking manipulative treatment.

The issue of age, on the other hand, does appear to be an important risk factor. Dissections from all causes, spontaneous, trivial trauma or manipulation rarely occur over the age of 45. The case control study from Ontario did not show any risk for stroke following manipulation in patients over the age of 45 years. It is unlikely that a stroke occurring in a patient over the age of 45, even if it occurs at some point after a manipulation is related to the manipulation.

The problem we all face, however, is finding a less risky treatment for patients with neck pain that can often be very disabling. I assume that French Society of Manual Medicine given this recommendation also would not recommend anti-inflammatory medications for patients with neck pain as these medications carry a much higher risk of serious side effect or death than manipulation. I also assume that members of this society would, under no circumstances, suggest surgery for the treatment of severe neck pain as the serious complication rate from surgery is as high as 3-5% and the death rate is reported to be over one per thousand.

There are also, with the possible exception of exercise, more controlled clinical trials on the effect of manipulation on neck pain than there is for virtually any other treatment for neck pain and this is especially true for surgery and NSAID’s. There is no treatment available that we can offer patients with neck pain that does not have side effects and complications. The challenge all clinicians who treat patients with neck pain face is to be able to offer the treatment that is the most successful and has the least complication rate. It is not ethical to deny a potentially valuable treatment out of fear of an extra-ordinarily rare complication and then offer a different treatment with less scientific evidence and a greater complication rate.

Les 64 cas de dissection survenues suite à des manipulations utilisés pour cette étude ont été choisis pour des raisons particulières, et ne sont certainement pas représentatifs de l’ensemble des cas. Pour cette raison, il faut faire très attention à ne pas tirer de conclusions épidémiologiques de cette étude. Elle a été menée au départ dans le but de rechercher des facteurs de risque que les praticiens pourraient utiliser afin de détecter les patients à risque. La différenciation sexuelle ne ressort pas systématiquement, et une étude allemande récente a même montré que les dissections étaient plus communes chez les hommes. Je ne crois pas que le fait de ne plus ajuster des femmes aurait un quelconque impact, à part le fait que cela priverait de soins une partie non négligeable de la population se plaignant de douleurs cervicales. Celles-ci sont à coup sûr plus courantes chez les femmes que chez les hommes, mais il est bien possible que le plus grand nombre de dissections soit en fait en juste proportion du nombre plus important de femmes ayant recours à des soins manipulatifs pour ce type de symptômes.

L’âge, en revanche, apparaît comme étant un facteur de risque important. Toutes causes confondues - spontanées, consécutives à un traumatisme accidentel, ou à une manipulation - les dissections apparaissent rarement au-delà de 45 ans. L’étude contrôle de l’Ontario n’a montré aucun facteur de risque après manipulation après cet âge. Il est peu probable qu’un accident vasculaire survenant chez un patient de plus de 45 ans, même à la suite d’une manipulation, soit mis en relation avec cette manipulation.

Le problème qui se pose à nous, cependant, est de trouver le traitement comportant le moins de risque possible pour les patients présentant des douleurs de la nuque et qui peuvent être très handicapés au quotidien par ce problème. Je suppose que la Société Française de Médecine Manuelle, connaissant les risques, ne recommanderait pas la prescription de médicaments anti-inflammatoires pour des douleurs de nuque, dans la mesure où ces médicaments présentent un risque d’effets secondaires graves nettement plus élevé que les manipulations, pouvant même entraîner la mort. J’espère également que les membres de cette société n’encouragent pas la chirurgie dans les cas de douleurs sévères à la nuque puisque le risque de complications sérieuses est d’environ 3-5 % avec la chirurgie, et le risque de décès d’environ 1 pour mille.

N’oublions pas le fait que les études cliniques contrôlées sur les effets des manipulations dans les cas de douleurs à la nuque sont de loin beaucoup plus nombreuses que celles sur n’importe quel autre type de traitement - à l’exception peut-être des exercices- et en particulier que celles sur la chirurgie et les anti-inflammatoires non stéroïdiens. Il n’existe aucun traitement, à ce jour pour les douleurs de la nuque, qui ne présente aucun risque d’ effet secondaire ni de complication. Le défi qui se présente aux cliniciens est celui d’avoir à choisir le traitement le plus efficace et comportant le risque le moins élevé de complications. Il ne serait pas éthique de priver les patients d’un traitement possible, sous prétexte que l’on craint de possibles complications, et d’en venir à prescrire un autre traitement présentant une évidence scientifique moindre quant à ses résultats, et un risque de complications plus élevé.


38 Vous dites qu’il existe un intérêt croissant à déterminer les complications éventuelles pour chaque type de traitement proposé aux patients atteints de symptômes d’origine vertébrale. La série de cas que vous rapportez dans cette étude concerne ceux ayant entraînés des plaintes pour faute professionnelle. Par ailleurs, il semble probable qu’il existe un certain nombre de cas mineurs dont les troubles n’ont pas occasionnés d’hospitalisation et pour lesquels les praticiens n’ont pas été poursuivis. Ces cas ne sont certainement pas comptabilisés et ne figurent pas dans les statistiques. Enfin, on peut supposer que certaines atteintes puissent rester asymptomatiques du fait d’une irrigation collatérale supplétive. Ne pensez vous pas que le taux réel de ces complications est sous-évalué ?
You say that there is an increasing interest in determining the complication rates of the different treatment approaches available with spinal pain symptoms. The large series you reported is confined to cases that had given rise to claims of malpractice. As with all cerebrovascular accidents, it must be assumed that there were also minor cases that did not necessitate hospitalization and where the practitioners were not sued. These cases may be overlooked in studies, and may not figure in the statistics. Also, there must be cases of dissection that remain asymptomatic, because of the adequacy of collateral blood supply. In a comprehensive assessment of the complication rate, these cases should, strictly speaking, be considered. Don’t you think that the true rate of this complication tends to be underestimated ?


I agree that it is not possible to determine the frequency of cases from a case series or from review of malpractice cases. The frequency is too small for a prospective study. The determination of the actual frequency must then come from large case-control studies. The only credible study that has been attempted to date is that based on the Ontario database. The interesting part of this study is that it showed only one stroke per year following chiropractic care in a province of 10 million people. This is a very similar number as the 2.4 per year throughout the country of 26 million people that we obtained from the malpractice data.

The consideration of minor cases and transient ischemic attacks is difficult to assess. The Ontario study would have picked up any minor case that was seen and diagnosed by a medical physician but not those that recovered fully without seeing a doctor. Since most if not all minor cases and TIAs recover fully this would be considered a minor complication of the treatment and like the minor complications of other treatments would not be an absolute contraindication for the treatment.

The issue of asymptomatic cases is probably irrelevant. Asymptomatic complications of any treatment can rarely be picked up and the fact that it is asymptomatic probably means that it is not a true complication unless it becomes symptomatic at a future date. There is no data to suggest that this occurs with asymptomatic dissections that tend to heal spontaneously without any obvious clinical implication.

Je suis tout à fait d’accord que l’on ne peut déterminer la fréquence des cas de dissection au vu des études de cas, ni en se référant seulement aux cas de malpractice (complications). La fréquence est trop faible pour qu’ une véritable étude exhaustive soit entreprise. La détermination de la fréquence doit donc venir d’études de grande ampleur avec des groupes témoins. La seule étude crédible à ce jour est celle de l’Ontario. La partie intéressante de cette étude est qu’elle met en évidence un cas d’accident vasculaire par an consécutif à une manipulation, pour une province de 10 millions de personnes. Ces chiffres sont comparables à ceux que nous avons trouvé avec l’étude des cas de malpractice, à savoir 2,4 cas par an pour un territoire comprenant 26 millions de personnes.

La prise en compte des cas mineurs et des accidents ischémiques transitoires est très difficile à évaluer. L’étude de l’Ontario aurait repéré tout cas mineur qui aurait été vu et diagnostiqué par un médecin, mais pas ceux qui auraient récupéré seuls, sans assistance médicale. Dans la mesure où la plupart des cas, sinon tous les cas mineurs et les AIT récupèrent seuls, ils seraient considérés comme des complications mineures, et comme les complications mineures des autres traitements, ne constitueraient pas des contre-indications absolues au traitement.

Le problème des cas asymptomatiques n’est pas pertinent. Les complications asymptomatiques de n’importe quel traitement peuvent rarement être mises en évidence, et le fait même qu’elles soient asymptomatiques signifie qu’il ne s’agit pas de vraies complications, à moins qu’elles ne deviennent symptomatiques ultérieurement. Il n’existe aucune donnée mettant en évidence l’existence de dissections asymptomatiques guérissant spontanément sans aucune implication clinique.


39 D’autre part, il apparaît que seule la rotation puisse produire un étirement des artères vertébrales. Ne pensez vous pas que les manipulations minimisant cette rotation diminuent les facteurs de risques ?
On the other side, it would also appear that only rotation will produce stretching of the vertebral artery. Don’t you think cervical manipulation that minimise rotation could reduce risk factors ?


Part of our study was to look for specific techniques of manipulation that were associated with dissections we found that dissection can occur following any type of manipulation including neutral position manipulations, lateral flexion manipulations and even so called non-force manipulations. Dissections have been noted following even the most trivial types of neck movement and with many common activities of daily living. Some of these activities such as looking up at an airshow and hairdresser stroke do not appear to have much rotation.

I am concerned that chiropractors and practitioners of manipulation will have false confidence if they simply avoid rotational manipulation. I have read a number of depositions and spoken to chiropractors who were surprised and shocked when a stroke occurred following a manipulation that did not include any rotation. My feeling is that dissection is a potential complication of any head movement including manipulation and we still do not have the ability to avoid their rare occurrence.

Une partie de notre étude avait pour but de rechercher si des techniques spécifiques de manipulations étaient associées aux dissections. Nous avons trouvé qu’une dissection peut survenir à la suite de n’importe quel type de manipulation, y compris celles en position neutre, en flexion latérale, et même les manipulations « non-force ». Des dissections ont été relevées à la suite des mouvements du cou les plus anodins, et même au cours de nombreuses activités quotidiennes. Certaines de ces activités, comme de lever la tête pour suivre un spectacle aérien ou « l ‘accident vasculaire du sèche-cheveux » ne présentent pas de rotation.

Je me sens concerné par le fait que les chiropraticiens et autres praticiens de thérapie manuelle puissent se sentir rassuré à tord en n’utilisant pas les manipulations en rotations. Je connais un certain nombre de cas où les déclarations des chiropraticiens choqués montraient leur étonnement lorsque un AVB était survenu après des manipulations non rotatives. Mon sentiment est que la dissection est une complication potentielle quelque soient les mouvements cervicaux, y compris les manipulations et qu’il nous est impossible d’éviter cette complication rare.


40 Que pensez vous de la recherche du Dr Haynes qui conclue qu’il existe aujourd’hui des arguments scientifiques valides pour suggérer une utilisation du doppler vélocimétrique en tant qu’examen prémanipulatif ? (Consulter cette recherche sur vertebre.com)
What do you think of Dr Haynes researches who draw the conclusion that there is strong evidence to suggest that Doppler velocimetry should be included in the screening of vertebral arteries before manipulation ?


http://www2.us.elsevierhealth.com/scripts/om.dll/serve?action=searchDB&searchDBfor=art&artType=abs&id=a127077&nav=abs

My opinion is that doppler studies, although of interest, are unlikely to be of much value in reducing the risk of stroke following manipulation. The theoretical basis for doppler is an assumption that the artery that is likely to dissect is smaller than the other side and has lesser degree of blood flow. This, however, is not usually the case. Dissection can occur in any size artery and it usually recannulates as the dissection heals. It is unlikely that doppler will be able to isolate the artery at risk. It is more likely to detect the normal variation in the size of vertebral arteries and have a high degree of false positive results. There is also virtually no convincing evidence that doppler can isolate an artery that is undergoing dissection prior to the stroke. Doppler or any other test that only confirms the diagnosis of dissection once the stroke has occurred is of no value in preventing the stroke.

Mon opinion est que les études Doppler, bien qu’intéressantes, ne sont probablement pas d’une grande aide pour réduire le risque d’accident vasculaire après une manipulation. La base théorique sur laquelle repose le doppler est que l’artère prédisposée à une dissection est plus petite que l’artère opposée et a un volume de flux sanguin inférieur. Or ceci n’est pas toujours le cas. La dissection peut survenir dans des artères de toutes tailles, et celles-ci retrouvent leur diamètre au fur et à mesure que la dissection guérit. Il est peu probable que le doppler aide à isoler l’artère à risque. Il est en revanche fort probable qu’il détecte des variations normales dans la taille des artères vertébrales et montre un degré élevé de faux positifs. Il n’y a aucune évidence non plus selon laquelle le doppler isolerait une artère qui présente une dissection avant l’accident vasculaire. Le doppler, comme tous les autres tests qui ne font que confirmer le diagnostic de dissection après son apparition, n’est d’aucune aide dans sa prévention.


41 Je terminerai avec la question suivante : vos 2 livres précédents « Principles and Practice of chiropratic » (1980, 1992) ont permis de faire une synthèse sur les avancées et les différents aspects de la profession Chiropratique, dont nous avons abordé quelques points dans cet interview. Compte tenu des évolutions depuis cette période, ne pensez-vous pas que le moment d’une troisième édition est venue ?
I will finish with the following question: Your two earlier books « Principles and Practice of Chiropractic »(1980,1992) made a synthesis of the advances and also discussed different aspects of the chiropractic profession, some of the points of which have been incorporated in this interview. Therefore I will finish with the following question ,taking into consideration the changes which have occurred since then: do you think it would be a good moment to consider writing the 3rd edition ?


It was nice of you to ask this question. The third edition of the “Principles and Practice of Chiropractic” has been completed and is currently in the hands of the publisher. It is expected to be available this summer. I agree that there have been marked changes in the clinical practice and scientific research in the field of chiropractic in the past ten years. The third edition will reflect this increase in information. It will have twice the number of chapters (60) of the second edition and has over 100 authors. The authors of the different chapters represent the highest authorities and the most prolific researchers in the field of chiropractic and represent all aspects of the profession and come from multiple countries including North America, Europe, Australia and Japan.




The text is divided into 5 sections SECTION 1: BASIC CHIROPRACTIC PRINCIPLES (Section editor: William Meeker, Davenport). SECTION 2 : SCIENTIFIC BASIS FOR CHIROPRACIC THEORY (Section Editor: Brian Budgell, Japan). SECTION 3: THE CLINICAL EXAMINATION (Section Editor: Nils Nilsson, Denmark). SECTION 4 : SPECIFIC TREATMENT METHODS (Section Editor: Paul Hooper, Los Angeles). SECTION 5: MANAGEMENT OF SPECIFIC DISORDERS (Section Editor: John Triano, ). The hope is that this text will be a reference source for both students and practitioners and is a natural from the first 2 editions.



C’est très sympathique de votre part de me poser cette question. La troisième édition de « Principes et pratique chiropratique » est terminée et se trouve actuellement entre les mains de l’éditeur. Elle devrait être disponible cet été. Je suis d’accord avec vous que des changements importants de la pratique clinique et de la recherche scientifique ont eu lieu dans le domaine chiropratique ces dix dernières années. La troisième édition reflètera cet apport important d’information. Il aura le double de chapitres (60) par rapport à la seconde édition et aura plus de 100 auteurs. Les auteurs des différents chapitres représentent les plus hautes autorités et les chercheurs les plus prolifiques dans le domaine de la chiropratique. Ils représentent tous les aspects de la profession et viennent de pays différents, incluant l’Amérique du Nord, l’Europe, l’Australie, et le Japon.

Ce texte est divisé en 5 sections : SECTION 1 : Principes chiropratiques de base (éditeur de la section : William Meeker, Davenport). SECTION 2 : LES BASES SCIENTIFIQUES DE LA THEORIE CHIROPRATIQUE ( éditeur de section : Brian Budgell, Japon). SECTION 3 : L4 EXAMEN CLINIQUE : (éditeur de section : Nils Nilsson, Danemark). SECTION 4 : LES METHODES SPECIFIQUES DE TRAITEMENT (éditeur de section : Paul Hooper, Los Angeles). SECTION 5 : PRISE EN CHARGE DE PATHOLOGIES SPECIFIQUES ( éditeur de section : John Triano). Mon souhait est que cet ouvrage soit un texte de référence à la fois pour les étudiants et pour les praticiens, étant la suite logique des 2 précédentes éditions.


Docteur Scott HALDEMAN, nous tenons au nom de toute l’équipe de vertebre.com, à vous adresser tous nos remerciements pour cette contribution que vous nous avez apportée au travers des réponses de cet interview. Merci.

Dr Scott Haldeman, all of the team at vertebre.com would like to sincerely thank you for your contribution to this interview.



Les recherches du Dr Scott Haldeman :

1 Spinal manipulative therapy for low back pain. J Am Acad Orthop Surg. 2003 Jul-Aug;11(4):228-37. Swenson R, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=12889861&dopt=Abstract

2 Chiropractic. Prim Care. 2002 Jun;29(2):419-37. Dagenais S, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=12391720&dopt=Abstract

3 Stroke, cerebral artery dissection, and cervical spine manipulation therapy. J Neurol. 2002 Aug;249(8):1098-104. Haldeman S, Kohlbeck FJ, McGregor M. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=12195461&dopt=Abstract

4 Chiropractic: a profession at the crossroads of mainstream and alternative medicine. Ann Intern Med. 2002 Feb 5;136(3):216-27. Meeker WC, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11827498&dopt=Abstract

5 Unpredictability of cerebrovascular ischemia associated with cervical spine manipulation therapy: a review of sixty-four cases after cervical spine manipulation. Spine. 2002 Jan 1;27(1):49-55. Haldeman S, Kohlbeck FJ, McGregor M. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11805635&dopt=Abstract

6 Cervical manipulation to a patient with a history of traumatically induced dissection of the internal carotid artery: a case report and review of the literature on recurrent dissections. J Manipulative Physiol Ther. 2001 Oct;24(8):520-5. Rubinstein SM, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11677552&dopt=Abstract

7 Almeda Haldeman, Canada's first chiropractor: pioneering the prairie provinces, 1907-1917. Chiropr Hist. 1983;3(1):65-7. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/e ntrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11611810&dopt=Abstract

8 Do cerebral potentials to magnetic stimulation of paraspinal muscles reflect changes in palpable muscle spasm, low back pain, and activity scores? J Manipulative Physiol Ther. 2000 Sep;23(7):458-64. Zhu Y, Haldeman S, Hsieh CY, Wu P, Starr A. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11004649&dopt=Abstract

9 Soleus H-reflex to S1 nerve root stimulation. Electroencephalogr Clin Neurophysiol. 1998 Feb;109(1):10-4. Zhu Y, Starr A, Haldeman S, Chu JK, Sugerman RA. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11003059&dopt=Abstract

10 Neurological effects of the adjustment. J Manipulative Physiol Ther. 2000 Feb;23(2):112-4. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10714538&dopt=Abstract

11 Risk factors and precipitating neck movements causing vertebrobasilar artery dissection after cervical trauma and spinal manipulation. Spine. 1999 Apr 15;24(8):785-94. Haldeman S, Kohlbeck FJ, McGregor M. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10222530&dopt=Abstract

12 Low back pain: current physiologic concepts. Neurol Clin. 1999 Feb;17(1):1-15. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9855668&dopt=Abstract

13 Magnetic stimulation of muscle evokes cerebral potentials by direct activation of nerve afferents: a study during muscle paralysis. Muscle Nerve. 1996 Dec;19(12):1570-5. Zhu Y, Starr A, Haldeman S, Fu H, Liu J, Wu P. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8941271&dopt=Abstract

14 Diagnostic tests for the evaluation of back and neck pain. Neurol Clin. 1996 Feb;14(1):103-17. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8676839&dopt=Abstract

15 Spinal manipulation: when, how, and who? Bull Hosp Jt Dis. 1996;55(3):135-7. Haldeman SD. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8933935&dopt=Abstract

16 The development of guideline factors for the evaluation of disability in neck and back injuries. Division of Industrial Accidents, State of California. Spine. 1993 Oct 1;18(13):1736-45. Clark W, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8235856&dopt=Abstract

17 Paraspinal muscle evoked cerebral potentials in patients with unilateral low back pain. Spine. 1993 Jun 15;18(8):1096-102. Zhu Y, Haldeman S, Starr A, Seffinger MA, Su SH. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8367779&dopt=Abstract

18 The precipitation or aggravation of musculoskeletal pain in patients receiving spinal manipulative therapy. J Manipulative Physiol Ther. 1993 Jan;16(1):47-50. Haldeman S, Rubinstein SM. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8423424&dopt=Abstract

19 Cauda equina syndrome in patients undergoing manipulation of the lumbar spine. Spine. 1992 Dec;17(12):1469-73. Haldeman S, Rubinstein SM. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=1471004&dopt=Abstract

20 Compression fractures in patients undergoing spinal manipulative therapy. J Manipulative Physiol Ther. 1992 Sep;15(7):450-4. Haldeman S, Rubinstein SM. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=1431633&dopt=Abstract

21 The evolution and importance of spinal and chiropractic research. J Manipulative Physiol Ther. 1992 Jan;15(1):31-5. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=1740651&dopt=Abstract

22 The H-reflex to magnetic stimulation of lower-limb nerves. Arch Neurol. 1992 Jan;49(1):66-71. Zhu Y, Starr A, Su SH, Woodward KG, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=1309419&dopt=Abstract

23 Back impairment and disability determination. Another attempt at objective, reliable rating. Spine. 1988 Mar;13(3):332-41. Clark WL, Haldeman S, Johnson P, Morris J, Schulenberger C, Trauner D, White A. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=3388120&dopt=Abstract

24 Computed tomography, electrodiagnostic and clinical findings in chronic workers' compensation patients with back and leg pain. Spine. 1988 Mar;13(3):345-50. Haldeman S, Shouka M, Robboy S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=2968667&dopt=Abstract

25 A prospective study of 2,000 patients attending a chiropractic college teaching clinic. Med Care. 1987 Jun;25(6):516-27. Nyiendo J, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=3695660&dopt=Abstract

26 A critical study of the student interns' practice activities in a chiropractic college teaching clinic. J Manipulative Physiol Ther. 1986 Sep;9(3):197-207. Nyiendo JA, Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=2945888&dopt=Abstract

27 The neurovisceral and electrodiagnostic evaluation of patients with thoracic spinal cord injury. Paraplegia. 1986 Jun;24(3):129-37. Glick ME, Haldeman S, Meshkinpour H. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=3748591&dopt=Abstract

28 Spinal manipulative therapy in sports medicine. Clin Sports Med. 1986 Apr;5(2):277-93. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=2937554&dopt=Abstract

29 The electrodiagnostic evaluation of nerve root function. Spine. 1984 Jan-Feb;9(1):42-8. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=6326339&dopt=Abstract

30 Spinal manipulative therapy. A status report. Clin Orthop. 1983 Oct;(179):62-70. Haldeman S. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=6225597&dopt=Abstract

31 Cortical evoked potentials on stimulation of pudendal nerve in women. Urology. 1983 Jun;21(6):590-3. Haldeman S, Bradley WE, Bhatia NN, Johnson BK. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=6868231&dopt=Abstract

32 Controlled clinical trials of manipulation: a review and a proposal. J Occup Med. 1980 Oct;22(10):670-6. Greenland S, Reisbord LS, Haldeman S, Buerger AA. http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=6448920&dopt=Abstract