SOFEC

Société Scientifique dédiée à la Chiropraxie,
aux thérapies manuelles et aux traitements conservateurs de la colonne vertébrale et des articulations periphériques.

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Gordon Waddell, MD, PhD, Professeur en Médecine, Chirurgien Orthopédique, spécialiste du mal de dos, Angleterre

23-06-2004

INTERVIEW DU PROFESSEUR GORDON WADDELL
Docteur en Médecine, Docteur en science
Membre du collège Royal des Chirurgiens orthopédiques
Juin 2004



PRESENTATION

Qui est Gordon Waddell ? Qu’est ce que le modèle bio-psychosocial auquel tout le monde fait référence aujourd’hui ? Quelle est l’importance de cette approche dans les désordres vertébraux ? Existe t’il une médecine des preuves sur l’importance de facteurs psychologiques et sociaux dans la prise en charge de ces atteintes vertébrales ?
Voilà un certain nombre de questions auxquelles vertebre.com aimerait vous apporter une réponse. Dans cette optique, nous avons contacté pour vous le fondateur de cette approche, qui vous expliquera en quoi il est désormais indispensable d’étudier l’ensemble de ces facteurs, que l’on soit médecin, chiropraticien, ou ostéopathe.
Le livre de Gordon Waddell, « The Back Pain Revolution », et les réponses qu’il nous propose vous troubleront probablement. Nous espérons qu’à la lecture de cet interview vous serez amenés à vous « interroger », dans la manière dont vous abordez ces pathologies et les patients qui en souffrent. Il s’agit d’un moment exceptionnel, profitez-en !

Qualifications du Pr Gordon Waddell (GW) : GW est Docteur en Sciences et Docteur en Médecine, Membre du Comité Royal des Chirurgiens Orthopédiques, et diplômé depuis 1967. Il travailla en tant que consultant de 1977 à 1996 au « Western Infirmary à Glasgow et promu Professeur du service de Chirurgie Orthopédique à l’Université de Glasgow en 1992.
Il a produit ces 30 dernières années des recherches cliniques sur la manière dont les patients réagissent aux atteintes vertébrales, aux incapacités et aux techniques médicales qui permettent de les détecter. Il a écrit plus de 120 recherches internationales sur le sujet, et a reçu des distinctions honorifiques de sociétés nationales et internationales concernées par ce domaine (the British Orthopaedic Association, the American Pain Society and the International Society for the Study of the Lumbar Spine).
Ces recherches sont présentées dans son livre « The Back Pain Revolution », et une nouvelle édition (mars 2004) vient de paraître aux éditions Churchill livingstone. Enfin, GW est consultant du Département de la Santé Anglaise et Américaine, à l’Agence Anglaise de Sécurité Sociale, et collabore à des recherches internationales. Il est membre du comité de lecture des grandes revues indexées sur la colonne vertébrale.


Who is Gordon Waddell? What is the biopsychosocial model? What is the importance of this approach in spinal pain syndromes? Is there an evidence based medicine concerning the presence of psychological and social factors in back pain?
Here are some of the questions that vertebre.com would like to answer. By following this logic we get in touch with the author and the founder of this approach who will explain us why it is of first importance to study the presence of these factors whether you are a Medical Doctor, a Chiropractor or an Osteopath.
Gordon Waddell’s book,”the back pain revolution” and the responses being proposed in this interview will probably disturb you. We hope that after reading this paper, it will change your way of thinking about back pain and how you deal with these patients. This is an extraordinary opportunity, please read!

Qualifications of Pr Gordon Waddell (GW): GW is Doctor of Science, Doctor of Medicine, Fellow of the Royal College of Surgeons and has been licensed since 1967. He was a consultant orthopaedic surgeon from 1977-1996 at the Western Infirmary, Glasgow and was appointed Honorary Professor, Dept of Orthopaedic Surgery, University of Glasgow in 1992.
Over the past 30 years he has undertaken clinical and scientific research into how patients with back pain and spinal disorders react to injury, disability and clinical assessment techniques. This has produced approximately 120 scientific papers and received awards from national and international societies including the British Orthopaedic Association, the American Pain Society and the International Society for the Study of the Lumbar Spine. Much of this research is presented in his book The Back Pain Revolution, a new edition of which has just been published by Churchill Livingstone. GW is a consultant to the British and U.S. Departments of Health, the UK DSS Benefits Agency, the Swedish government, the Medical Research Council and various research projects in U.K. and U.S., and member of the editorial boards of several scientific journals.



1 Pourriez-vous nous rappeler quelle formation médicale vous avez effectuée ?
Could you review with us your medical training?


Most of my under-graduate and post-graduate training was in UK and followed the standard pattern of undergraduate training in medicine from 1960-67 (including a degree in basic science), general surgical training from 1967-71, and post-fellowship training in all aspects of orthopaedic surgery from 1971-1977. It was only in the last year of this that I developed a special interest in spinal disorders. Similarly, most of my career was spent as a general orthopaedic surgeon dealing with all aspects of adult elective orthopaedics and trauma, though spinal disorders gradually took over 50% of my workload.

Mes études universitaires en Angleterre avant et après ma graduation se sont effectuées selon des standards d'éducation médicaux classiques entre 1960 et 1967 (y compris un diplôme en sciences de base), suivies par de la chirurgie générale entre 1967 et 1971, et un internat de chirurgie orthopédique entre 1971 et 1977. Ce n'est qu'à partir de la dernière année que j'ai développé un intérêt particulier pour les désordres vertébraux. De la même manière, la plus grande partie de ma carrière fut consacrée à la fonction de chirurgien orthopédique général concernant l'orthopédie et les traumatismes de l'adulte principalement, bien que les désordres vertébraux aient occupé plus de 50 % de ma charge de travail.


2 Quand et comment s’est développé un intérêt si important pour l’étude du mal de dos ?
When and how have you developed such an interest in the study of back pain?


In the last year of my orthopaedic training I did an orthopaediur motivation for the study of back pain and the fact that you were unhappy about treating spinal disorders have led you, after your initial training, to Toronto, where you have worked with Dr. Macnab and Dr. McCulloch. What did you learn from them?

Pendant la dernière année de ma formation orthopédique je fis un internat consacré aux désordres vertébraux, mais bien que je réalisais que les désordres vertébraux graves et les procédures techniques étaient fascinants sur un plan professionnel, j'ai compris que le véritable challenge était avant tout la prise en charge du mal de dos non spécifique et de l’incapacité.

3 Votre motivation dans l’apprentissage de la chirurgie, et votre insatisfaction dans le traitement du mal de dos vous a conduit, après votre formation initiale à Toronto (où vous avez connu des Chirurgiens de renommée internationale, tels que les Dr Nacnab et McCulloch, spécialistes de chirurgie vertébrale). Qu’avez-vous appris avec eux ?
Your motivation for the study of back pain and the fact that you were unhappy about treating spinal disorders have led you, after your initial training, to Toronto, where you have worked with Dr. Macnab and Dr. McCulloch. What did you learn from them?


Unhappy is probably the wrong word. I simply realised that my UK training in the 1970s did not cover this area of orthopaedics very well. My year with Iain Macnab and John McCulloch gave me a basic training in spinal surgery, but more important it introduced me to the whole area of low back pain and research.

“L'insatisfaction” n'est pas le terme adapté. J'ai simplement réalisé que la formation en Angleterre dans les années 70 ne couvrait pas très bien ce domaine de l'orthopédie. Mon année passée avec Iain Macnab and John McCulloch m'a non seulement apporté une formation de base en chirurgie vertébrale, mais aussi permis d'accéder à tous les domaines du mal de dos et de la recherche.


4 C’est à partir de cette période que vous avez développé un intérêt particulier en psychologie clinique et de son importance dans les désordres vertébraux. Comment s’est développé cet intérêt ?
Since then you have developed a real interest in clinical psychology and its importance in spinal pain syndroms. How did this interest develop?


I don’t think I have ‘a real interest in clinical psychology’. I would rather say that I soon realised that dealing with patients is more important than dealing with spines. Of course we must treat the pain, but that is only half the job: we must also learn to understand and manage patients. Clinical psychologists and their research can help to teach us how to do that better.

Je ne pense pas avoir eu un « réel intérêt pour la psychologie clinique ». Je dirais plutôt que j'ai vite réalisé qu'il valait mieux s'occuper des patients plutôt que de se focaliser sur leurs vertèbres. Naturellement, nous devons traiter la douleur, mais cela ne représente que la moitié du travail : nous devons aussi apprendre à cerner et à gérer nos patients. La psychologie clinique et les recherches dans ce domaine peuvent nous aider à mieux nous éduquer dans cette perspective.

5 Le concept bio-psychosocial du mal do dos (que nous allons aborder dans l’interview) a t’il une origine psychiatrique ?
Does the biopsychosocial concept of back pain, that we are going to talk about, have a psychiatric origin?


NO! We are NOT talking about psychiatry. We are NOT saying that back pain is a psychological or psychiatric problem or that the pain is ‘psychogenic’. Of course back pain is a physical problem, but psychosocial factors also influence how it affects people. This is NOT a ‘psychosocial model’ of back pain – it is an attempt to balance both physical and psychosocial factors.

NON! Nous ne parlons PAS de psychiatrie. Nous ne disons PAS que le mal de dos est un problème psychologique ou psychiatrique ou que la douleur est d'origine « psychogène ». Il est évident que la douleur est un problème physique, mais les facteurs psychosociaux influencent aussi la manière dont les gens sont affectés. Il ne s'agit PAS d'un modèle psychologique du mal de dos - il s'agit d'une tentative de mise en balance des facteurs physiques et psychosociaux.

6 Vous êtes aussi Professeur associé à l’école Anglaise d’Ostéopathie (British School of Osteopathy). Vous montrez un réel intérêt pour les thérapeutiques manuelles, chiropratique et kinésithérapie inclues. Comment en êtes-vous venu à vous intéresser à ces professions ?
You are also a professor at the British School of Osteopathy, you show a real interest for manual therapy practice, chiropractic and physical therapy included. Why such an interest?


For too many years, orthodox medicine ignored musculoskeletal disorders while these ‘alternative and complementary’ health professions developed considerable experience and expertise. Orthodox medicine now recognises that these problems are important causes of human suffering and disability, but we have a lot of ground to catch up and can learn a lot from these other professions. Ideally, I think we should integrate the various professional perspectives and knowledge. (That is not to suggest the actual professions should necessarily merge!)

Pendant beaucoup trop longtemps, la médecine orthodoxe a ignoré les désordres musculo squelettiques alors que les professions de santé dites « alternatives et complémentaires » ont développé une expérience et une expertise considérable dans ce domaine. La médecine orthodoxe reconnaît aujourd'hui qu'il s'agit d'un problème de souffrance et d'incapacité humaine important, mais il nous reste beaucoup de chemin à parcourir pour pouvoir apprendre de ces professions. Idéalement, je pense que nous devrions intégrer les divers savoirs et perspectives professionnels. (Ce qui ne veut pas dire pour autant que les professions devraient fusionner !)

7 Vous avez écrit que ces professions ont bien plus à partager qu’autre chose. Pourriez-vous nous préciser votre pensée ?
You have written that these professions have more in common than anything else. Could you tell us more about your thinking?


They share many concepts about musculoskeletal dysfunction, even if they use different terms. They share many manual therapy techniques, accepting there are subtle differences. They share many of the same goals of helping patients get on with their lives. I think many of the apparent differences are historical and reflect different professional identities and old rivalries.

Elles partagent beaucoup de concepts sur les dysfonctions musculo squelettiques, même si elles utilisent des termes différents. Elles partagent beaucoup de techniques manuelles, bien qu'il existe quelques différences. Elles partagent des buts identiques afin d'aider les patients dans leur vie. Je pense que la plupart de ces différences apparentes est d'ordre historique et reflètent de vieilles rivalités et identités professionnelles différentes.

8 Vous avez développé dans votre livre une importante description de la chiropratique, notamment sur le plan historique. Vous avez notamment écrit un article, et expliqué que la chiropratique était de loin une science basée sur les preuves, en comparaison avec la médecine orthodoxe dans le traitement de la pathologie vertébrale commune. Quel est l’apport de cette profession en matière de pathologie vertébrale (recherche n°11) ?
You have developed in your book an important description of Chiropractic development, particularly in its historical aspect. You have written that Chiropractic practice has provided greater results for relieving low back pain and provided evidence that manipulation technique is achieves greater patient results than that for most orthodox medical treatments. What is precisely the contribution of Chiropractic manipulation in the area of spinal pathology?
(Research N°11)


I would say exactly the same about both chiropractic and osteopathy, while physiotherapy has a different but complementary history. All three professions have something to teach orthodox medicine in their general approach to the management of back pain. There is strong scientific evidence that manipulation is one of the most effective symptomatic treatments we have for low back pain. However, there is no clear evidence that any one profession’s type of manipulation is more effective than any other.

Je dirais exactement la même chose à propos de la chiropratique et de l'ostéopathie, alors que la kinésithérapie a une histoire différente mais complémentaire. Ces trois professions ont à apprendre à la médecine orthodoxe dans leur approche générale de la prise en charge du mal de dos. Il y a des preuves scientifiques montrant que les manipulations représentent l’un des traitements symptomatiques le plus efficace concernant le mal de dos. Malgré tout, les preuves ne sont pas encore suffisantes pour montrer, selon les professions, quel type de manipulation est plus efficace qu'un autre.

9 Votre investissement dans l’étude de la pathologie vertébrale s’est traduit en 1998 par la sortie d’un livre s’intitulant « La révolution du mal de dos » (édition Churchill Livingstone).
Le mot révolution n’est pas un simple qualificatif. Pourquoi avez-vous utilisé un terme si fort ?
Your interest in the study of back pain has lead to the release of a book called The Back Pain Revolution, in 1998 (1st edition Churchill Livingstone). The word “revolution” is no small term. Why did you choose this term in the title of your book?



Because there really has been a revolution in how we think about and manage back pain. There is increasing agreement that treating back pain purely as a biomedical problem did not work (look at the epidemic of low back disability between the 1950s – 1990s) and that we must take a more holistic view that includes both bio- and psychosocial issues. This is not just philosophical theory – it has led to a revolution in management, with a complete reversal in the basic strategy of management from advice to rest (which was standard orthopaedic teaching up to the early-mid 1990s) to the modern advice to stay active and continue ordinary activities as normally as possible.

Parce qu'il y a eu une véritable révolution dans la manière de penser et de prendre en charge le mal de dos. Il y a un accord grandissant sur le fait que traiter du mal de dos comme un problème biomédical ne marche pas (regarder l'épidémie du mal de dos et des incapacités entre les années 50 et 90) et que nous devons avoir une approche holistique incluant à la fois les facteurs biologiques et psychosociaux. Il ne s'agit pas simplement d'une théorie philosophique - ceci a débouché sur une révolution dans la prise en charge, basée sur une stratégie opposée à la mise au repos (qui correspondait à l'enseignement orthopédique standard jusqu'au début des années 90) vers des conseils consistant à rester actif et à continuer, autant que possible, à poursuivre ses activités quotidiennes.

10 Ce livre s’est élaboré autour d’un travail de recherche extrêmement important, pendant plus de 20 ans. L’implication des facteurs psychosociaux dans la pathologie vertébrale est-elle établie dans la littérature scientifique (45 recherches directement consultables sur le web en fin d’interview) ?
This book has been developed on research studies during this past two decades. Is the involvement of bio psychosocial aspects in vertebral pain syndroms established in the scientific literature?(see 45 researches presented at the end of the interview)


I don’t think there is any doubt about that. The new edition of my book (March 2004) gives a much more extensive bibliography to this whole literature.

Je ne pense pas qu'il puisse y avoir le moindre doute à ce sujet. La nouvelle édition de mon livre (mars 2004) propose une bibliographie encore plus complète de l'ensemble de la littérature.

11 Vous avez commencé votre livre avec la phrase suivante « le mal de dos est le désastre médical du 20ème siècle». Il s’agit d’un constat lourd de sens. Comment expliquez-vous un tel échec ?
You have begun your book by saying “back pain is a 20th century medical disaster”. Again, this not a simple sentence. How could you explain such a failure?


Look at the epidemiology: back pain has not changed, yet we had an epidemic of chronic disability, sickness absence and long-term social security benefits for back pain. New medical knowledge, investigations and interventions certainly helped the small minority of patients with serious spinal disorders. But all of these ‘advances’ did not solve the problem of non-specific low back pain, and arguably may even have contributed to the epidemic.

Regardez l'épidémiologie : le mal de dos n'a pas changé, jusqu'à présent nous avons eu une épidémie d'incapacités chroniques, d'arrêts maladie et des coûts de couverture de sécurité sociale sur le long terme. Les nouvelles données médicales, les investigations et interventions ont certainement aidé une petite minorité de patients atteints de pathologie sérieuse. Mais toutes ces avancées n'ont pas résolu le problème du mal de dos non spécifique, et à l’opposé favorisé l'augmentation de cette épidémie.

12 Je souhaiterais dans un premier temps que vous nous rappeliez quelle est l’importance de la pathologie vertébrale commune, et de son aspect pandémique ?
Could you remind us of the prevalence of back pain and its universal nature?


Many epidemiological studies show that 60-80% of adults get some low back symptoms at some time in their lives, with an annual and monthly prevalence of about 40%. This figure is more or less the same in all developed countries. Contrary to isolated claims, most of the evidence shows that this prevalence has not changed, at least over the last 20-30 years when we have comparable evidence. However, it is important to remember that most people deal with back pain themselves most of the time, so this is not the prevalence of back pain as a ‘medical problem’ or the prevalence of back disability.

Beaucoup d'études épidémiologiques montrent que 60 à 80 % des adultes souffriront de mal de dos à un moment donné de leur vie, avec une prévalence annuelle et mensuelle d'environ 40 %. Ce chiffre correspond plus ou moins à l'ensemble des pays développés. Mis à part quelques certaines revendications isolées, la majorité des preuves scientifiques montrent que cette prévalence n'a pas changé, au moins ces 20 à 30 dernières années, lorsque nous possédons des études identiques comparatives. Néanmoins, il est important de se rappeler que le plus grand nombre de gens souffrant du mal de dos se soignent seuls la plupart du temps, c'est la raison pour laquelle il ne s'agit pas d'une prévalence du mal de dos « comme un problème médical » ou d'une prévalence d'incapacité vertébrale.

13 Vous étiez présent au Congrès Mondial de la Chiropratique en mai 2001 à Paris. Dans votre discours sur la prévalence du mal de dos, vous notez que le taux d’absentéisme au travail lié au mal de dos et son coût auprès des assurances sociales des pays industrialisés comme l’Europe et les Etats-Unis était en augmentation jusque dans les années 90. Cette tendance évolutive semble s’infléchir aujourd’hui. Cette évolution est-elle liée à un changement de la nature du mal de dos ?
You were present in the world congress of Chiropractic in Paris, May 2001. During your lecture you have mentioned that “the amount of long-term sickness absence and social security benefits for back pain problems increased considerably in all the countries of North America and Europe between the 1970s and the early to mid 1990s.” However present review seems to show that there is a downward trend. Is this changing the result of a biological change of back pain?


There is no reason to think that the biology of back pain has changed, either during the exponential increase up to the early-mid 1990s or in the few years since that time. The paradox is that over the last 1-2 generations the physical demands of work have generally diminished, yet the amount of low back disability increased. There certainly seems to be some reversal of these statistics since the mid-late 1990s, at least in some settings in some countries, though I think it is too early to say that the epidemic is over.

Il n'y a aucune raison de penser à un changement biologique du mal de dos, même pendant l'augmentation exponentielle au début et au milieu des années 90 et depuis lors. Le paradoxe est que pendant les 1-2 dernières générations les contraintes physiques liées au travail ont diminué alors que le taux d'incapacité concernant le mal de dos a augmenté. Il semblerait qu'il existe un retournement de tendance de ces statistiques à partir du milieu et de la fin des années 90, du moins dans certains pays, bien que je pense qu'il est encore trop tôt pour dire que cette épidémie est finie.

14 Dans votre livre, vous expliquez que jusqu’à présent, la pratique clinique n’était pas suffisamment définie, mais que dorénavant il était possible de dessiner quelques principes pour un meilleur traitement.
Selon vous, une des premières étapes dans l’étude de la pathologie vertébrale commune n’est pas un diagnostic au sens propre du terme, mais plutôt un triage. En quoi consiste t’il ?
In your book you explain that until now, there has been a lack of a clear direction for change. But there is today the possibility to draw some principles for a better treatment.
According to you, the first step in the study of back pain is not a diagnostic in first intention but rather a diagnostic triage. Could you please elaborate your position?


These are really two separate and unrelated questions:
1. We do now have a clear conceptual basis and a strong scientific evidence base for better primary care management of low back pain: as laid out in modern clinical guidelines which give broadly similar messages in most countries.
2. This is not the first step in the ‘study’ of back pain but a very practical point about clinical management of the individual patient. There, one of the most important clinical needs, and arguable the first step in clinical assessment, is to decide what kind of problem we are dealing with and to make sure there is no serious pathology like tumour or infection. That is the ‘triage’ which is incorporated into most clinical guidelines. More specific diagnosis follows automatically – when we can, but the problem is that most professions and even different doctors produce different diagnoses and cannot agree on how to diagnose ordinary or ‘non-specific’ back pain.

Il y a réellement des questions distinctes et sans relation :
1. Nous n'avons pas de concept de base clair et suffisamment de preuves scientifiques pour une meilleure prise en charge en première intention du mal de dos : ainsi que le mentionne les recommandations cliniques modernes où il est proposé globalement les mêmes messages dans la plupart des pays.
2. Il ne s'agit pas de la première étape de « l'étude » de la pathologie vertébrale mais un point très pratique de la gestion de chaque individu. Là, l'une des nécessités cliniques la plus importante, et première étape probable de l'évaluation clinique, est de décider de quel type de problème nous avons à faire et d'être certain qu'il n'y ait pas de pathologie sérieuse comme une tumeur une infection. Voilà ce qu’est un « triage », en général incorporé dans la plupart des recommandations cliniques. Un diagnostic plus spécifique s'ensuit automatiquement - lorsque nous pouvons - mais le problème est que la plupart des professions y compris les praticiens émettent des diagnostics différents et ne sont pas d'accord habituellement sur la manière de diagnostiquer un mal de dos non spécifique.

15 Un point important de ce triage est la recherche de ce que vous appelez les drapeaux rouges. Cette expression est-elle la vôtre ? Quels sont ces drapeaux rouges ?
One of a major point of this diagnostic triage is the presence of red flags.
Is this expression yours? What are these red flags?


This is not my term, but comes from the original American (AHCPR 1994) and UK clinical guidelines. It refers to a group of clinical features that should alert the clinician to the possibility of serious disease and the need for further assessment and investigation. This is a brief list of the main red flags in acute low back pain:

Presentation age 55 years
Violent trauma, e.g. fall from a height, RTA
Constant, progressive, non-mechanical pain
Thoracic pain
Previous history: carcinoma, systemic steroids, drug abuse, HIV
Systematically unwell, weight loss
Persisting severe restriction of lumbar flexion
Widespread neurology
Structural deformity

Ce n'est pas mon terme, mais il provient du Département de la Santé et de Recherche Américain (AHCPR 1994) ainsi que des recommandations cliniques anglaises. Il se réfère à un groupe de tableaux cliniques qui devrait alerter le clinicien sur la possibilité d'une maladie sérieuse ainsi que la nécessité d'une investigation et d'une évaluation supplémentaire.
Voici une liste brève des principaux signes d'alerte (drapeaux rouges) dans le mal de dos et aigu :
présentation avant l’âge de 20 ans ou début après 55 ans,
traumatisme violent, par exemple une chute de sa hauteur,
douleur constante progressive et non mécanique,
douleur thoracique,
antécédents : cancer, corticothérapie au long cours, drogue, HIV,
altération de l'état général, perte de poids,
restriction persistante et sévère de la flexion lombaire,
atteinte neurologique majeure,
déformation structurale.


16 Le rôle des investigations complémentaires (radiographie, scanner, IRM, examens de laboratoires) est-il déterminant dans cette première étape ? N’y a t’il pas là une source d’économie potentielle ?
Are the roles of investigations (Xrays, bonescan, MRI, laboratories findings) of primary importance for this diagnostic triage? Isn’t there here a potential to save cost?


Perhaps surprisingly, clinical ‘red flags’ are more sensitive and more accurate than any of these investigations for ‘screening’ and the early detection of disease. It takes time for radiological change to develop. Also, the problem with every investigation is the number of false negatives and false positives, and they can easily lead to over-treatment. So this is one area where clinical assessment really is better – the fact that it also saves money is a bonus.

C'est certainement surprenant, mais les signes d'alerte (drapeaux rouges) sont plus déterminants et précis que la plupart de ces investigations, en particulier la détection précoce de maladie. Les changements radiographiques prennent du temps pour se manifester. De la même manière, la difficulté avec toutes les investigations est le nombre de faux négatifs et de faux positifs, et le fait qu'ils entraînent facilement un excès de traitement. C'est la raison pour laquelle il s'agit d'un domaine où l'évaluation clinique est supérieure – qui plus est, cela permet également une économie substantielle.

17 Le Dr Scott Haldeman, DC, MD, PhD, présent pendant ce Congrès rappelle qu’en matière d’atteinte vertébrale commune, il est souvent difficile d’attribuer un lien causal à la douleur. L’approche cartésienne de la douleur est-elle inappropriée pour les désordres vertébraux ? (lisez les propos du Dr Scott Haldeman sur vertebre.com)
Scott Haldeman, DC, MD, PhD, present at the Congress, mentioned that for back pain, the search for an aetiology based on a pure medical pathology model has failed to provide a solution. Is the Cartesian approach of pain for back trouble inadequate?


Of course the holy grail of back pain is to develop better understanding of its physical basis, to be able to distinguish different kinds or types of back pain, and to develop more specific treatments. I agree with Scott that we have not been very successful so far, but that does not mean we should give up trying. I am confident that sooner or later we will be able to do this better, at least for some kinds of back pain. But I have already argued that is only half the job. The other challenge is to improve our understanding and management of back pain as a human problem.

Évidemment que le but ultime de la compréhension du mal de dos est de développer une meilleure connaissance de ses causes physiques, d'être capable de distinguer les différentes sortes ou types d’atteintes et de développer des traitements spécifiques. Je suis d'accord avec Scott sur le fait que nous n'y sommes pas encore parvenus, mais cela ne veut pas dire que nous ne devons pas continuer à persévérer. Je suis sûr que tôt ou tard nous serons capables de mieux effectuer cette tâche, à minima sur certains types de mal de dos. Mais j'ai déjà dit qu'il s'agissait que de la moitié du travail. L'autre challenge est d'améliorer notre compréhension de la prise en charge du mal de dos comme un problème humain.


18 Partant de ce constat, vous insistez sur l’évaluation de la douleur et des incapacités résultantes. Néanmoins, vous notez que bien que douleur et incapacité vont ensemble, nous en parlons comme si elles ne formaient qu’une. Il s’agit là d’une erreur fondamentale. Vous insistez sur le fait qu’il faut à tout prix les dissocier. Comment cette dissociation doit-elle s’envisager ?
By following this observation you insist on the assessment of pain and incapacity which we consider to be one and the same. But it is a fundamental error; you mention the fact that we should make a clear distinction. How can we consider such a distinction in clinical practice?


Of course I agree that pain and disability and incapacity are linked, but they are not ‘one and the same’. Pain is basically a symptom; disability is restricted function; incapacity and sickness absence from work is a different matter: the correlation between them is much weaker than many doctors and therapists assume. It is common clinical experience that some patients with severe spinal pathology, impairment and pain nevertheless continue working, while other patients with very little objective abnormality in their backs and apparently similar pain stay off work for years. I think it is important to distinguish pain and disability, because otherwise there is a danger that we assume that back pain means incapacity for work and our advice may then actually produce disability. Also, treating pain is not necessarily the same as treating disability.

Bien sûr je suis d'accord, la douleur, le handicap et l’incapacité sont liés, mais « ils ne forment pas un tout ». À la base, la douleur est un symptôme ; le handicap est une limitation de la fonction ; l'incapacité et l'arrêt de travail représentent un problème différent : la corrélation entre eux est beaucoup plus faible que ce qu'en pensent beaucoup de docteurs et thérapeutes. L'expérience clinique commune montre que certains patients atteints de pathologie vertébrale douloureuse majeure continuent, malgré tout, à travailler, alors que d'autres avec peu d'anormalité objective de leur dos et à souffrance équivalente, ne retournent pas au travail pendant des années. Je pense qu'il est important de distinguer la douleur des incapacités, car il y a un danger de croire que le mal de dos soit synonyme d'incapacité au travail et de donner des conseils produisant à leur tour du handicap. C'est la raison pour laquelle traiter la douleur n'est pas nécessairement la même chose que traiter un handicap.

19 La douleur et l’incapacité sont associées quelquefois à une troisième composante. Quelle est cette composante ? N’est-ce pas là l’une des conséquences sociales les plus graves dans la vie du patient ?
Pain and disability are also associated with a third entity which represents the most crucial impact of low back pain? What is this entity?


I am not sure what you mean here, but I assume it might be incapacity for work, which has the greatest impact on patients, their families, employers and society.

Je ne suis pas sûr de ce que vous voulez dire ici, mais je crois comprendre qu'il s'agit de l'incapacité de travail, dont l'impact est majeur sur le patient, leur famille, leur employeur et la société.

20 Un certain nombre de praticiens considère que le mal de dos est justement engendré par le travail. Les praticiens de santé préconisent alors de stopper leur activité jusqu’à ce qu’ils aillent mieux. Est-ce là une bonne attitude thérapeutique ?
All too often, doctors and therapist tell patients that their back pain is due to their jobs, and that they should stay off work until they are better. Is it a good therapeutic attitude?


No – I think it is very bad (and usually incorrect) information and advice. It is not good treatment. It prescribes disability.

Non - il s'agit d'une information (et habituellement incorrecte) et d'un conseil très mauvais. Ce n'est pas un bon traitement. Cela consiste à prescrire de l'incapacité.

21 D’un autre côté, on nous répète souvent que l’excès de poids, la sédentarité, le tabagisme et nos gênes représentent de véritables facteurs de risques du mal de dos. S’agit-il d’idées reçues ?
Otherwise, we all hear that heredity, smoking, weight, no body build represent risks factors for back pain? Do you consider this second-hand idea?


Recent epidemiological evidence suggests some changes in this. Heredity probably is a risk factor, but it is quite weak and anyway there is nothing we can do about it. All human beings are probably condemned to getting back pain at some time, but the important thing is that there is nothing in our genes that determines we are going to be disabled by back pain. Most of the other demographic factors you mention probably have little or no effect.

Les évidences épidémiologiques récentes suggèrent quelques changements sur cet aspect du problème. Il est probable que l'hérédité représente un facteur de risque, mais cela reste une hypothèse fragile et de toute manière nous ne pouvons rien faire. Tous les êtres humains sont probablement condamnés à souffrir du mal de dos à un moment de leur vie, mais le point important est qu'il n'existe aucun gêne prédictif d'un handicap à la douleur vertébrale. La plupart des autres facteurs démographiques que vous mentionnez n’a probablement peu ou pas d'effet.

22 Existe t’il de réels facteurs de risques ?
Are there real risk factors for back pain?


Yes:
Individual: Previous history, genetic, gender, age, social class,

Environmental: manual handling, bending & twisting, driving and whole body vibration,

Social: psychosocial aspects of work, family, socio-economic, cultural,

However, some of these are not so much risk factors for getting back pain, but risk factors for chronicity or for disability and incapacity.

Oui :
individuel : antécédents de mal de dos, génétique, le sexe, l'âge et la position sociale,

environnementaux : les travailleurs de force, se pencher en avant et la torsion, la conduite et les vibrations induites dans le corps.

Sociaux : aspect psychosocial au travail, famille, aspect socio-économique et culturel.

Malgré tout, quelques-uns de ces facteurs ne représentent pas un risque important du mal de dos mais plutôt des facteurs de passage à la chronicité ou de handicap et d'incapacité.

23 Bien que nous tentions de mesurer la douleur et l’incapacité, il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’éléments subjectifs rapportés par le patient. Pour répondre à cette difficulté, vous avez développé la notion de déficience. Celle-ci doit procéder d’une méthode objective d’examen physique, dont le but est d’étudier la sévérité des atteintes vertébrales. Au total, l’évaluation clinique du patient s’organise en trois cercles distincts, qui consistent à établir un lien éventuel entre la douleur, l’incapacité et les déficiences.
Pourriez-vous nous aider à comprendre cette deuxième étape de l’évaluation clinique ?
Even if we should measure pain and its attributed incapacity, there are still representing subjective components reported by the patient. To solve the problem you have developed the notion of physical impairments. It proceeds in an objective clinical assessment of severity. Finally, clinical evaluation of back pain consists in making the relation between pain, disability and impairment which you symbolise as an intersection of three circles.
Could you help us understand this second step of the clinical evaluation of back pain?


I don’t think this is ‘the second step of clinical evaluation’ but rather an attempt to illustrate that subjective reports of pain, functional restrictions (i.e. disability) and objective clinical findings (i.e. physical impairment) are different kinds of clinical information. The ‘three circles’ diagram you refer to was simply trying to illustrate that they are linked but the correlation or overlap between them is actually quite weak.

Je ne pense pas qu'il s'agisse de la « deuxième étape de l'évaluation clinique » mais plutôt une tentative d'illustrer le fait que le rapport subjectif de la douleur, des restrictions fonctionnelles (handicap) et des observations cliniques (déficience physique) correspondent à différents types d'informations cliniques. Le diagramme des trois cercles auquel vous faites référence essaye d'illustrer le lien qui existe entre eux mais cette corrélation et intersection restent relativement faible.

24 Néanmoins, cette évaluation nous amène à constater qu’en matière de douleurs vertébrales certaines persistent peu, ou se traitent avec succès (elles sont dites aiguës), alors que d’autres entraînent des incapacités sur le long cours et sont qualifiées de chroniques.
La différence entre douleur vertébrale aiguë (définie classiquement comme une durée inférieure à 3 mois) et douleur chronique (supérieure à 3 mois) se résume t’elle uniquement à cette notion de temps ?
Nevertheless this evaluation led to the fact (GW - No it didn’t!) that back pain may disappear spontaneously or with an adequate treatment within a short period or sometimes may continue and become chronic. Is the difference between acute and chronic pain a question of time?


This is a completely different issue. Chronic pain is by definition pain that persists and does not respond to treatment, so it is to some extent a question of time. But it is more than that: it is not just that it does not respond to treatment, but it often seems to change in quality as well. Psychosocial factors often become more important. It also often has much greater impact on the patient’s Life

Il s'agit d'un problème complètement différent. La douleur chronique est par définition une douleur qui persiste et qui ne répond pas aux traitements, par conséquent il s'agit en en quelque sorte d’une question de temps. Mais c'est plus important que cela encore : ce n’est pas simplement une absence de résultat au traitement mais aussi un changement dans la nature de la douleur. Les facteurs psychosociaux deviennent souvent plus important. L'impact sur la vie du patient est alors majeur


25 Le Dr Jay Triano, DC, PhD, précise dans notre interview passé sur vertebre.com que « bien que cela soit difficile, une observation précise des patients permet de déceler des signes comportementaux anormaux à la douleur chronique dans un délai de 2 semaines après le début d’une atteinte ». Pensez-vous qu’il soit possible d’objectiver des facteurs de risques dans une optique de prévention ?
(lisez cette interview, question 26)
Dr. Jay Triano mentions in our past interview that “while difficult, close scrutiny of patients can identify signs of chronic pain behaviour in some patients as early as two weeks after injury”. Do you think it is possible to screen risk factors to prevent chronic back pain?
(lisez cette interview, question 26)


Yes, I would agree with Jay. Screening is possible, and it is sometimes possible to do this at 2 weeks. The goal is certainly to identify patients at risk as early as possible so that we can intervene early to prevent chronicity developing – though actually achieving that may be more difficult.

Oui, je suis d'accord avec Jay. Le dépistage est possible, et il est aussi quelquefois possible de le faire dans un délai de deux semaines. Le but est certainement d'identifier les patients à risque le plus tôt possible dans le but d'intervenir et de prévenir le développement de la chronicité - néanmoins cela reste difficile actuellement.

26 Qu’appelez-vous “drapeaux jaunes”, y-a-t’il une analogie avec les drapeaux rouges ?
What are yellow flags and is there a link with red flags?


The term yellow flags was introduced in the 1997 New Zealand guide for psychosocial factors that help to identify patients at risk of developing chronic pain and disability. They are quite different from the red flags for pathology, but can be thought of as a second stage of screening. At that time, it was thought that psychosocial factors were much better for ‘screening’ than any biomedical factors. However, our more recent review of screening showed that demographic, clinical and psychosocial factors can all give roughly comparable screening. The problem is that none of them are very accurate for predicting what will happen to the individual patient.

Les termes drapeaux jaunes furent introduits en 1997 dans les guides sur les facteurs psychosociaux en Nouvelle-Zélande dans le but d'aider à identifier les patients risquant de développer une douleur chronique et de l'incapacité. Ils sont complètement différents des drapeaux rouges qui correspondent à des signes d'alerte d'une pathologie, mais les drapeaux jaunes peuvent être considérés comme une deuxième étape de « dépistage ». À ce moment-là, nous pensions que les facteurs psychosociaux étaient plus importants pour ce dépistage que tous les autres facteurs biomédicaux. Néanmoins, nos revues récentes sur le dépistage montrent que les facteurs démographiques, cliniques et psychosociaux peuvent tous donner à peu près une évaluation comparable. La difficulté est qu'aucun d’eux n’est suffisamment précis pour prédire ce qui arrivera aux patients.


27 Considérez-vous que le modèle bio psychosocial n’est pas un modèle causal de la douleur vertébrale, mais plutôt une compréhension de la manière dont certains patients basculent dans les atteintes chroniques aux incapacités majeures ?
Do you consider that the biopsychosocial approach is not a causal model of back pain but rather a clinical model that help us understand why certain patients develop chronic vertebral pain and major disabilities?


I don’t know how often I have to keep repeating this and why so many people persist in misinterpreting this. So let me repeat once more: back pain originates from a physical problem in the back. The biopsychoscial model does NOT suggest that back pain is psychogenic or a psychosocial problem. It simply emphasises that in order to understand and help patients we must consider all of the physical, personal/psychological and social/occupational factors that influence behaviour and disability.

Je ne sais pas combien de fois je devrais répéter cela et pourquoi tant de gens persistent dans cette mauvaise interprétation. Donc laissez-moi à nouveau répéter : la douleur du dos se déclare à partir d'un problème dans le dos. Le modèle bio psychosocial ne suggère PAS que la douleur est psychogène ou qu'il s'agisse d'un problème psychosocial. Celui-ci met simplement l'accent sur le fait que pour comprendre et aider les patients nous devons prendre en compte tous les facteurs physiques, personnels/psychologiques et sociaux pouvant influencer le comportement et l'incapacité.

28 Parlons plus précisément de l’aspect psychologique de ce modèle, qui semble défini par trois principaux facteurs : (1) les croyances qu’ont certains patients de leur atteinte vertébrale, (2) et l’excès de stress tous deux générateurs d’un (3) comportement maladif. Pouvez-vous nous expliquer ce que ces notions représentent et leur interdépendance ?
Let us talk more precisely of the psychological aspect which seems to be related to three major factors. First, we have the fear avoidance beliefs of patients. Second, the role of distress is presented. Third, illness behaviour is a factor. Could you explain to us what these three notions mean and how they interact?


These are really the three main elements of what people think and feel and do about their pain:
Beliefs (or what psychologists call ‘cognitive factors’) are how people ‘think’ about the pain.
Psychological distress is the emotional component or how people “feel” about the pain.
Illness behaviour is what people say and ‘do’ about the pain that communicates how they think and feel about the pain.

Ils représentent les trois éléments principaux sur ce que les gens font, pensent et ressentent à propos de leur douleur :
les croyances (ou ce que les psychologues appellent « les facteurs cognitifs »), est le : « comment » les gens perçoivent-ils leur douleur .
L'excès de stress est une composante émotionnelle dans la manière dont les gens «ressentent » leur douleur.
Le comportement vis à vis de leur atteinte correspond à ce que les gens disent et « font » de leur douleur et comment ils communiquent leur pensée et sensation sur cette douleur.


29 Pourriez-vous nous donner un exemple clinique caractéristique ?
Is it possible to give us a characteristic clinical example ?


The longer pain lasts, with the failure of treatment to ‘cure’ the problem, and especially the longer the patient is off work, the more anxious they become. They become increasingly aware of and concerned about their pain, about what is happening to them, and desperate to seek an answer. They may become convinced that there is something serious wrong, that there is some serious or permanent damage to their back (even if no one can identify it), that their back is weak, and that they must avoid doing anything that might re-injure it (fear-avoidance). They may become depressed. Their whole pattern of activities and life-style may change as they adapt to invalidity (illness behaviour). All of this may be aggravated by inappropriate or conflicting advice from different health professionals.

La douleur est tenace, avec un échec du traitement et de guérison, en l'occurrence, plus les patients sont en arrêt de travail longtemps, plus ils sont anxieux. Ils deviennent alors particulièrement alarmés et concernés par leur douleur, de ce qu'il peut leur arriver, et ils cherchent désespérément une réponse. Ils peuvent être convaincus d’être atteints par quelque chose de sérieux, qu'il existe un dommage important et permanent dans leur dos (même s'ils ne peuvent pas l’identifier), que leur dos est faible, et qu'ils doivent cesser de faire quoi que ce soit qui risquerait de les blesser à nouveau (croyances et peurs à propos de leur dos). Ils peuvent devenir dépressifs. L’ensemble de leur activité et de leur style de vie peuvent changer et s’organiser en fonction de leur invalidité (comportement vis-à-vis de leur atteinte). Tout ceci peut-être aggravé par des conseils contradictoires ou inappropriés émanant de différents professionnels de la santé.


30 Et à quoi correspondent les interactions sociales ?
And what about social interactions?


As an over-simplification, psychology basically deals with what is going on inside the individual’s head; social factors concern interactions with other people or society. Social influences in back pain have received much less attention but are probably equally important, especially for disability and work. Social factors are less well understood, but should not be over-simplified into economic (dis)incentives alone. They probably include:
Culture
Family
Social class/occupation/education
Job satisfaction & psychosocial aspects of work
Unemployment
Early retirement
Workers compensation
Litigation
Social security

En caricaturant, la psychologie concerne avant tout ce qui se passe dans la tête de la personne ; les facteurs sociaux s'intéressent aux interactions avec les autres et la société. Les influences sociales sur la douleur vertébrale ont reçu beaucoup moins d'attention mais sont probablement tout aussi importantes, en particulier s'agissant de l'incapacité de travail. Les facteurs sociaux sont aussi moins bien compris, mais ne devraient pas être réduits de manière simpliste aux incidences économiques uniquement. Ils comprennent probablement :
la culture,
la famille,
le niveau social, l'occupation, l'éducation,
la satisfaction de travail et les aspects psychosociaux du travail,
le chômage,
la retraite prématurée,
les indemnisations de travail,
les litiges,
la sécurité sociale.




31 A nouveau pourriez vous nous décrire un exemple clinique d’influences sociales négatives pour un patient souffrant de mal de dos ?
Again, is it possible to give us a clinical example of bad influences of social factors on back pain?


Health professionals telling patients that their back pain is caused by their work (usually with little evidence or even thought), advising them to stay off work till they are 100% better, and issuing them with (sometimes unjustified) sick certificates. Employers refusing to take them back to work till they are 100% better, for fear of re-injury and liability. Everyone (patient, doctor, employer) waiting passively for them to get better, and ignoring the reality that the longer they are off work the lower their chances of ever returning. By 6 months off work, there is only a 50% chance of returning to work; by 1-2 years off work (or earlier if they lose their job), the probability is they will never return to work in the foreseeable future. That is a social disaster – for everyone.

Les professionnels de la santé disent aux patients que le travail est la cause de leur mal de dos (ce qui est loin d'être prouvé même s'ils le pensent), leurs conseillant de s'arrêter de travailler jusqu'à leur guérison, en leur distribuant des certificats de maladie (la plupart du temps injustifiés). Les employeurs refusent de les reprendre tant qu'ils ne sont pas guéris, de peur qu'ils se fassent mal à nouveau et d'engager leur responsabilité. Tout le monde (patients, docteurs, employeurs) attend passivement que ça aille mieux, en ignorant cette réalité que plus l'arrêt de travail est long moins il y a de chance d'y retourner. Après six mois d'arrêt, les chances de retourner n'excèdent pas 50 % ; après un à deux ans d’arrêt (voire même moins s'il y a eu une perte de travail), il y a une probabilité de ne jamais retourner au travail dans un avenir prévisible. Voilà un désastre social pour tout le monde.


32 Etes-vous d’accord avec les propos du Dr Scott Haldeman, qui précise dans notre interview : “L’idée selon laquelle soigner correctement des douleurs vertébrales aiguës est susceptible de minimiser un passage à la chronicité fait l’unanimité, alors qu’il n’existe que très peu de preuves pouvant l’étayer. » (lire cette interview, question 22)
Do you agree with Dr Scott Haldeman when he said in our past interview: “The idea that correctly treating acute back pain will reduce the likelihood of the condition being chronic is one that has been widely adhered to with very little supporting scientific evidence.” (read this interview, question 22)


Scott is certainly correct that we have not made a very good job of it so far! However, I don’t have any doubt and I think Scott would agree about the principle. I believe we are now at the stage of better understanding of the problem and what we are trying to do, and there are some encouraging preliminary results. But we still have a long way to go to translate this into everyday practice.

Scott a raison de dire que nous n'avons pas fait du bon travail jusqu'à présent ! Malgré tout, je n'ai pas beaucoup de doute à ce sujet et je pense que Scott serait d'accord avec le principe. Je crois que nous sommes arrivés actuellement à une meilleur compréhension du problème et de ce que nous essayons de faire, et nous avons quelques résultats préliminaires encourageants. Mais il reste encore un long chemin à venir pour le transcrire au niveau de la pratique quotidienne.

33 Quel est le rôle et l’importance des manipulations vertébrales dans la prise en charge du mal de dos ?
What is the role and the importance of spinal manipulative therapy in back pain ?


Despite the recent Cochrane review, I think there is stronger scientific evidence for manipulation than for most other symptomatic treatments for back pain. However, it is important to recognise what manipulation can and cannot do. It is very good for short-term symptomatic relief. That should provide the opportunity for patients to increase their activity levels and get on with their lives, provided it is combined with appropriate information and advice. But manipulation is not a magic cure and in itself it probably does not make any difference to the long-term natural history. So it is only one tool in holistic clinical management.

Malgré la dernière revue cochrane, je pense qu'il existe des preuves scientifiques plus importantes sur les manipulations comparées aux autres types de traitement symptomatique du mal de dos. Néanmoins, il est important de reconnaître ce qu’une manipulation peut faire ou ne pas faire. Elles ont un effet antalgique à court terme. Ceci a pour conséquence d'augmenter le niveau d'activité des patients et de favoriser leur vie, en particulier si elles sont combinées avec des informations et des conseils appropriés. Mais les manipulations ne représentent pas un remède magique et probablement ne modifient pas de manière significative l'histoire naturelle de la pathologie. C'est la raison pour laquelle elles représentent simplement un outil dans l'approche clinique globale.


34 Quel est le moment où le Chiropraticien doit savoir référer un patient (mis à part la présence de drapeaux rouges) ?
Is there a time when a chiropractor should refer a patient (in the absence of red flags) ?


Obviously patients with red flags may need referral for investigation and treatment of serious spinal pathology like tumour or infection. A few patients with nerve root problems that do not get better may need referral for consideration of surgery. However, chiropractors should be able to undertake most routine treatment for non-specific back pain. For those patients who do not recover within a reasonable time, the main issue is then rehabilitation. A few chiropractors are now showing interest and developing expertise in rehabilitation, but many will need to further specialist help or collaboration in the areas of occupational health and vocational rehabilitation.

Évidemment les patients avec des drapeaux rouges (signes d'alerte) ont besoin d'être référés pour une investigation et un traitement de pathologies vertébrales sérieuses comme les tumeurs ou les infections. Un petit nombre de patients atteint de radiculalgie qui ne va pas mieux peut aussi être référé pour une considération chirurgicale. Néanmoins, le Chiropraticien doit être capable de s'occuper de la plupart des traitements pour le mal de dos non spécifique. Dans le cas où des patients ne guérissent pas dans un temps raisonnable, l'issue principale est alors la rééducation. Un certain nombre de Chiropraticiens montre désormais un intérêt grandissant et développe des capacités en réhabilitation vertébrale, mais beaucoup auront besoin de chercher une aide et une collaboration dans la réhabilitation professionnelle et une orientation kinésithérapique.

35 Considérez vous le Chiropraticien comme un professionnel de premier contact?
Do you consider that a Chiropractor should work as an independent primary contact profession?


No comment – I am staying out of professional politics!

Je ne ferai pas de commentaires - je reste en dehors de la politique professionnelle !

36 Vous mentionnez aussi la satisfaction importante des patients par rapport à ce type de soins et remarquez que les patients avaient tendance, plus que dans les autres professions concernées par le mal de dos, à garder le même praticien. Comment expliquez vous cette constatation ?
You mention that Chiropractic provides the most patient satisfaction and the highest return visits compared with the other professions enrolled in back pain treatment. How could you explain this assessment ?


Again no comment – I am staying out of professional rivalries also! I think the time has come for us all to work together to provide the best possible care for patients with back pain, rather than try to score points off each other.

À nouveau, je ne ferai pas de commentaires - je reste aussi en dehors des rivalités professionnelles ! Je pense que le temps est venu pour nous tous de travailler ensemble afin d'apporter les meilleurs soins possibles à nos patients atteints de mal de dos, plutôt que d'essayer de se concurrencer les uns les autres.

37 En définitive, que pourriez-vous conseiller aux Chiropraticiens et Ostéopathes, pour optimiser la réussite de leur traitement ? (lire cet article :
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11281925&dopt=Abstract )
Finally what would you like to recommend to chiropractors and osteopaths to optimize the success of their treatment?


Read the new edition of The Back Pain Revolution! It will not give you all the answers, but hopefully it will make you think about some of these difficult questions and encourage you to join the search for better answers.
(Read the research:
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11281925&dopt=Abstract )

Lire la nouvelle édition de « The Back Pain Revolution » ! Elle ne vous donnera pas toutes les réponses, mais espérons le, elle vous fera penser à certaines de ces questions difficiles et vous encourageront à nous rejoindre dans la recherche pour de meilleures réponses.


38 Je terminerai cet interview, en annonçant à tous nos lecteurs que la deuxième édition de votre livre « The Back Pain Revolution » est prévue à partir de Mars 2004 ! Pourriez-vous nous annoncer en avant-première les nouveautés et avancées de ce nouveau livre ?
I will finish this interview by announcing to all our readers that the second edition of The Back Pain Revolution is now published (March 2004)! By Churchill Livingstone, Edinburgh ISBN 0-4430-7227-2
Well, could you tell us what is new in this edition?


It is about 70% re-written, with new material on the physical basis of back pain and completely new sections on social and occupational issues. It incorporates the latest research findings and gives extensive bibliographies to the latest scientific literature in key areas of interest. It includes the latest clinical guidelines and advice for patients. Despite all that, it tries to stay true to the original goal of challenging where back pain is going at the start of a new millennium: as one reviewer said, it remains ‘the bible of the back pain revolution’.

Il a été réécrit à 70 %, à partir d'une nouvelle documentation sur les bases physiques du mal de dos avec une nouvelle section complète sur les questions sociales et professionnelles. Il incorpore les recherches récentes et propose une bibliographie exhaustive de la littérature scientifique actuelle dans les domaines clés qui nous intéressent. Il inclut les dernières recommandations cliniques et les conseils pour les patients. En dépit de tout cela, il essaie de rester dans la direction originale pour laquelle le mal de dos représente le challenge du siècle à venir : comme l'a dit un des critiques, ce livre reste « la bible de la révolution du mal de dos ».

Docteur Gordon Waddell, nous tenons au nom de toute l’équipe de vertebre.com, à vous adresser tous nos remerciements pour cette contribution que vous nous avez apportée au travers des réponses de cet interview. Merci.

Dr Gordon Waddell, all of the team at vertebre.com would like to sincerely thank you for your contribution to this interview. We consider your work is truly revolutionary in thought and practice.


Les recherches du Dr Gordon Waddell :

Premièrement, quelques recherches non présentes sur Medline :
First few of Dr Waddell’s recent publications not show up on Medline:

Roland M Waddell G Klaber Moffett J Burton K Main C Cantrell T The Back Book (a booklet for patients) The Stationary Office, London 1996, 2nd Edition 2002. American Edition 2003 (Translated into approx 20 languages, including French – Guide du Dos, Transl Emmanuel Coudeyre, Aventis January 2004)

Waddell G Burton K McClune T The whiplash book. (a booklet for patients) The Stationary Office, London 2001. American Edition 2004

Waddell G Models of disability. Royal Society of Medicine Press, London 2002 ISBN 1-85315-531-4

Waddell G, Aylward M, Sawney P Back pain, incapacity for work and social security benefits. Royal Society of Medicine Press, London 2002 ISBN 1-85315-542-X

Waddell G Burton AK Main CJ Screening to identify people at risk of long-term incapacity for work: a conceptual and scientific review. Royal Society of Medicine Press, London 2003 ISBN 1-85315-564-0 (Can be downloaded free from www.rsmpress.co.uk/bkwaddell2.htm )
Waddell G Klaber Moffett J Burton K The neck book. (a booklet for patients) The Stationary Office, London 2004 American Edition 2004.

Waddell G Burton AK Concepts of rehabilitation for the management of common health problems. The Stationery Office, London 2004 ISBN 011-7033-944 (Appendices & Tables of Evidence - www.dwp.gov.uk/medical)



Les recherches sur medline, avec liens :
Second, research available on medline with a web link :

1 Evaluation of an evidence based patient educational booklet for management of whiplash associated disorders.
McClune T, Burton AK, Waddell G
Emerg Med J. 2003 Nov;20(6):514-7.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=14623835&dopt=Abstract

2 Occupational health guidelines for the management of low back pain: an international comparison.
Staal JB, Hlobil H, van Tulder MW, Waddell G, Burton AK, Koes BW, van Mechelen W.
Occup Environ Med. 2003 Sep;60(9):618-26.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=12937181&dopt=Abstract

3 Rehabilitation following first-time lumbar disc surgery: a systematic review within the framework of the cochrane collaboration.
Ostelo RW, de Vet HC, Waddell G, Kerckhoffs MR, Leffers P, van Tulder M.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=12567020&dopt=Abstract

4 Clinical guidelines for the management of low back pain in primary care: an international comparison.
Koes BW, van Tulder MW, Ostelo R, Kim Burton A, Waddell G.
Spine. 2001 Nov 15;26(22):2504-13; discussion 2513-4.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11707719&dopt=Abstract

5 Occupational health guidelines for the management of low back pain at work: evidence review.
Waddell G, Burton AK.
Glasgow Nuffield Hospital, Glasgow, Spinal Research Unit, University of Huddersfield, UK.
Occup Med (Lond). 2001 Mar;51(2):124-35
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11307688&dopt=Abstract

6 Public perceptions about low back pain and its management: a gap between expectations and reality?
Klaber Moffett JA, Newbronner E, Waddell G, Croucher K, Spear S.
Health Expect. 2000 Sep;3(3):161-168.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=11281925&dopt=Abstract

7 Surgery for degenerative lumbar spondylosis.
Gibson JN, Waddell G, Grant IC.
Orthopaedic Surgery, Princess Margaret Rose Orthopaedic Hospital, Edinburgh, Edinburgh, Cochrane Database Syst Rev. 2000;(3):CD001352.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10908493&dopt=Abstract

8 Surgery for lumbar disc prolapse.
Gibson JN, Grant IC, Waddell G.
Cochrane Database Syst Rev. 2000;(3):CD001350.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10908492&dopt=Abstract

9 Information and advice to patients with back pain can have a positive effect. A randomized controlled trial of a novel educational booklet in primary care.
Burton AK, Waddell G, Tillotson KM, Summerton N.
Spine. 1999 Dec 1;24(23):2484-91.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10626311&dopt=Abstract

10 The Cochrane review of surgery for lumbar disc prolapse and degenerative lumbar spondylosis.
Gibson JN, Grant IC, Waddell G.
Spine. 1999 Sep 1;24(17):1820-32.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10488513&dopt=Abstract

11 Chiropractic for low back pain. Evidence for manipulation is stronger than that for most orthodox medical treatments.
Waddell G.
BMJ. 1999 Jan 23;318(7178):262.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=10026000&dopt=Abstract

12 Behavioral responses to examination. A reappraisal of the interpretation of "nonorganic signs".
Main CJ, Waddell G.
Department of Behavioral Medicine, Hope Hospital, Manchester, England
Spine. 1998 Nov 1;23(21):2367-71.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9820920&dopt=Abstract

13 Outcome measures for low back pain research. A proposal for standardized use.
Deyo RA, Battie M, Beurskens AJ, Bombardier C, Croft P, Koes B, Malmivaara A, Roland M, Von Korff M, Waddell G.
Department of Medicine, University of Washington, Seattle, USA.
Spine. 1998 Sep 15;23(18):2003-13
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9779535&dopt=Abstract

14 Clinical guidelines in the management of low back pain.
Burton AK, Waddell G.
Spinal Research Unit, University of Huddersfield, UK
Baillieres Clin Rheumatol. 1998 Feb;12(1):17-35.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9668955&dopt=Abstract

15 Systematic reviews of bed rest and advice to stay active for acute low back pain.
Waddell G, Feder G, Lewis M.
Glasgow Nuffield Hospital.
Br J Gen Pract. 1997 Oct;47(423):647-52.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9474831&dopt=Abstract

16 Low back pain: a twentieth century health care enigma.
Waddell G.
Spine. 1996 Dec 15;21(24):2820-5.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=9112705&dopt=Abstract

17 Patient educational material in the management of low back pain in primary care.
Burton AK, Waddell G, Burtt R, Blair S.
Spinal Research Unit, University of Huddersfield, Queensgate, United Kingdon
Bull Hosp Jt Dis. 1996;55(3):138-41.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8933936&dopt=Abstract

18 Modern management of spinal disorders.
Waddell G.
J Manipulative Physiol Ther. 1995 Nov-Dec;18(9):590-6.
http://www.ncbi.nlm.nih.gov/entrez/query.fcgi?cmd=Retrieve&db=PubMed&list_uids=8775020&dopt=Abstract

19 An international comparison of back surgery rates.
Cherkin DC, Deyo RA, Loeser JD, Bush T, Waddell G.
Spine. 1994 Jun 1;19(11):1201-6.
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20 Trunk strength testing with iso-machines. Part 2: Experimental evaluation of the Cybex II Back Testing System in normal subjects and patients with chronic low back pain.
Newton M, Thow M, Somerville D, Henderson I, Waddell G.
Spine. 1993 Jun 1;18(7):812-24.
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21 A Fear-Avoidance Beliefs Questionnaire (FABQ) and the role of fear-avoidance beliefs in chronic low back pain and disability.
Waddell G, Newton M, Henderson I, Somerville D, Main CJ.
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22 Observation of overt pain behaviour by physicians during routine clinical examination of patients with low back pain.
Waddell G, Richardson J.
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23 The Distress and Risk Assessment Method. A simple patient classification to identify distress and evaluate the risk of poor outcome.
Main CJ, Wood PL, Hollis S, Spanswick CC, Waddell G
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24 Low back disability. A syndrome of Western civilization.
Waddell G
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25 A comparison of cognitive measures in low back pain: statistical structure and clinical validity at initial assessment.
Main CJ, Waddell G.
Pain. 1991 Sep;46(3):287-98.
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26 Clinical tests applicable to the study of chronic low-back disability.
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27 Clinical assessment and interpretation of abnormal illness behaviour in low back pain.
Waddell G, Pilowsky I, Bond MR.
Pain. 1989 Oct;39(1):41-53
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28 Artificial intelligence in the prediction of operative findings in low back surgery.
Mathew B, Norris D, Mackintosh I, Waddell G
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29 An historical perspective on low back pain and disability.
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30 Assessment of the outcome of low back surgery.
Waddell G, Reilly S, Torsney B, Allan DB, Morris EW, Di Paola MP, Bircher M, Finlayson D
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31 1987 Volvo award in clinical sciences. A new clinical model for the treatment of low-back pain.
Waddell G.
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32 Clinical assessment of lumbar impairment.
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33 A concept of illness tested as an improved basis for surgical decisions in low-back disorders.
Waddell G, Morris EW, Di Paola MP, Bircher M, Finlayson D.
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34 Diagnosis and decision making in lumbar disc prolapse and nerve entrapment.
Morris EW, Di Paola M, Vallance R, Waddell G.
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35 Psychological assessment in general orthopaedic practice.
Gray IC, Main CJ, Waddell G
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36 Symptoms and signs: physical disease or illness behaviour?
Waddell G, Bircher M, Finlayson D, Main CJ.
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37 Chronic low-back pain, psychologic distress, and illness behavior.
Waddell G, Main CJ, Morris EW, Di Paola M, Gray IC.
Spine. 1984 Mar;9(2):209-13.
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38 Assessment of severity in low-back disorders.
Waddell G, Main CJ.
Spine. 1984 Mar;9(2):204-8.
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39 Normality and reliability in the clinical assessment of backache.
Waddell G, Main CJ, Morris EW, Venner RM, Rae PS, Sharmy SH, Galloway H.
Br Med J (Clin Res Ed). 1982 May 22;284(6328):1519-23.
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40 Nonorganic physical signs in low-back pain.
Waddell G, McCulloch JA, Kummel E, Venner RM.
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45 Failed lumbar disc surgery and repeat surgery following industrial injuries.
Waddell G, Kummel EG, Lotto WN, Graham JD, Hall H, McCulloch JA.
J Bone Joint Surg Am. 1979 Mar;61(2):201-7.
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